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Udine, vitrine du cinéma asiatique

  • Rédigé par Marcel Croës
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Udine, vitrine du cinéma asiatique © Droits réservés

C'est sans doute mon festival préféré. Chaque année je me retrouve à cette époque dans cette adorable petite ville d'Udine (entre Venise et Trieste) pour le Far East Film Festival, qui en est à sa 16e édition. J'en ai déjà connu une bonne dizaine et je tiens que pour quiconque s'intéresse à la création cinématographique dans les pays d'Asie il s'agit d'un rendez-vous essentiel.

Le sous-titre de la manifestation contient une donnée importante : ce qui est célébré ici pendant une dizaine de jours, c'est le « Popular Asian Cinema ». Autrement dit, tous les genres sont bienvenus sans aucune discrimination : comédies, thrillers, science-fiction, histoires de fantômes, mélodrames, évocations historiques... Henri Langlois, le légendaire initiateur de la Cinémathèque française, avait jadis choqué d'aucuns en décrétant que tous les films sont égaux. Je ne connais aucun autre festival où ce principe démocratique soit appliqué avec autant de conviction que dans la cité frioulane.
Autrement dit, ce que j'apprécie ici, c'est la possibilité de voir des longs métrages japonais, philippins, indonésiens ou chinois qui le plus souvent n'arrivent jamais sur nos écrans.


En outre, à différence de bien des grands-messes cinématographiques plus institutionnelles (Cannes, Berlin, Venise), il est possible à Udine de rencontrer (et même de boire un verre ou de dîner) avec des réalisateurs, producteurs ou acteurs venus de tous les pays asiatiques (seule l'Inde n'est pas représentée, car à elle seule elle est un continent énorme – plusieurs centaines de films par an - qui justifierait tout un festival).
J'écoutais hier une interview de Johnnie To – le plus prolifique (plus de cinquante longs métrages) et un des grands noms du cinéma de Hong Kong – qui évoquait ses visites précédentes à Udine (il est actuellement en plein tournage dans son pays) et ajoutait que nulle part il n'avait connu un accueil aussi chaleureux.

 
 Diao Yinan, le réalisateur de Black Coal Thin Ice lors de la dernière Berlinale © Droits Réservés


Enfin, je note qu'on a ici un festival réellement populaire. Il n'y a pas de préséances, tout le monde se côtoie dans une bousculade quotidienne et le très nombreux public local réagit avec une spontanéité dont je connais peu d'exemples. Dans l'immédiat, j'arrête ici cette chronique pour assister à la projection de Black Coal, Thin Ice, le très mérité Ours d'or de la dernière Berlinale que j'avais admiré en février dernier, et dont je me réjouis de rencontrer tout à l'heure le réalisateur Diao Yinan.

www.fareastfilm.com

 

Rédigé par Marcel Croës

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