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Angel Vergara & Nationa(a)l «Bruxelles est multiculturelle, à l'image de ma sélection»

  • Rédigé par S.W.
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Angel Vergara collabore avec Nationa(a)l Angel Vergara collabore avec Nationa(a)l © Droits réservés

Rien de moins que représentant de la Belgique à la Biennale de Venise en 2011, avec son installation Feuilleton, les sept pêchés capitaux, Angel Vergara a accepté, avec conviction, la proposition de parrainage de la section Arts plastiques de Nationa(a)l. Rencontre.

 

L'Eventail – Comment a commencé, pour vous, l'aventure Nationa(a)l ?
Angel Vergara – J'avoue que je ne connaissais pas vraiment, j'avais juste eu des échos de l'édition précédente. J'ai rencontré Helena Geeraerd (ndlr : curatrice de la section Arts Visuels) et je suis devenu parrain. J'ai accepté car c'est un événement particulier sur deux points : le fait qu'il y ait dans un espace-temps autant de disciplines artistiques qui se manifestent, c'est rare. Surtout dans un même lieu et en même temps. La proposition est à la fois exigeante et très modeste car le lieu n'est pas si grand que cela... Le deuxième point important est que l'événement est organisé par des jeunes, ils sont très volontaires. Tout le monde a entre 25 et 30 ans. Ils sont dynamiques et comprennent la scène artistique actuelle.

 

 
Douglas Eynon, bite en béton sur un banc, 2008. Né en 1989 à Londres, l'artiste vit et travaille à Bruxelles après un passage à la section sculpture de La Cambre.

 

- Qui sont les artistes sélectionnés ? Comment les caractériser ?
- Ils sont une dizaine, pas spécialement belges mais ils sont tous rassemblés sur le territoire de Bruxelles. Ils y vivent, y travaillent. Chacun, avec sa particularité, a une approche multidisciplinaire. Chaque sujet est abordé en fonction de ses nécessités : les médiums sont choisis en rapport avec le lieu et le sujet. Par ailleurs, de part les questions abordées, les artistes positionnent leur mode d'action et leur mode de vie. Il y a beaucoup de préoccupations sur Bruxelles actuellement, tous ces gens sont sensibles au questionnement de l'art... Il y a une grande richesse dans les propositions et chacun va répondre à sa manière: avec de la matière, de la fiction, des images, etc. Ce sont tous des jeunes artistes dont le travail commence à murir, à se développer.

 

 
 Leslie Martinelli, Tentative d'évasion, 2011.

 

- Sous quelle forme allez-vous présenter la section ?
- Ce sera une opération. Nous avons opté pour le fait qu'il n'y ait pas un lieu précis pour les arts plastiques, ils s'inscriront dans l'ensemble de l'espace. Les propositions sont toutes différentes mais seront construites à partir du lieu. Ensuite, il y aura une exposition, un moment ensemble, avec la participation du public et des performances au fil des jours. Une partie sera évolutive. Chacun va développer sa propre manière de travailler...

 

 
 J-Gijs Milius, artiste hollandais et son oeuvre, Le Grand Problème.

 

- Quelle est selon vous la position de la création plastique belge actuelle dans le paysage artistique mondial ?
- La manière dont la Belgique se positionne sur le plan international, c'est du marketing, du label. La culture de notre pays y participe de la même manière. Il y a une histoire de l'art qui s'est produite sur ce qui est devenu le territoire belge : les Primitifs flamands, les échanges entre l'Italie et l'Autriche, et tout ce que l'on connaît... On peut dire que dans les arts plastiques, on ne peut s'empêcher de parler de politique culturelle. Du côté néerlandophone ou francophone c'est très différent. Du côté francophone, c'est beaucoup plus compliqué. Il y a une fraction dans cette identité belge. Donc « belge », cela fait label, cela a d'autres notions. Quand un qualificatif se charge d'autant de connotations, cela se ferme et cela peut être moins porteur de terme de créativité. Il y a aussi la difficulté de ne pas tomber dans le nationalisme... Il faut quitter les clichés qui nous collent à la peau: le surréalisme, le chocolat,... Qu'est ce que c'est que d'être belge aujourd'hui ? C'est beaucoup plus compliqué que cela !

 

 
 Sarah Majerus est d'origine luxembourgoise mais vit et travaille à Bruxelles.

 

La section Arts Plastiques parrainée par Angel Vergara proposera une création qui ne se cantonne pas à ses acquis, se remet en question par rapport à son fonctionnement, le lieu dans laquelle elle s'inscrit et définitivement sortie de sa zone de confort d'un espace clairement défini. Finalement, ne serait-ce pas valable quel que soit le domaine afin de garantir une évolution « saine » ? La création désacralisée ? On respire...

 

Le dimanche 18 mai à 11h30, cinq talents du Nationa(a)l Pop-Up Store viendront bruncher ! L'objectif de cette matinée est de proposer un échange entre le public et les talents. Il n'y aura que 9 places par table de créateurs ! L'Eventail vous offre la possibilité de vous greffer à un groupe, vous offre l'entrée (hors repas et boissons). Inscriptions avant le 9 mai sur concours@eventail.be

 
www.nationalstore.be
 

 

Rédigé par S.W.

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