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Les actualités "grand public" du Street Art

  • Rédigé par Sybille Wallemacq
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Invader, artiste français, célèbre pour ses mosaïques inspirées des jeux vidéos des années 1980 a répondu présent à la biennale d'art urbain à Charleroi... Invader, artiste français, célèbre pour ses mosaïques inspirées des jeux vidéos des années 1980 a répondu présent à la biennale d'art urbain à Charleroi... © Droits réservés

Entre un ouvrage et une biennale, le Street Art occupe une place de choix dans l'actualité culturelle de cette fin d'hiver. D'un côté un atlas mondial du mouvement et de l'autre, un événement qui a pour ambition de redonner à la ville "la plus moche du monde", ses lettres noblessses.

En 2008, un quotidien néérlandais, De Volkskrant hissait Charleroi au top de son classement mondial des villes les plus laides du monde. Un constat qui ne tient plus la route, les acteurs du monde culturel carolo se mobilisent et agissent en synergie pour proposer un autre visage à Charleroi-la-mal-aimée-wallone. Asphalte #1, la biennale d'art urbain, proposera, pour la deuxième édition, du 17 mai au 26 octobre, des interventions artistiques sur les espaces publics disponibles: friches, pignons et autres supports. Des artistes locaux mais également internationalement reconnus dans le milieu du Street Art ont accepté de jouer le jeu de la revalorisation de la ville sous le commissariat de Pierre-Olivier Rollin, directeur du BPS22: Invader, Steve Powers, Soryzone ou encore les élèves de l'école Notre-Dame... En 2012, la version #0 proposait un version Smile de l'Inside Out project de JR, artiste français, à savoir, des portraits des citoyens tout sourire placardés dans la cité.

 
 En 2012, Asphalte #0 offrait des sourires par centaines à Charleroi...

Pour se faire une idée de ce que recouvre l'appelation Street Art en 2014, un ouvrage écrit par Rafael Schacter, Atlas du street art et du Graffiti (Ed. Flammarion, mars 2014) est utile... L'auteur fut un des commissaires de l'exposition consacrée au Street Art (et simplement intitulée comme tel) à la Tate Modern de Londres en 2008. Du présumé vandalisme des tags aux réelles compositions picturales des fresques en passant par la valeur politique de certaines performances activistes, les techniques et styles sont présentés dans un découpage territorial. Continent par continent (Amérique du Nord, Sud, Amérique Latine, Europe du Nord,etc.), métropole par métropole (New York, San Francisco, Mexico, Sao Paolo, Londres, Berlin, Moscou, Madrid, Athènes, Sydney,...), la diversité des formes déclinées (tags, graffitis, pixaçaos, sculptures, collages,...) dans le mouvement s'offre au lecteur à travers des portraits d'artistes et autres cartographies réalisées spécialement pour l'édition. Un recensement non exhaustif - faut-il le précisier? - bien ficelé avec les lieux, les dates de naissance, les techniques, styles, influences et autres appartenances à l'un ou l'autre collectif ou crew.

 
 La cartographie newyorkaise (p. 34) de Momo, artiste américain qui a réalisé le plus long tag du monde. Imperceptible pour le plupart des passants, il ne peut effectivement être appréhendé dans son entierté qu'à l'échelle d'une carte. Momo a marqué de son nom la ville sur quelques 13 km à travers Manhattan et offre, par ce procédé, "une réponse expérimentale et novatrice au monde du graffiti" nous explique l'auteur.

Petits bémols de cet atlas?  Un manque de renvois vers le net à l'ère du digital et quelques grands noms tout juste esquissés (Banksy, JR, Blu,...) - mais on le sait, il faut choisir et renoncer. Nous vous conseillons vivement cette lecture!

Asphalte #1
Du 17 mai au 26 octobre
Divers lieux, Charleroi
www.hainaut.be

  Rafael Schacter, Atlas du Street Art et du Graffiti, Ed. Flammarion, 2014, 400p.

www.groupe-flammarion.com
Rédigé par Sybille Wallemacq

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