A+ A A-

La Belgique s’offre un Musée Fin-de-Siècle

  • Rédigé par Rédaction
1 avis

Depuis deux jours, nombreuses sont les bouteilles de champagne qui s’ouvrent pour fêter la naissance de ce nouveau né tardif - l’ouverture était initialement prévue en mai – et célébrer son arrivée dans la grande famille des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Le 6 décembre marque l’ouverture officielle au public, amateur et scientifique, du « volume 1 de l’histoire de l’art moderne du point de vue de la Belgique » selon les termes empruntés à Michel Draguet, directeur des Musées royaux des Beaux-Arts.

 Dans le cadre du redéploiement des collections d’art moderne des Musées royaux des Beaux-Arts, le musée Fin-de-Siècle marque la fin d’une première étape. C’est l’histoire d’une modernité et de ses multiples formes. Le musée s’ouvre et se ferme avec deux œuvres représentant la récolte des pommes de terre… Celle de Constantin Meunier datant de 1885 et intitulée Les arracheurs de pommes de terre/La récolte qui s’inscrit dans le courant du Réalisme social traduisant la volonté de réalisme née des années 1850 chez les artistes et intellectuels. Ils voulaient « dépeindre la réalité de la vie », « Faire de la peinture saine et forte, sans jus ni recettes : en revenir au vrai sens du tableau, aimé non pour le sujet mais pour sa matérialité riche, comme une substance précieuse et comme un organisme vivant : peindre la nature dans sa réalité, sa franchise, son accent, dans un détachement des maîtrises et des systèmes connus. » Ce réalisme prendra différentes formes au cours du siècle et lorsque la crise économique de 1874 modifie profondément l ‘équilibre social, les milieux artistiques libertaires marquent leur attachement aux causes sociales, comme en témoigne l’œuvre de Constantin Meunier… Les arracheuses de pommes de terre d’Albert Servaes datant de 1909 ferment le parcours muséal… Tout en empâtements, en matière et en relief, première apparition d’un des principaux messages de l’expressionisme flamand, « l’union intime de l’homme et du sol ».

Constantin Meunier, La récolte/les arracheurs de pommes de terre, huile sur toile, 1885.

« Un monde de différence entre les deux » nous explique Michel Draguet et ce « monde » s’appelle Impressionnisme, James Ensor, Libre Esthétique, Symbolisme ou encore Art nouveau. Autant de visions, d’interprétations, de réflexions qui ont ouverts les champs de la modernité artistique. Saluons en ces lieux quelques chefs d’œuvres de l’histoire de l’art belge – La promenade de Théo van Rysselberghe (1901), L’allée des vieux charmes d’Hyppolyte Boulenger (1871-72), La tentation de Saint-Antoine de Félicien Rops ou encore les Caresses de Fernand Khnopff - avec aussi la collection Gillion Crowet, véritable témoin de cette notion « d’œuvre d’art totale, feu d’artifice pour les sens » qui a été présentée en exclusivité dans notre édition de novembre. Retrouvez tout le dossier sur iPad en cliquant ici et laissez vous guider, l’histoire est passionnante.

 

Alphonse Mucha, La nature, 1899-1900, Sculpture en bronze doré rehaussé d’ornements en malachite, exécutée par Émile Pinedo. Cette merveille fait partie de la collection Gillion Crowet

Musée Fin-de-Siècle
3, rue de la Régence
Bruxelles
www.fin-de-siecle-museum.be
Rédigé par Rédaction

Dans la même catégorie