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Arno, old man motherf***

  • Rédigé par Maxime Delcourt
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Arno, old man motherf*** © Danny Willems

« Je peux remercier l'être humain d'être aussi peu fiable » dit-il.  Auteur d'un nouvel album (Human Incognito) flirtant une nouvelle fois avec l'intime, Arno prouve qu'il reste ce crooner à la voix rauque et au verbe noirci. Pour Eventail.be, il s'en explique.

Eventail.be - La première chanson de Human Incognito se nomme I'm Just An Old Motherfucker. J'ai l'impression que tu as toujours eu une mauvaise opinion de toi...

Arno - Disons que je suis un être humain et que, comme tout le monde, je fais des bêtises. Ce qui est rassurant pour ma carrière, c'est que je n'ai aucune inspiration quand tout est parfait. Je peux donc remercier l'être humain d'être aussi peu fiable (rires). Malgré tout, je ne peux pas me plaindre. Je suis un enfant des années 1960 et je fais partie de la première génération à n'avoir pas connu la guerre. Mon père en a connu une, mon grand-père en a connu deux. Moi, j'ai connu Mai 68 et c'est incroyable à quel point ces événements ont ouvert de nouvelles possibilités. Malheureusement, tous ces horizons semblent bien loin aujourd'hui...

- À l'heure où les clivages religieux sont légions, tu dis vouloir vivre dans « un monde où Dieu est amoureux ». Quel regard portes-tu sur les événements tragiques de 2015 ?

- Ces derniers temps, j'ai beaucoup pensé à Dieu parce que c'est lui qui a créé l'être humain et qu'il doit être bien triste en voyant tous ces drames s'enchaîner... J'ai l'impression que l'on vit dans un film de cowboy actuellement, avec toutes ces fusillades et tous ces clivages. Heureusement tout est possible dans un film de cowboy. Regarde, moi, par exemple, j'ai choisi d'être l'indien (rires).

- Dans la même chanson, Je Veux Vivre, il y a aussi cette phrase : « Je veux vivre dans un monde sans papiers »...

- La façon dont on traite les migrants est scandaleuse, j'ai l'impression que la solidarité a disparu. Lorsque les Allemands sont entrés en Belgique durant la Seconde Guerre Mondiale, mes grands-parents ont tout de suite fui le pays pour rejoindre l'Angleterre sur un bateau de pêche. Mon père a d'ailleurs fait son service militaire là-bas. À l'époque, j'ai l'impression que ça ne posait pas de problèmes d'accueillir les populations en difficulté.

- Tu as toujours revendiqué faire de la musique pour jouer sur scène. Pourtant, cet album est assez produit, non ?

- C'est assez vrai, même si je l'ai enregistré rapidement avec un son très organique. Je ne voulais pas me répéter. Durant ma carrière, j'ai eu l'occasion de travailler des sonorités rock, blues, punk, parfois électroniques et je voulais me rénover. Même si, avec tout le bagage que j'ai, ce n'est pas forcément évident.

- Justement, que peut-on te souhaiter pour cette nouvelle année, maintenant que ton album est sorti ?

- De partir en tournée (rires). Tu sais, je ne fais des albums que pour être sur la route, pour vivre ces moments où je ne pense à rien, où l'on me cuit mon poulet rôti, où je voyage et où je ne suis pas obligé de faire le ménage. Ça me rappelle que, même si je suis un old man motherfucker, j'aime la vie (rires).

 

Arno sera en concert le 15 janvier à l'Alter Schlachthof d'Eupen et à l'Ancienne Belgique de Bruxelles le 16 avril. Plus d'infos: www.arno.be

 

Rédigé par Maxime Delcourt

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