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Triomphe de Close-Knit à Udine

  • Rédigé par Marcel Croës
1 avis
Triomphe de Close-Knit à Udine © Droits réservés

Cette 19ème édition du Festival du film asiatique d'Udine s'est terminée dans la nuit de samedi à dimanche avec l'attribution du Prix du public.

Je rappelle qu'une des particularités du FEFF (Far East Film Festival) est qu'ici, à la différence des autres manifestations cinématographiques (Cannes, Berlin, Venise), on ne trouve pas dans la salle un jury de spécialistes et de professionnels. Dans la mesure où le festival a pour but de célébrer le cinéma comme art populaire, les organisateurs ont décidé que le seul jugement valable était celui des spectateurs, qui s'exprime dans les bulletins déposés dans une urne à la fin de chaque projection.

Les cinéphiles rassemblés dans cette charmante petite ville du Frioul (60.000 cinéphiles venus de 40 pays différents) ont donc élu comme meilleur film Close-Knit de la Japonaise Ogigami Naoko, une artiste de 45 ans qui avait déjà signé six longs métrages (Marcel Croës, notre envoyé spécial au Far East Film Festival en parlait déjà ici, ndlr). Son œuvre aborde un thème – la transsexualité – qui, curieusement, apparaissait aussi dans plusieurs autres réalisations présentées à Udine.
Je me souviens de cet élan d'enthousiasme qui a salué la fin de la projection de Close-Knit.

 

 
 © Droits réservés

 

Cela tient à la finesse et à l'humanité avec laquelle la cinéaste nipponne a traité l'histoire de ce garçon qui, devenu une femme, s'occupe avec tendresse d'une fillette de onze ans : l'enfant, abandonnée par sa mère, a été recueillie par un oncle qui est tombé amoureux du transsexuel en question et recrée ainsi une cellule familiale. Ogigami Naoko ne tombe jamais dans le voyeurisme ou la revendication militante. Son film – qui de surcroît ne s'interdit pas l'humour - apparaîtra peut-être à certains comme un feel-good movie LGBT, mais j'y vois surtout une leçon de tolérance et de générosité.


Comme chaque année, je sors quelque peu titubant de ce marathon cinématographique : en neuf jours, 71 films en compétition ! Mais je m'émerveille une fois de plus de l'abondance et de la variété de la production asiatique. Tous les genres sont représentés à Udine : drame, comédie, satire sociale, science-fiction, policier, horreur... Un des mérites du Festival est de nous rappeler qu'en Extrême-Orient il n'y a pas seulement du cinéma d'auteur (souvent confidentiel) mais des films qui n'ont pas honte d'être entertaining. Rendez-vous l'an prochain pour le 20ème anniversaire (du 20 au 28 avril). À consommer sans modération !

Rédigé par Marcel Croës

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