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En direct de la Fiac : une foire en vrac

  • Rédigé par Sarah Belmont
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En direct de la Fiac : une foire en vrac © Marc Domage / Fiac

Largement dominée par le noir et blanc, ainsi que des thèmes eschatologiques, la 44ème édition de la Fiac (du 19 au 22 octobre) broie du noir.

La Galerie Perrotin donne le ton, dès l'entrée, avec « Flame of Desire », une œuvre flamboyante signée Takashi Murakami. Cette sculpture de cinq mètres de haut, intégralement recouverte de feuilles d'or, figure un tronc de flammes habité par une tête de mort au regard diabolique. Ici, la mort pèse 300 kilos, quoique elle semble pouvoir nous tomber dessus à tout moment.

Juste à côté, l'acrylique sur toile « It's a cold day in Hell », de Ricci Albenda, fait littéralement froid dans le dos. À droite toute ! La brochette de stands qui suit verse dans une palette aussi sombre. Entre le portrait de « Camille Claudel et de son frère » par Elizabeth Peyton et un paysage ténébreux de Francis Picabia, l'inquiétude commence à sourdre. Il n'y a que les clichés de Robert Mapplethorpe, occupant un pan entier de la Gladstone Gallery, pour nous sortir de notre torpeur. Avec lui, le noir et blanc revêt tout son potentiel plastique. Devant les figures fantomatiques d'Adel Abdessemed, aux murs de la Dvir Gallery, s'expose une table d'échecs. Et mat ! Ce n'est pas plus brillant, plus loin.

 

 
 Pierre Seinturier © Droits réservés

 

Les dessins de David Hockney font grise(s) mine(s) chez Lelong & Co. À la gouache « Deep Stillness » de Nalini Malani, une sorte d'allégorie de l'inertie, répond un buste en acier de Jaume Plensa appelé « Sinfin », de l'espagnol « sans fin ». C'est surtout une allée sans fond que l'on a l'impression de parcourir.

Dans le virage qui mène à la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois s'opère un tournant faussement positif. Les draps qui recouvrent les « Hawaiian Ghost[s] #9 » de Gilles Barbier ont beau arborer des imprimés colorés, ils ressemblent davantage des burqas. Derrière, la Nana (« Lili ou Tony ») de Niki de Saint Phalle a quelque chose de sale. Lui font face un fusil suspendu et une main flanquée d'une cigarette.

 

 
 La Nana (« Lili ou Tony ») de Niki de Saint Phalle a quelque chose de sale © Droits réservés

 

Même sous « La Palette Sign », néon fuchsia de Richard Jackson, on ne voit toujours pas la vie en rose. L'heure est plutôt à la désolation. Figuratives ou abstraites, la majorité des sculptures présentes reposent à même le sol. Les trois nus en cire d'Ugo Rondinone, uniques pièces sélectionnées par la Galerie Sadie Coles HQ, traînent, en effet, l'air dépité, par terre.

 

 
 « La Palette Sign », néon fuchsia de Richard Jackson © Droits réservés

 

Dans ce contexte délétère, les monochromes pastel de Marcia Hafif apportent enfin une bouffée d'air frais. L'accrochage de la Galerie Thomas Zander réserve également une agréable surprise. Le triptyque de Joseph Kosuth « One and three frames » (1965) révèle un profond travail sur la ligne, et une cohérence rare et rassurante dans ce cadre chaotique. Il était temps !

 

 
 Les trois nus en cire d'Ugo Rondinone, uniques pièces sélectionnées par la Galerie Sadie Coles HQ, traînent, en effet, l'air dépité, par terre © Droits réservés

 

Chez Gagosian, les « Shadows » d'Andy Warhol, qui mettent un terme à notre promenade, offrent une grande luminosité. Comme quoi, l'art contemporain peut paraître bien terne face l'art moderne, encore minoritaire à la Fiac.

Rédigé par Sarah Belmont

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