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Dernier hommage à Toots Thielemans

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Dernier hommage à Toots Thielemans © Patrick De Roo

Décédé ce lundi à l'âge de 94 ans, Toots Thielemans laisse un grand vide dans le paysage musical belge, et particulièrement dans le jazz, un genre dont il a grandement participé aux avancées depuis le début des années cinquante.

 « Je peux dire sans hésitation que Toots est un des plus grands musiciens de notre temps. Sur son instrument, il est au rang des meilleurs que le jazz ait produits. Il touche au cœur et vous fait pleurer. Nous avons travaillé ensemble plus de fois que je peux les compter et il me fait toujours revenir pour en avoir plus. Toots, tu vivras toujours. » Ces mots, ceux de Quincy Jones dans les notes de pochette de son disque O's Jook Joint en 1995, en disent long sur l'impact qu'a pu avoir Toots Thielemans au cœur de l'histoire du jazz. Ils en disent surtout long sur l'avant-garde du musicien et sur l'aisance avec laquelle il a su manier son harmonica (Clifford Brown lui disait : « Toots, la façondont vous jouez de l'harmonica ne devrait plus le faire appeler un "instrument divers »), qu'il gardait précieusement sur lui, tel un fidèle compagnon dont on ne pourrait décemment pas se séparer.

 

 

Sa musique, elle aussi, est quelque chose dont on peut se passer. Elle s'entend dans de nombreux films (Midnight Cowboy, Guet-Apens, Sugarland Express, Jean de Florette), dans des programmes télévisés (Sesame Street, notamment), au cœur de certains travaux de Billy Joel, Bill Evans, Nick Cave, Pat Metheny ou encore Natalie Cole, et, bien sûr, au sein de la cinquantaine d'albums qu'il a eu l'occasion d'enregistrer depuis son départ, en 1947, à seulement 25 ans, aux États-Unis. C'est là-bas, sur les terres du jazz, qu'il abandonne progressivement son accordéon et sa guitare pour démocratiser l'harmonica chromatique, partager la scène avec Charlie Parker en 1949, jouer dans le quintet de George Shearing, tourner avec Benny Goodman et, bien des années plus tard, en 2009, recevoir le Jazz Masters Award du National Endowment for the Arts, la plus haute distinction pour les musiciens américains. À son retour en Belgique, Albert II lui-même lui avait conféré le titre de baron. Et c'est précisément ce qu'était Toots Thielemans : un baron de la musique.

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