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Les dessous des oeuvres: Anselm Kiefer

  • Rédigé par Louis de Biasin
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Anselm Kiefer, Ouroboros (détail), 2014, installation en verre, métal, plomb, feuilles séchées et plastique, 132 x 90 x 60 cm. Collection particulière. Anselm Kiefer, Ouroboros (détail), 2014, installation en verre, métal, plomb, feuilles séchées et plastique, 132 x 90 x 60 cm. Collection particulière. © Georges Poncet

Chaque mois, en marge de l'agenda "Art des XXe et XXIe siècles" de L'Eventail, décryptez une œuvre d'art issue de l'exposition phare du moment sur Eventail.be. En décembre, zoom sur une vitrine-installation d'Anselm Kiefer dans le cadre de sa rétrospective au Centre Georges Pompidou à Paris.

 

L'installation ressemble elle-même à une vitrine de musée que l'on aurait abandonnée en plein sous-bois. En partie recouvert par des feuilles mortes aux couleurs d'automne, un vieux livre de plomb laisse courir sur ses pages ondulées une locomotive à vapeur et son wagon de charbon de bois que l'artiste aurait pu récupérer des trains électriques de son enfance. De la vitre supérieure pend encore un ruban de plomb : évoque-t-il une tentative d'échapper à cette prison de verre et de plomb d'un éventuel occupant ? Aurait-il réussi ? On peut en douter dans la mesure où le ruban lui-même forme une double boucle sans atteindre le sommet. Ouroboros – le titre de cette vitrine – désigne d'ailleurs le concept gnostique du serpent se mordant la queue, celui de l'éternel recommencement...

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Anselm Kiefer, Ouroboros, 2014, installation en verre, métal, plomb, feuilles séchées et plastique, 132 x 90 x 60 cm. Collection particulière. © Georges Poncet 


Sous une forme qui rappelle les anciens cabinets de curiosité, Anselm Kiefer (né en Allemagne en 1945) rassemble dans une quarantaine de vitrines des traces de notre âge industriel où les souvenirs d'un passé récent se mêlent à notre présent en mutation constante. Associé à l'alchimie et matériau privilégié de l'artiste, le plomb participe aussi à cette notion de mutation. Piégés dans ce "purgatoire de verre", les objets semblent entamer, à l'instar des feuilles mortes, leur lente décomposition, leur "putréfaction alchimique", premier stade sur le chemin de la réalisation de la pierre philosophale. Et la vitrine elle-même participe à ce processus, puisque le cristal dont elle est faite résulte précisément de la transformation du monoxyde de plomb au cours de laquelle l'opacité du métal se transmute en transparence. Ouroboros, une transformation cyclique ?

Retrouvez l'article complet: Anselm Kiefer. L'esthétique de la ruine et le devoir de mémoire, en page 46 de l'édition de décembre disponible en librairie et sur tablette!

 

Rétrospective Anselm Kiefer
Du 16 décembre au 18 avril 2016
Centre Georges Pompidou, Paris
 
www.centrepompidou.fr

 

 

Rédigé par Louis de Biasin

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