A+ A A-

Henri Matisse à Arlon

  • Rédigé par LN
0 avis
Le cauchemar de l'éléphant blanc du livre Jazz Le cauchemar de l'éléphant blanc du livre Jazz © Piasa

Le 3 novembre 1954, Henri Matisse s'éteignait à Nice. Plus de soixante ans après, l'exposition qui lui est consacrée au Palais d'Arlon démontre son extrême modernité.

 

Au fur et à mesure du parcours de l'exposition, d'une scénographie assez classique, on observe l'évolution de la carrière d'Henri Matisse, à travers les œuvres issues de collections privées et de successeurs du peintre, vers un style de plus en plus épuré. On commence avec les dessins que la revue Cahiers d'art édite en 1936. La ligne et le trait y sont très importants. Tout comme dans les rarissimes illustrations des poèmes de Charles d'Orléans, des dessins aux crayons de couleurs aux lignes pures.

 

la-simplification-de-la-peinture
Poèmes de Charles d'Orléans © Tériade

La simplification de la peinture

La promenade dans la vie et l'œuvre de Matisse se termine par les lithographies réalisées sur base de gouaches découpées. Ces créations aux couleurs vives suggèrent le volume malgré les aplats et le peu de perspective. Gustave Moreau dit un jour de Matisse qu'il est né pour simplifier la peinture. Ces papiers gouachés, découpés aux ciseaux et collés en sont l'illustration. A travers cette technique qu'il commence à plus de 70 ans suite à une opération qui tourne mal, il dessine directement dans la couleur avec l'aide de ses assistantes en découpant les papiers. C'est une véritable synthèse de la ligne et de la couleur. En réussissant à dépasser la vieille querelle entre la couleur et le dessin, le chef de file du Fauvisme joue avec les formes et les contre-formes comme personne d'autres. Les œuvres « gouaches découpées » exposées à Arlon ont été réalisées pour la revue Verve, éditée par Tériade. Grâce au lithographe Fernand Mouilot, les gouaches découpées ont trouvé une technique qui permet de les retranscrire sans trahir le parti pris de l'artiste.

Dans La piscine et Les nus bleus, la simplification des formes rappelle la stylisation du corps dans la sculpture africaine qu'il collectionne. C'est un véritable aboutissement d'une réflexion sur la figure dans l'espace.

 

la-simplification-peinture-nus-bleus
 Série de nus bleus © Oborobo

 

Outre les techniques qui ont évolué au fur et à mesure de la carrière de Matisse, l'exposition montre également les différents thèmes caractéristiques de son œuvre - son voyage à Tahiti, la femme, la danse, le mouvement, le cirque ou les fleurs - qui influencent clairement son travail.

 

Henri Matisse
Jusqu'au 28 février 2016
Le Palais
Place Léopold
Arlon
www.palaisarlon.be
 

 

 

 

 

Rédigé par LN

Dans la même catégorie