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En direct d'Art Basel, une foire un peu trop carrée

  • Rédigé par Sarah Belmont
2 avis
En direct d'Art Basel, une foire un peu trop carrée © DR

La 17e édition d'Art Basel, qui s'est tenue du 6 au 9 décembre, faisait penser à un échiquier géant. Sa stratégie ? Une prise de risque minimale. Intérêt et principal.

Pablo Picasso, David Hockney, Marc Chagall, René Magritte, Jaume Plensa, Jim Dine... tous les grands noms de l'art moderne et contemporain figurent déjà à l'entrée. Daniel Templon rend hommage à George Segal. C'était déjà le cas à Chicago (à voir sur Eventail.be ici). Les monochromes percés de Luciano Fontana et les stabiles d'Alexandre Calder dominent les premiers stands (Helly Nahmad, Di Donna, Richard Gray, Cardi...).

 

 
Réné Magritte, Le Sens propre, 1963, gouache sur papier 

 

À part Anish Kapoor, qu'il expose presque toujours, Kamel Mennour renouvelle sa sélection cette année. Exit Lee Ufan, que le galeriste recycle habituellement de foire en foire. Parmi les nouveautés, on retiendra Répartition aléatoire de 20% de carrés de François Morellet.

 

François Morellet, Répartition aléatoire de 20% de carrés, 1970, peinture sérigraphique sur bois 

 

Rares sont les exposants soucieux de montrer une facette méconnue de ces stars de l'art co. Si Mennour, pour en revenir à lui, a choisi une pyramide inversée de Daniel Buren dont la surface alterne entre plaques de miroir et rayures noires et blanches, c'est une œuvre plus inattendue du plasticien français que défend la galerie Bartolomi, un cercle rempli d'un quadrillage multicolore.

 

 
Daniel Buren, Pyramidal, haut-relief, travail en alu, 2017 
Daniel Buren, Tondo n°16, situated work, septembre 2015 


 

De même, la sculpture d'Ugo Rondinone qu'Eva Presenhuber met en avant ne surprend pas, contrairement à la peinture  zweiterapritzweitauendundiebzehn qui, chez Esther Schipper, (d)étonne tant par son titre que par son sujet. Cette représentation de briques rouge vif résume à elle seule la tendance qui se dessine progressivement dans les couloirs du Convention Center, où Art Basel Miami loge depuis sa création, en 2002.

 

 
Ugo Rondionne, zweiterapritzweitauendundiebzehn, 2017 

 

Cette année, la foire mérite d'être qualifiée de carrée, au sens où elle innove peu et où elle abrite une majorité incontestable de quadrilatères. Un magnifique Marc Rothko à dominante jaune illumine le stand de Helly Nahmad, posté à l'entrée West B. Plus loin, un parallèle s'esquisse irrésistiblement entre Physichromie du Vénézuélien Carlos Cruz-Diez (Sicardi / Ayers / Bacino) et Gosht towns should proliferate de Liam Gallici (Esther Schipper), faits d'aluminium et de rayures verticales. Partout, la symétrie est de rigueur. Aux murs, par terre, ou en l'air, la tendance est angulaire. Sur le sol de la galerie Konrad Fischer repose une espèce de damier en cuivre signée Carl André. Cette pièce est faite pour être foulée. Alors pourquoi s'en priver ?

 

 
Mark Rothko, Untitled (Yellow, Orange, Yellow, Light Orange), 1955 

 

Dans ce parcours en lignes droites, pas d'aspérités. On espère secrètement être choqué. Même la série de doigts d'honneur qu'Ai Weiwei dispense sous le titre de Study of perspective laisse indifférent. Ce genre de provocation n'a plus d'effet depuis longtemps. Les seuls débordements sont chromatiques. Un feu d'artifice rafraîchissant dans ce ciel néo-cubiste. Heureusement, il est des sections comme « Positions », pour suggérer que la foire, en promouvant des talents émergents, ne se repose pas totalement sur ses acquis.

 

Malgré de timides efforts, cette édition 2018 sature de valeurs sûres, le danger étant d'inspirer aux visiteurs un sentiment de redite, de déjà-vu. À ce rythme, Art Basel ne risque-t-elle pas de perdre sa place de leader à l'échelle internationale ?

Rédigé par Sarah Belmont

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