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"Albert et Elisabeth", dans l’intimité du Roi Chevalier

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Albert et Elisabeth à Arosa en 1933 Albert et Elisabeth à Arosa en 1933 © Racine

Edité chez Racine, Albert et Elisabeth raconte l’histoire d’Albert Ier et de la reine Elisabeth. Christophe Vachaudez et la princesse Esmeralda de Belgique nous font entrer dans l’intimité du Roi Chevalier et de son épouse. L’année de la commémoration de la Grande Guerre, ça tombe bien!

L'Eventail a rencontré pour vous, Christophe Vachaudez, licencié en histoire de l'art, commisaire d'expositions, conférencier, chroniqueur royal et écrivain, afin qu'il reviennne sur la genèse d'un ouvrage rigoureusement illustré.

 

L’Eventail - Le couple royal Albert-Elisabeth avait de forts liens familiaux avec l’Allemagne. Il était duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg Gotha, sa mère était née princesse Marie de Hohenzolern-Sigmaringen, et Elisabeth était duchesse de Bavière. En 1914, l’Allemagne devient l’ennemi. Comment Albert et Elisabeth vivent cette situation ?

Christophe Vachaudez - Les racines allemandes d’Albert n’étaient déjà plus très marquées, même si, jeune, il allait régulièrement en vacances à Singmaringen, berceau familiale de sa mère. Il était plus allemand par sa mère que par son père. Par contre, pour la reine Elisabeth, c’était effectivement très dur. Les relations avec sa famille, sans se couper totalement, se sont distendues pendant le conflit. Mais bon, elle était Reine des Belges, et elle a tout fait pour seconder son mari. L’opinion publique et la presse n’ont d’ailleurs jamais soulevé de problème à cet égard. Par contre, elle entendait continuellement des mots et des commentaires très durs contre l’attaquant, ses compatriotes. Finalement, elle était reine depuis 14 ans, et parfaitement assimilée par la population. Aux yeux de tout le monde, elle était Belge...

- Le Prince Albert n’aurait jamais dû être roi. Vous dites dans votre livre que Léopold II ne prend pas vraiment la peine de former son neveu. Comment deviendra-t-il le héros dont on se souvient aujourd’hui ?

- Léopold II le forme, mais à sa façon. Le Comte de Flandre, le père d’Albert Ier, est attentif à lui et Léopold II l’invite à l’accompagner ou à le représenter dans des manifestations officielles, en Russie pour le couronnement du Tsar Nicolas II, en 1893, ou à l’enterrement, à Vienne, de l’Impératrice Elisabeth, assassinée à Genève en 1898. Léopold II y voit des occasions pour Albert de se faire un réseau. Il suit également une formation militaire. Albert est une personnalité complexe et pas facile d’accès. Il aurait probablement été heureux de ne pas devoir assumer de responsabilités monarchiques officielles. Son mariage avec la duchesse Elisabeth et ses enfants l’ont aidé à sortir de sa coquille. Chef des armées, ll n’hésitait pas à prendre des initiatives personnelles, contre l’avis, les recommandations, ou les ordres de son gouvernement. Il a ainsi pu éviter des massacres. Mais il fallait soit une inconscience totale, soit un caractère très affirmé et un grand sens des responsabilités. C’est incontestablement une forme de courage.  

 

Albert et Elisabeth en 1921 © Racine

 

- Albert Ier et Elisabeth était un couple très populaire à son époque. Albert Ier est-il toujours le roi préféré des Belges ?

- On le dit encore. Mais en même temps, avec le temps qui passe, son aura, son histoire s’étiole. C’est naturel je pense aussi. Quand on évoque la princesse de Galles, on est aujourd’hui bien loin des scènes dramatiques de l’époque de son accident mortel. Et ce n’était pas il y a si longtemps. Alors, vous imaginez pour le roi Albert, mort en 1934 … ça commence à faire très long. Pour les historiens, cela reste un personnage très important, pour les Belges, cela devrait l’être.

- C’est donc intéressant d’avoir un livre pour le rappeler ?

- Je trouvais que c’était intéressant, parce que s’il y a déjà eu beaucoup de chose écrites sur la guerre elle-même, ce n’était pas le cas du roi Albert. La princesse Esmeralda et moi-même voulions faire un album. Permettre à nos lecteurs de décrypter une figure historiques et une époque, en images. La Princesse avait accès à la correspondance personnelle de son grand-père, à des carnets, à des notes …  On a voulu faire un portrait de ce couple, sans omettre les évènements historiques qui sont indissociables de leur vie. Il y a beaucoup d’anecdotes, d’aspect privés qui sont méconnus. D’ailleurs, j’estime que 85% des photos que nous présentons dans le livre sont inédites.

 

  Albert et Elisabeth par Christophe Vachaudez et Esmeralda de Belgique, Editions Racine, 2014. 192 pages

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