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Chanson francophone belge: d'Hier à Aujourd'hui (Part. 1/2)

  • Rédigé par Maxime Delcourt
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Jacques Brel, un monument de l'histoire de la musqiue belge Jacques Brel, un monument de l'histoire de la musqiue belge © Sharing!

Si la qualité de la chanson belge n'a jamais explosé à la face du monde, elle renferme malgré tout une poignée de personnages à l'univers singuliers et à la créativité déconcertante. Exploration de cette vitalité dans un dossier découpé en deux parties...

« Durant plusieurs années, l'influence de Jacques Brel a été tellement énorme que beaucoup d'artistes belges sont restés dans l'ombre. Beaucoup étaient même signés sur des labels parisiens, mais ça ne prenait pas. Un peu comme s'il n'y avait pas de places pour d'autres chanteurs belges. » Thierry Coljon, journaliste musique au Soir et auteur de De Brel à Stromae, la Grande Histoire Belge de la Chanson Française, a raison: la chanson belge a trop longtemps été réduite à la voix et à la poésie du grand Jacques.

 

Thierry Coljon, De Brel à Stromae, la Grande Histoire Belge de la Chanson Française, 2014, Ed. La Renaissance du Livre.

 

Il y a pourtant tout un filon à creuser. D'Annie Cordy à Arno, de Plastic Bertrand à Axelle Red, en passant par Mauranne, Adamo et Jean-Luc Fonck (Sttellla), tous ces artistes ont en commun d'avoir rénover la chanson belge, de lui avoir amené une certaine esthétique.

A entendre Thierry Coljon, cet éclectisme et cette singularité est d'ailleurs ce qui caractérise précisément la scène belge : « J'ai l'habitude dire que la chanson belge n'existe pas. Et c'est vrai : au contraire de la chanson française ou canadienne, rien ne la défini réellement. Ici, tout semble disparate et éclectique, un peu comme s'il n'y avait pas de règles, uniquement des exceptions. »

Parmi ces exceptions, Pierre Rapsat semble lui-même un cas à part: Signé par Warner France en 1973, il y publie deux albums qui resteront sans succès. « RCA, qui avait notamment dans son catalogue Alain Souchon et Michel Berger, lui offre alors une porte de sortie, mais ça ne fonctionne toujours pas. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'était la première fois qu'on entendait du rock français qui ne soit pas qu'une pâle copie d'Eddy Mitchell ou des américains. En plus de ça, il ne voulait pas vivre à Paris, préférant nettement la vie à la campagne. »

Cette façon d'être en phase avec son époque, quitte à la devancer, on la retrouve également chez Telex et Front 242 qui accompagne à merveille l'effervescence de new-wave incarnée en Angleterre par Depeche Mode. C'est aussi à ce même moment, au début des 80''s, qu'explose la new beat, un mouvement qui incarne mieux que quiconque cette soif d'expérimentations, cette volonté de ne pas répéter sans cesse la même formule. Une démarche qui influencera fortement la nouvelle scène belges quelques années plus tard.

 

Lundi, retrouvez la seconde partie de ce diptyque consacré à la chanson francophone belge sur www.eventail.be!

 

 

Rédigé par Maxime Delcourt

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