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BONOM, la nécessité intérieure

  • Rédigé par Sybille Wallemacq
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Ian Dykmans, Gare de la Chapelle, Bruxelles, Automne 2012 / tirage argentique sur papier baryte, 30,5 x 40,6 cm. Ian Dykmans, Gare de la Chapelle, Bruxelles, Automne 2012 / tirage argentique sur papier baryte, 30,5 x 40,6 cm. ©  Ian Dykmans

Un homme trouve sa raison de vivre quand il répond à un besoin. Le sien, celui qui brûle à l'intérieur. Son moteur... L'intensité qui se dégage de BONOM, le singe boiteux s'explique car les œuvres exposées répondent à une nécessité justement, un besoin: redonner vie, rendre des âmes à l'espace public.

A partir de 2005, les murs de la capitale voient naître des monumentaux squelettes d'animaux, un véritable bestiaire : éléphant sur la Bibliothèque Royale, araignée aux abords de la place de la Chapelle ou encore iguanodon à l'entrée du Musée des Sciences Naturelles. BONOM a choisi les murs de la ville comme supports de son art. Entre légalité et illégalité, Bruxelles a été marquée de son empreinte. L'exposition et le livre présentés sont les témoins du travail de Vincent Glowinski (alias BONOM) et Ian Dykmans. « Je permets d'apporter une nuance, il s'agit d'une exposition et d'un livre ou d'un livre et d'une exposition mais certainement pas du catalogue d'une exposition. L'exposition permet de se confronter aux œuvres réelles et le livre est un moyen d'archiver, d'inscrire dans la durée », précise Adrien Grimmeau, commissaire de l'exposition. Ian Dykmans et Vincent Glowinski n'ont pas travaillé ensemble par hasard, leurs techniques comportent des points communs comme la notion de déconnexion du temps concret et un rapport particulier au support. Chez le premier, le support argentique et un processus de développement manuel appelé lith sur des papiers qui ne sont plus commercialisés depuis des années servant à immortaliser les œuvres de BONOM. Chez le second, l'espace public sur lequel il trace à l'aveugle, sans recul, des pièces monumentales aux accents préhistoriques. Ian a suivi Vincent dans ses virées faisant naitre des clichés révélant l'univers de BONOM. Le parcours à l'ISELP a également cette volonté; petit à petit lever le voile sur BONOM et Glowinski, lui qui, suite à des ennuis avec la justice belge pour la partie « illégale » de sa pratique artistique est sorti de l'anonymat et évolue, entre autre, vers la danse (ce n'est pas très étonnant car son processus créatif avait déjà un caractère performatif – répétition des motifs, mouvement, rythme). L'exposition avec un cliché de Ian montrant Vincent, suspendu par les pieds, surplombant Bruxelles depuis une grue située place de la Chapelle: BONOM envahit la ville, les dés sont jetés. Le cliché n'est pas directement lisible. Et le visiteur ne manquera pas de se demander ce qui est réellement représenté... « Petit à petit, le visage de Vincent apparaît, on prend le temps de rencontrer l'univers de BONOM conjugué par Vincent et Ian » explique Adrien. La succession des clichés, dessins, sculptures sont les explications d'un processus mais également la face visible du mythe et sa dissolution dans l'affirmation de Vincent Glowinski à travers sa reconnaissance institutionnelle initiée avec la performance Human Brush dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts au Koninklijke Vlaamse Schouwburg en 2010.

« Se rendre visible c'est tuer le mythe. A un moment, ça plafonne, le personnage, un mythe, c'est un idéal et je ne peux continuer mon travail si je suis en deçà de ce que le mythe évoque et puis j'ai ma vie civile. Il ne faut pas que je la nie. » confie Vincent Glowinski.

La lecture ne se fait pas sans effort mais les deux supports de cet univers où la nécessité est le moteur sont de petits chef-d'œuvres...

 

BONOM, le singe boiteux
Jusqu'au 22 mars
ISELP
31, boulevard de Waterloo
www.iselp.be

Autour de l'exposition : dédicace, conférences et performances. Découvrez le programme en cliquant ici.

V. Glowinski, I. Dykmans, A. Grimmeau, BONOM, le singe boiteux, éd. Iselp/CFC-éditions, 2013.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
www.vincentglowinski.com

 

Rédigé par Sybille Wallemacq

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Extrait de Méduses, une performance de Vincent Glowinski chorégraphiée par Jean-François Roversi. © Droits réservés

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