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Alors on danse : l’Haçienda

  • Rédigé par Maxime Delcourt
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Alors on danse : l’Haçienda © Aidan O'Rourke

Histoire de bien célébrer l'été, son atmosphère rêveuse et ses soirées festives, L'Eventail vous propose de revenir sur l'histoire de quatre clubs mythiques de ces dernières décennies. Première étape à Manchester, où l'Haçienda révolutionna la musique au cours des années 1980.

Il y a quelques semaines, Manchester était frappé en plein cœur par une attaque terroriste lors d'un concert d'Ariana Grande à la Manchester Arena. Profondément attristés, les Mancuniens ont illico réagi en organisant un immense concert de soutien – une façon de rappeler au monde entier que la ville du Nord de l'Angleterre a toujours surmonté ses pires difficultés comme ses moments de grâce à travers la musique, quitte à se positionner régulièrement à l'avant-garde des révolutions musicales populaires. L'une des plus mythiques n'est autre que ce que les spécialistes ont fini par nomme le Second Summer Of Love. Celui des étés 1988 et 1989. Celui porté par l'ambiance fiévreuse d'un club comme l'Haçienda.

 

 
 Les Smiths prennent la pose devant les bornes de circulations autour de la piste de danse de l'Haçienda
 

Fondé en 1982 par Factory Records, label piloté par Tony Wilson et idolâtré par tous les fans d'indie-rock (Joy Division, New Order, The Durutti Column), ce club se veut pionnier. Pour les musiques électroniques, bien sûr, mais aussi en termes d'architecture (des bornes de circulation qui entourent la piste aux bandes jaunes et noires, tout ici rappelle les codes esthétiques d'une usine) et de fonctionnement : contrairement aux autres boîtes de la ville, l'Haçienda reste ouverte à tous et prône les découvertes - à l'image de Grandmaster Flash, des Smiths ou d'une Madonna qui effectue alors son premier concert en Europe en 1984.

 

 

 

Après quelques années de flous et de difficultés financières, l'Haçienda devient ainsi l'épicentre des nuits mancunienes, puis anglaises, avant de faire fantasmer le monde entier. Notamment grâce à l'acid-house que des DJ's comme Mick Pickering popularisent avec succès lors de soirées perchées où le rock et la dance music pactisent sur le dancefloor, où les rythmes hédonistes favorisent l'extase de ces nuits que l'on dit sans fin.

Malheureusement, les lendemains de fête se révèlent douloureux, à l'image de cette jeune anglaise décédée d'une overdose en 1989. Le trafic de drogue au sein de l'Haçienda est tel que la police finit par fermer provisoirement le club en 1991. Il aura le droit à une deuxième chance, mais les mauvais comptes de Factory Records et le décès d'une jeune fille de 21 ans après l'ingestion de deux cachets d'ecstasy auront raison de lui. En 2002, cinq ans après sa fermeture, l'Haçienda est mickmême démolie pour laisser place à des appartements de luxe. Une page de l'histoire s'est alors tournée.

Rédigé par Maxime Delcourt

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