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Street Art Now! Quelques figures de proue

  • Rédigé par S.W.
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Dans le cadre de Women're heroes, JR fait voyager les femmes qu'il a rencontrées. Ici, sur l'ile de Saint Louis à Paris en 2009. Dans le cadre de Women're heroes, JR fait voyager les femmes qu'il a rencontrées. Ici, sur l'ile de Saint Louis à Paris en 2009. © Droits réservés

Compiler un panorama du street art en quelque 4500 signes est une utopie. Il doit exister autant de styles qu'il y a d'artistes. Alors parce qu'il a fallu choisir, les techniques nous ont semblé le meilleur moyen pour témoigner de l'intense diversité du mouvement. Même si en général, les artistes ne sont pas exclusifs, il y a souvent ce par quoi ils ont acquis une certaine notoriété... Tour du monde en quatre étapes.

Depuis que l'homme existe, il a marqué son territoire, son époque en laissant sa trace. Avec le temps, les techniques utilisées pour s'exprimer dans l'espace public se sont diversifiées (voir notre dossier complet sur le sujet dans l'édition de novembre dès à présent disponible en librairie). Le recensement ci-dessous ne se veut pas exhaustif mais plutôt une fenêtre ouverte sur une immensité à visiter.

En premier lieu, il est question du dessin à main levée. Que cela soit à la bombe, au marqueur, au rouleau, au grattoir, à la craie, etc. les possibilités sont infinies. Cette technique implique que le tracé soit réalisé in situ même si souvent, de nombreux croquis ont été réalisés dans l'intimité. Dans cette catégorie, nous ne manquerons pas de citer Roa, notre compatriote né à Gand en 1975. Son bestiaire en noir et blanc peint à la brosse (le fond) et à la bombe (les traits de contour) et au marqueur (les détails tels que les poils) est présent sur tous les continents.

 

A Doel, véritable ville fantôme abandonnée aux artistes, on retrouve les oeuvres de Roa © SW

 

Dans la même veine animalière, le Français Bonom est un ambassadeur important. L'Iselp lui avait d'ailleurs consacré une exposition, Bonom, le singe boiteux début 2014. Le gigantesque squelette de dinosaure accompagnant le visiteur qui monte les marches jusqu'au Muséum des Sciences naturelles à Bruxelles est une œuvre bien connue du grand public.

 

 Bonom, photographié en pleine action par Ian Dyckmans à la porte de Hal à Bruxelles © Ian Dyckmans

 

Dernier nom (italien) à cette catégorie, Blu ; son travail est un extraordinaire dessin animé.

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Les différentes étapes de l'élaboration de ses fresques monumentales sont filmées et racontent avec humour une histoire inventée en fonction du support sur lequel l'artiste s'exprime.

 

Une réalisation de Blu à Bologne en 2013 © BLU

 

Le collage, sous forme de posters, de stickers (sérigraphiés, dessinés) est la deuxième forme d'expression la plus régulièrement utilisée. Pour afficher son art, il suffit d'une surface (lisse de préférence) et d'un peu de colle. Préparé à l'abri des regards, il s'expose dans l'espace urbain telle une publicité. Sans intention aucune de vouloir comparer les deux en matière de portée sociologique, c'est simplement la rapidité avec laquelle le collage se place qui nous incite à ce rapprochement. La Belge Sara Conti (née en 1971 à Baudour) utilise cette technique pour représenter ses matriochkas - symbole de la mère et le cercle éternel de la vie - qu'elle découvre lors d'une visite avec sa mère en Russie en 1989...

 

Sara Conti essaime ses matriochkas dans la ville © Van Rosen

 

Autre figure, autre style. JR, lauréat du TED Prize en 2011, utilise son appareil photo pour transformer le monde. Avec son projet Inside Out, il fait de l'art un vecteur de changement.

En matière de pochoir, Banksy, l'Anglais qui se joue du marché de l'art tout en plongeant les deux pieds dedans est un maître. Le Marcel Duchamp londonien du XXIe siècle essaime ses "ready-made" critiques empreints de poésie sur les murs du globe. Cette technique demande un travail préparatoire important et fastidieux mais une fois prêt, le pochoir peut être réutilisé et le support sur lequel il est posé en donnera une variation toujours unique.

Autre figue incontournable, C215 (La Poste française vient d'ailleurs d'éditer un timbre C215 à l'occasion de la Fête du Timbre). Ses pochoirs laissent leur empreinte, presque comme des photos. Sa technique est hyperréaliste et inscrit durablement dans l'espace public tout ce que les gens préfèreraient ne pas voir : les sans-abris, les fumeurs, les enfants des rues, etc.

Dernier point et non des moindre, les installations. Qu'elles soient sculpturales (micro ou macro), lumineuses, de "simples" détournements publicitaires ou green, les installations passent parfois inaperçu, se perdant dans l'immensité des cités telles celles de Slinkachu qui utilise des personnages miniatures, ceux qui servent pour le maquette etc. et autour desquels il crée un univers.

 

 Slinkachu, tout en poësie © London Incognito

 

Il faut s'arrêter pour les observer et en apprécier toute la subtilité. Même combat pour Armsrock et ses projections lumineuses observables uniquement de nuit... Plus tapageuse, les interventions de Zevs sur les publicités et autres marques se posent en véritable critique du principe de la publicité et du consumérisme.

 

Zevs et sa série Shadows © Artfinding

 

Dans une autre veine, Space Invader utilise l'esthétique du jeu vidéo décliné en mosaïque pour envahir l'espace public...

 

 Invader à Soho © Droits réservés

 

Filmographie:

Exit through the gift shop - Banksy
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Women're heroes - JR
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Mauvaise herbeLezards urbains
www.lezarts-urbains.be

 

Rédigé par S.W.

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