A+ A A-

Art & Culture

De l'humour aux frissons : le cinéma asiatique dans tous ses états

Cinéma

Un film entièrement consacré à de jeunes enfants ? J'avoue qu'à cette idée j'ai gagné la salle de projection du Festival en traînant quelque peu les pieds. Ce genre de sujet incite le plus souvent à la mièvrerie et à une sentimentalité insupportable. En outre, on a pu vérifier maintes fois que s'ils sont livrés à eux-mêmes les interprètes juvéniles versent sans retenue dans le cabotinage. The World of Us (qu'on pourrait traduire par « Notre monde ») a été en fait une excellente surprise qui a suscité un tonnerre d'applaudissements. Premier long métrage de la jeune Coréenne Yoon Ga-eun, le film a pour héroïne une fillette de dix ans qui en début d'année (nous sommes dans une école du nord de Séoul) se lie d'amitié avec une nouvelle camarade du même âge. La réalisatrice décrit avec une étonnante justesse l'évolution de cette relation, qui passe d'un attachement passionné à une rancoeur vengeresse losque la petite Sun se sent délaissée par sa copine. J'ai rarement vu autant de finesse et de subtilité dans l'exploration de la psychologie enfantine. Et les deux fillettes (qui n'avaient jamais joué dans une œuvre de fiction aussi ambitieuse) se révèlent d'un naturel incroyable. Yoon Ga-eun était toute chavirée l'autre soir par l'accueil enthousiaste du public local et de la critique.

Lire la suite >>
Fatal Intuition de Jun-hyung Yun projeté samedi. C'est une première internationale pour ce thriller psychologique sud Koréen

Cinéma

Il y a bientôt vingt ans que, grâce au conseil d'un ami français, j'ai découvert le Festival d'Udine. Ma passion pour ce rendez-vous du cinéma asiatique ne s'est jamais démentie. Au fil des années, Udine est devenu mon festival favori. Cela tient d'abord à sa place unique dans le paysage cinématographique européen. S'il y a ici et là des manifestations plus modestes dédiées à l'Asie, aucune ne peut rivaliser avec la cité frioulane pour ce qui est de la richesse et de la variété du programme.

Lire la suite >>
Ben Stassen et Robinson Crusoé 100% belge!

Cinéma

Robinson Crusoé en 3D-relief ! Le Belge Ben Stassen, Vincent Kesteloot et l'équipe de nWave Pictures, basée à Forest, livrent une version originale du célèbre naufragé, pleine de surprises. Vendredi devient Mardi, Robinson échoue sur une île pas vraiment déserte...Voilà un film d'animation 3D-relief enchanteur, divertissant où les animaux exotiques et l'unique être humain (Robinson) devront apprendre à vivre ensemble.

Lire la suite >>
Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch

Cinéma

Le café Belgica est au centre de l'histoire de deux frères, unis pour le meilleur et pour le pire. Après La merditude des choses (2009), Alabama Monroe (2012) (César du meilleur film étranger en 2014 et nommé aux Oscars la même année), le cinéaste belge flamand Félix Van Groeningen revient avec un psychodrame prenant, tendre, violent, entièrement tourné à Gand.

Lire la suite >>
Bouli Lanners dans le rôle de Gilou

Cinéma

Bouli Lanners incarne Gilou aux côtés de Cochise. Les deux chasseurs de prime errent dans une France inconnue, oubliée. Bouli Lanners réalise et interprète un road-movie très noir... qui vient tout juste de remporter, au Festival International du Film de Berlin, le prix Europa Cinemas Labels et le Prix Oecuménique.

Lire la suite >>
Gianfranco Rossi et Meryl Streep

Cinéma

Une Berlinale très politique. Et même, comme l'écrivait dans son éditorial Der Tagesspiegel (le meilleur des quotidiens locaux), la plus politique de ces dernières années. Dieter Kosslick, le patron du Festival, avait annoncé que celui-ci devait jouer le rôle d'un sismographe et rendre compte des convulsions de notre temps. Mission accomplie.

Lire la suite >>
Vendredi à la Berlinale

Cinéma

« Alors, qu'en pensez-vous ? » : Je sors titubant du Berlinale Palast après les huit heures de projection de A Lullaby to the sorrowful mystery, et comme je suis un des premiers à quitter la salle trois télévisions (espagnole, allemande et italienne) se précipitent successivement sur moi pour recueillir mes impressions. Tout à coup, je me dis que ceux qui en 1876 venaient d'assister à Bayreuth à la première mondiale du Ring wagnérien devaient être dans le même état d'esprit: la stupeur et l'incrédulité.

Lire la suite >>
Les cyber attaques sont les nouvelles guerres de ce monde

Cinéma

En 2010, des informaticiens de haut niveau ont découvert l'existence d'un programme ultra-secret intitulé Stuxnet, qui a permis de saboter le développement de l'industrie nucléaire iranienne. Dans son film Zero Days,  présenté aujourd'hui à la Berlinale, le réalisateur américain Alex Gibney nous présente une enquête fouillée sur cette invention qui semble relever de la science-fiction et qui a pourtant été conçue par les agences (CIA, NSA et autres) de deux pays obsédés par la menace iranienne:  les Etats-Unis et Israël.

Lire la suite >>
Fuocoammare de Gianfranco Rosi serait le grand gagnant de la Berlinale selon le quotidien professionel Screen

Cinéma

Lorsque dans un festival on arrive à mi-parcours, le petit jeu consiste inévitablement à faire le point, voire pour les plus audacieux à risquer un pronostic. Tous les matins, je m'amuse à jeter un coup d'oeil sur Screen, une publication professionnelle qui a ici une édition quotidienne et qui demande à un panel international de journalistes de coter les films en compétition (quatre **** représentant le sommet de l'enthousiasme)...

Lire la suite >>
L'équipe de Death in Sarajevo

Cinéma

Bernard-Henri Lévy a encore sévi. Le philosophe qui avait naguère incité Sarkozy à bombarder la Libye du colonel Khadafi (avec les catastrophiques résultats que l'on sait) se prend aussi régulièrement pour un cinéaste. Je me souviens encore du gigantesque éclat de rire qui avait accueill à Cannes en 1996 son long métrage Le Jour et la nuit, un des bides les plus monumentaux du dernier quart de siècle. Plus récemment il avait signé Bosna, un récit inspiré par les conflits inter-ethniques dans l'ex-Yougoslavie, sur lesquels il est apparemment persuadé de détenir la vérité ultime. La Berlinale propose aujourd'hui en compétition Death in Sarajevo, mais cette fois Lévy n'apparaît que comme scénariste. La réalisation est de Danis Tanovic, un cinéaste bosniaque de 46 ans (formé en Belgique à l'INSAS) qui avait tourné en 2000 le très remarquable No Man's Land. Voici en tout cas un créateur qui connaît la réalité du terrain et qui n'aborde pas la tragédie de Sarajevo avec les partis pris idéologiques ou politiques d'un écrivain qui ambitionne de s'affirmer comme le Malraux de notre temps.

Lire la suite >>