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Chronique de la Croisette : Colère, amours et récompenses

  • Rédigé par Corinne Le Brun
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Chronique de la Croisette : Colère, amours et récompenses © Piero Oliosi/Polaris/Photo News

L'attente a été longue. Très longue. Et le suspense entier, au fil des 21 films en compétition. Alors que la mélodie «Avec le temps» (de Léo Ferré) berce l'inéluctable fin du festival, le maître de cérémonie Edouard Baer salue Terry Gilliam dans la salle: «il en a fallu des combats pour être là» lance-t-il au réalisateur de «L'homme qui tua Don Quichotte », film de clôture (et hors compétition). Facétieux Edouard Baer qui s'adresse à la Présidente australienne, dans un anglais «fleuri». «Nous vous admirons» déclare d'emblée Cate Blanchett, rendant un vibrant hommage aux deux grands absents de Cannes, Kirill Serebrennikov et Jafar Panahi, dont les films étaient en compétition.

Le réalisateur iranien - et Nader Saeivar - a d'ailleurs reçu le Prix du scénario (ex-aequo avec Lazzaro Felice d'Alice Rohrwacher) pour son magnifique «Three faces » (Trois visages). Une noble récompense même si le film méritait plus. Kate Blanchett, en tenue de kimono rouge et noir, proclame la Palme d'or, décernée à Kore-Eda Hirokazu pour Une affaire de famille. « Peut-on être parent sans donner naissance à ses enfants ? » interroge le cinéaste japonais, un habitué du Festival de Cannes qui aime toujours autant ausculter les liens familiaux. Vivant de petits larcins, un couple démuni recueille une fillette qui devient son complice dans des vols. Kore-Eda filme cette famille atypique avec empathie. Une délicatesse, malgré quelques longueurs.

Cinq prix pour la Girl belge

Girl de Lukas Dhont, déjà récompensé par la Queer Palm et le Prix Fipresci, reçoit la Caméra d'or pour « un film sur un corps qui se libère et qui nous libère » commente Cate Blanchett. En 1991, Toto le héros de Jaco Van Dormael avait reçu cette récompense, l'une des plus belles, après la Palme d'or, celle qu'on ne reçoit qu'une seule fois. Un bonheur ne vient jamais seul puisque Victor Polster remporte le prix d'interprétation dans la section « Un Certain Regard » pour l'incarnation de Lara dans Girl et Lukas Dhont est le premier lauréat de la Canne d'or.

 

 
 © Piero Oliosi/Polaris/Photo News

 

« Marcello », « Marcello »...son prénom résonnera encore longtemps. Le comédien italien Marcello Fonte reçoit le Prix d'interprétation masculine pour « son » Marcello dans Dogman de Matteo Garrone, une histoire poétique et féroce inspirée d'un fait réel. Marcello donc, un toiletteur pour chiens en apparence sans histoire, fréquente un malfrat sans foi ni loi. Naïf, bon comme le pain, Marcello déborde d'affection pour sa fille et ses pensionnaires canins. L'acteur calabrais de 39 ans, sorte d'Alberto Sordi du troisième millénaire, était un quasi inconnu quand le réalisateur Matteo Garrone a misé sur lui il y a un an, à peine. Une pioche merveilleuse.

 


Une autre inconnue du grand public Samal Esljamova décroche le prix d'interprétation féminine pour sa performance choc dans Ayka du réalisateur russe Sergueï Dvortsevoy. Violée, Ayka abandonne son enfant à l'hôpital. Poussée aux dernières extrémités, elle tente de survivre dans un Moscou enseveli sous la neige. L'occasion pour la réalisatrice et actrice italienne Asia Argento de lancer un incendiaire cri de colère contre Harvey Weinstein qu'elle accuse de l'avoir violée : « ce festival était son terrain de chasse » et d'ajouter « il y a dans le public des personnes qui ont un comportement indigne envers les femmes. Nous n'allons pas leur permettre de vivre dans l'impunité ».

 

 
© Simone Comi/Ipa Empics/Entertainment Photo 

 

Le come-back de Spike Lee

« C'est l'année de tous les dangers » prévient Spike Lee, couronné du Grand Prix pour BlacKkKlansman. Le film parle de lui-même: l'élection de Donald Trump qui apparaît sous forme d'images documentaires donne encore plus de raisons au cinéaste américain de lever le poing.

 

 
 

 

BlacKkKlansman raconte l'histoire vraie de Ron Stallworth (John David Washington, le fils de Denzel) qui fut le premier officier de police afro-américain de Colorado Springs et parvient avec l'aide de son acolyte juif Fred Zimmerman (Adam Driver) à infiltrer l'antenne locale du Ku Klux Klan.

 

 

Le Prix de la mise en scène revient à Zimna Wojna (Cold war) réalisé par le Polonais Pawlikowski : l'histoire d'un amour impossible, tourmenté, en pleine guerre froide.

La Libanaise Nadine Labaki décroche le Prix du Jury pour Capharnaüm tandis Le livre d'image de Jean-Luc Godard obtient la Palme d'Or Spéciale.

Oui, avec le temps, le Festival de Cannes change. Moins de paillettes. Plus de films politiques, beaucoup de points de vue militants. Les montées des marches féministes - Cate Blanchett et Khadja Nin en tête, ont montré un signal d'ouverture et de diversité. Et pourtant, il flotte autour de cette 71e édition un parfum de toutes les possibilités d'amour.

L'appréciation serait un peu courte si l'on n'y ajoutait le formidable En liberté ! de Pierre Salvadori (Prix de la Quinzaine des réalisateurs). Le temps d'une comédie, Cannes a retrouvé le sourire dans le bain des malheurs.

Rédigé par Corinne Le Brun

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