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Les dessous des Soundscapes de Fabienne Verdier

  • Rédigé par Louis de Biasin
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Fabienne Verdier, Cerulean. Deep Blue, 2014, acrylique sur film polyester, 92 x 203 cm Fabienne Verdier, Cerulean. Deep Blue, 2014, acrylique sur film polyester, 92 x 203 cm © Fabienne Verdier

Chaque mois, en marge de l'agenda "art des XXe et XXIe siècles" de L'Eventail, décryptez une œuvre d'art issue de l'exposition phare du moment sur eventail.be. En ce mois de décembre, zoom sur une série de tableaux de Fabienne Verdier montrées à la Galerie Patrick Derom à Bruxelles ainsi qu'aux Waddington Custot Galleries de Londres.

En se référant aux titres notés sur les cartels, on pense d'abord à des "paysages de sons" (Soundscapes), ou à de grandes partitions (White Melody) dont les notes auraient fait place à d'imposantes ondes vibratoires. Ailleurs, des vortex tout emmêlés évoquent une éruption dont le magma aurait été remplacé par un fil ondulatoire. Comme si le son s'était matérialisé sous l'action de larges brosses ou d'épais feutres noirs.

 

The Juilliard Experiment trailer 2m 52s - 720p from Calliope Media on Vimeo.

 

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Invitée l'an dernier à expérimenter la création plastique conjointe à la musique live à la Julliard Academy de New York, Fabienne Verdier s'est plongée dans une démarche inédite. Il faut voir l'artiste travailler en studio – regardez la vidéo enregistrée dans les locaux de l'académie – accompagnée d'un musicien, d'une cantatrice ou d'un professeur de chant pour saisir à quel point la démarche est intense, physique, presque épuisante, mais aussi vivifiante.
Penchée sur la toile ou la feuille de papier posée à plat devant elle, Fabienne Verdier fait véritablement corps avec la musique et son propre instrument, souvent une large brosse aux poils de sanglier ("le rendu est plus vif que le crin de cheval", assure-t-elle) qu'elle a elle-même confectionnée. Le résultat rend bien cette connivence, entre notes longues, silences, vibratos, suspensions... Et l'on se surprend à voir que – comme dans les expérimentations de John Cage autrefois – même le silence a quelque chose à dire.

Née à Paris en 1962, Fabienne Verdier s'est d'abord formée à l'École des Beaux-Arts de Toulouse avant de suivre des études de peinture, d'esthétique et de calligraphie à Sichuan, en Chine. Elle en a retiré une pratique très spatiale, pour ne pas dire chorégraphiée, de la peinture, que traduisent depuis trois décennies ses larges compositions à l'énergie indéniable. Des peintures comme autant de souffle de vie. Ou de respirations.

 

 
 Fabienne Verdier, White Melody, 2015, acrylique sur toile, 92 x 203 cm © Fabienne Verdier

 

Lisez aussi le compte-rendu de l'exposition "Fabienne Verdier. Soundscapes" dans notre agenda de l'art contemporain, en page 65 de l'édition de décembre de L'Eventail, disponible en librairie et sur tablette ici.

Fabienne Verdier. Soundscapes
Jusqu'au 11 février – Galerie Patrick Derom, Bruxelles – www.patrickderomgallery.com
Jusqu'au 4 février – Waddington Custot Galleries, Londres – www.waddingtoncustot.com
Rédigé par Louis de Biasin

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