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Il me faut tout oublier à la Maison Rouge

  • Rédigé par Alexia Werrie
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Philippe Vandeberg, La tête aux clous (détail), encre de chine sur papier, 1994. Philippe Vandeberg, La tête aux clous (détail), encre de chine sur papier, 1994. © Droits réservés

Si vous prévoyez prochainement un petit city trip dans la capitale française, n'oubliez pas d'aller voir la double exposition Il me faut tout oublier des belges Berlinde De Bruyckere et Philippe Vanderberg à la Maison Rouge. La grande Berlinde de Bruyckere, est commissaire de sa propre exposition, qu'elle a décidé de partager avec son ami, malheureusement décédé, le peintre flamand Philippe Vandenberg, dont l'œuvre est moins connue, en particulier pour le public français.

Pour De Bruyckere l'essence de l'art se situe dans l'invisible et l'indicible que communiquent les œuvres. Il me faut tout oublier se base donc sur un dialogue, un dialogue inaudible entre ses œuvres sculpturales et les peintures de son ami disparu. Les deux artistes ont des techniques très différentes, mais s'entendent sur des questions de fond. Tout deux expriment le même concept: la capacité de métamorphose de l'être humain à travers les procédés d'hybridation (la beauté) et de fragmentation (la douleur). Le thème principal de l'exposition, l'oubli, ressort principalement des œuvres et des lettres de Vandenberg. Kill Them all, l'œuvre la plus saillante, consiste en l'exposition de pensées intimes du peintre, exposées sur les murs, encourageant à faire table rase du passé, des souvenirs personnels, et des acquis de l'histoire de l'art. Le discours du peintre est fragmenté, car selon ses propres mots, la nature humaine est fragmentée, et de cette matière en morceaux se construit un tout: l'âme.

 

 

De corps en transition et d'œuvres volontairement inachevées sort une idée, un sens invisible, c'est-à-dire, selon De Bruyckere: de l'art. Cette exposition, hantée par la violence, la douleur et la mort de l'âme sœur artistique de Berlinde De Bruyckere, n'est pas facile à voir, mais nous la recommandons, car elle est une réflexion très travaillée sur la nature humaine, ses faiblesses et ses forces, ainsi que sa dimension matérielle et spirituelle.

Si vous visitez Paris avant le mois de mai, surtout ne la ratez pas.

 
 
Il me faut tout oublier
Jusqu'au 11 mai                                   Maison Rouge, Paris
www.lamaisonrouge.org 
 

 

 

Rédigé par Alexia Werrie

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