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Funérailles en grande pompe

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Funérailles en grande pompe © Maison royale de Roumanie

Voici quelques années, on n'aurait pu à imaginer que le gouvernement roumain permette l'organisation de cérémonies aussi solennelles en l'honneur d'un membre de la famille royale. Pourtant, c'est avec son plein assentiment que l'on a orchestré les funérailles de la reine Anne, morte voici deux semaines. Faut-il y voir une tactique mystérieuse ou un respect renouvelé pour une institution qui va bientôt être proclamée 'd'utilité publique' ?

La souveraine avait épousé le roi Michel à Athènes en 1948, alors qu'il était déjà en exil. Elle a près de septante ans quand elle foule pour la première fois le sol d'un pays dont elle n'a d'ailleurs jamais parlé la langue. Discrète par nature, Anne de Roumanie n'est certes pas connue de ses compatriotes à qui on offre des documentaires télévisés en boucle, un jour de deuil national et des obsèques que sa modestie aurait sans doute désavouées. Décédée en Suisse où elle vivait la plupart du temps, sa dépouille a été rapatriée au château de Peles où les présidents moldaves et roumains ainsi que la classe politique et les autorités académiques ont pu lui rendre un dernier hommage. Le cercueil a ensuite été acheminé dans la salle du trône de l'ancien palais royal où la population était invitée à défiler. La Reine a ensuite été inhumée dans la nécropole ancestrale de Curtea de Arges après que popes orthodoxes et prêtres catholiques aient uni leurs prières alors que tintaient toutes les cloches de l'ancien royaume.

 
 La nécropole ancestrale de Cureta de Arges © Maison royale de Roumanie

La messe a rassemblé quelques membres du gotha, parmi lesquels le duc de Parme, venu en tant que chef de maison, puisque la défunte était née princesse de Bourbon-Parme, le duc Eberhard de Wurtemberg, le margrave Max de Bade, le prince Georg-Friedrich de Prusse, la grande-duchesse Maria de Russie, l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este et son frère Martin, l'archiduc Carl-Christian et son épouse Marie-Astrid de Luxembourg, la princesse Anne de Ligne, l'archiduc Dominique et sa soeur, l'archiduchesse Maria-Magdalena d'Autriche-Toscane, la princesse Anita de Hohenberg, la princesse Eléonore de Schaumbourg-Lippe et la princesse Tatiana Radziwill. Aucun représentant pour les cours de Suède et d'Espagne, de Serbie, de Grèce ou du Danemark alors que la mère de la reine Anne était une des tantes favorites de la reine Margrethe II. La princesse Irina de Roumanie, interdite de sortie des États-Unis car condamnée en justice pour organisation de combats de coq, n'était pas présente, au contraire de ses quatre autres soeurs, Elena, Marie, Margarita et Sophie, toutes très affectées par la disparition d'une mère qui fut le ciment d'un foyer souvent malmené par l'exil. Nicolas Medforth-Mills, tristement écarté de la famille royale, a pu assister aux funérailles de sa grand-mère. Grand absent, le roi Michel était demeuré en Suisse, forcé et contraint par la maladie et son grand âge, 94 ans. Le souverain a perdu une épouse et un fidèle appui qui n'a jamais failli, en 68 ans de mariage, un moment particulièrement douloureux pour cet homme unanimement respecté !

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