Pour vous offrir une meilleure expérience, notre site utilise des cookies. Pour continuer à naviguer, vous devez accepter notre politique de cookies

J'accepte

Informations des cookies

Notre site utilise des outils, tels que des cookies, pour analyser et améliorer votre expérience. Vous pouvez vous désinscrire de ces suivis:

Statistique

Nous utilisons des outils, tels que Google Analytics, pour suivre le trafic Web et vérifier l'efficacité de notre site.

Essentiel

Cookies requis pour les services essentiels et les fonctionnalités telles que les formulaires de connexion, l'intégration du panier et le contrôle d'accès. Sans eux, notre site Web ne peut pas fonctionner correctement et nous ne pouvons fournir aucun service. La désactivation n'est pas disponible.

Ces paramètres seront conservés pendant 24h

A+ A A-

La princesse Maria-Pia de Savoie se raconte pour L'Éventail

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
3 avis
Sharing on Facebook
La princesse Maria-Pia de Savoie se raconte pour L'Éventail © DR

Quelques jours avant le décès de son époux, le prince Michel de Bourbon-Parme, la princesse Maria-Pia de Savoie avait reçu L'Eventail dans sa résidence de Neuilly afin d'évoquer ses souvenirs, une façon de nous replonger dans La mia vita i mei ricordi, son livre de mémoires paru voici quelque temps.

Cousine des rois Baudouin et Albert II, la fille aîné du roi Umberto II et de la reine Marie-José naquit alors que l'Italie était toujours une monarchie. Puis ce fut l'exil au Portugal et en Suisse, avant son mariage avec le prince Alexandre de Yougoslavie dans une cérémonie d'anthologie, à Cascais. La princesse et son époux s'établiront ensuite à Versailles. Mère de quatre enfants, la princesse Hélène, les princes Dimitri, Michel et Serge, Maria-Pia a croisé les pas des grands de ce monde, du Shah d'Iran à Salvador Dali, de Charlie Chaplin à Pavarotti. Mannequin pour Vogue, journaliste ou Présidente des Amis d'Oscar Wilde, la Princesse égraine avec franchise et humour les chapitres d'une existence riche en rencontres.

 

© DR

 

L'Eventail Madame, pourriez-vous évoquer la reine Élisabeth de Belgique, votre grand-mère ?

Maria-Pia de Savoie - J'ai habité chez ma grand-mère à Laeken, je crois, puis au Stuyvenberg... cela fait tellement longtemps que j'hésite. J'ai visité toute la Belgique avec elle ou en compagnie de sa dame d'honneur. Ma grand-mère a toujours été très joyeuse avec moi, elle adorait rire. Grâce à elle, j'ai rencontré des gens incroyables comme Yehudi Menuhin qui, à la fin d'un repas, suggéra que nous fassions le poirier pour mieux digérer. Nous l'avons laissé faire seul. Ma grand-mère avait un violon et en jouait volontiers. Quand je me suis mariée, elle venait souvent nous visiter à Versailles avec un des fils d'Eugène Isaÿe. Elle logeait à la résidence de l'ambassadeur de Belgique, rue de Surène, accueillie par le baron Guillaume. J'y ai moi-même séjourné à deux reprises car, quand j'étais au Stuyvenberg, je l'accompagnais parfois à Paris.

 

La princesse Maria-Pia de Savoie à Laeken © Photo News

 

Mon fils Dimitri a aussi habité un moment avec ma grand-mère à Bruxelles et il se souvient d'avoir poussé sa chaise roulante à la fin de sa vie. Je me souviens également du roi Léopold et de la princesse Lilian qui jouaient au golf à la perfection. Je les voyais souvent, d'abord en Suisse, puis à Laeken et à Argenteuil où j'allais leur rendre visite. Mon oncle avait trouvé pour ma mère sa maison de Merlinge quand elle a voulu s'installer en Suisse. Plus tard, tante Lilian, qui était toujours infiniment élégante, avait l'habitude de me donner ses robes car nous avions la même taille, une vraie chance pour moi car elles étaient toutes signées des plus grands couturiers. Je repartais pour Paris le coffre rempli de tenues merveilleuses.

 

- Enfant, vous côtoyiez aussi vos cousins ?

- Bien entendu. Baudouin, par exemple, avait toujours des rhumes et des sinusites et il est venu passer un long moment avec nous à Naples, pour profiter du climat. La seule chose qu'il a appris en Italien, était Brutta cattiva, ce qui nous faisait tous rire. Joséphine-Charlotte a également séjourné avec nous mais à Rome, au palais du Quirinal. Elle était logée près des appartements de ma mère qui habitait une autre aile que, nous, les enfants, qui occupions une partie de la 'Manica Lunga' appelée ainsi pour ses dimensions impressionnantes. Le couloir ne faisait pas moins de 250 mètres et mon frère prenait son vélo pour rendre visite à notre mère. Quant à notre père, il venait toujours nous voir.

 

© Photo News 

 

Mais nous avons aussi résidé à Turin, ce dont je me rappelle un peu moins, au château de Sarre, dans la montagne, au palais de Racconigi, dans le Piémont, au château de Castel Porziano, à une vingtaine de kilomètres de Rome, et aussi au palazzo Pitti où l'on pouvait se promener dans les jardins de Boboli. Nous allions aussi au bord de la mer à San Rossore, près de Pise, où nous pêchions avec mes grands-parents. Michel, mon futur mari y venait aussi, étant enfant. On appâtait les anguilles qui étaient ensuite jetées dans de grands parapluies verts retournés.

 

- Avec le recul, avez-vous l'impression d'avoir eu une enfance privilégiée ?

- Oui, j'ai eu beaucoup de chance. Nous avons été les premiers à suivre les cours de l'école Montessori car ma mère avait rencontré Maria Montessori qui avait conçu une méthode d'apprentissage pour un enfant qu'elle avait adopté. Puis, nous avons passé une partie de la guerre en Suisse et quand nous sommes rentrés au Quirinal, papa avait recueilli des enfants mutilés et quand ils sont tous arrivés pour me saluer, en criant tous Altezza Reale, je me suis presque évanouie, un moment très fort pour moi mais j'ai tenu bon ! Je me souviens aussi de ma grand-mère, la reine Hélène, qui s'était fait aménager une kitchenette à la Villa Saboya où elle nous apprenait à préparer des biscuits. Ma fille Hélène a hérité de ses talents culinaires.

 

© DR

 

- Quel souvenir gardez-vous du départ pour l'exil, en 1946 ?

- Mon frère pleurait sans cesse et moi, j'étais impressionnée de monter à bord du croiseur qui nous emmenait au Portugal. Mon père était quelqu'un de formidable, de profondément altruiste, qui n'a jamais exprimé sa tristesse devant nous durant l'exil. Il paraissait toujours joyeux pour que nous ne souffrions pas de la situation. Lui et ma mère étaient tellement différents. Elle n'avait pas vraiment de sens pratique dans le sens où elle se souciait de savoir si nous avions des livres mais jamais elle ne se préoccupait de nos chaussures ou de nos vêtements. Au Portugal, nous nous sommes beaucoup amusés avec les enfants des comtes de Paris, ceux des comtes de Barcelone, mais ma mère avait besoin d'autre chose. Á cette époque, il n'y avait aucun concert, aucune conférence, un vrai désert intellectuel, et elle a décidé de s'installer en Suisse où j'ai suivi les cours de l'école d'interprétariat à Genève.

 

© DR

 

- Vous épousez le prince Alexandre de Yougoslavie le 12 février 1955 à Cascais. Une anecdote vous vient-elle à l'esprit ?

- Mon père avait tout organisé de façon magistrale. Un bateau entier d'Italiens a même rejoint le Portugal, provoquant une cohue assez incroyable. Le service d'ordre était un peu débordé. Il a même bloqué la couturière qui apportait ma robe, si bien que j'ai eu une demi-heure de retard. Alexandre et moi, nous nous sommes installés à Versailles, dans une maison que nous prêtait Paul-Louis Weiller. J'y ai vécu 45 ans et finalement, Michel, mon second époux, l'a rachetée. En l'an 2000, nous nous sommes rapprochés de Paris. Entretemps, nous avions découverts Palm Beach aux États-Unis, où nous séjournions chaque année. Quand je vivais à Versailles, j'ai suivi des cours de cuisine chez Maxim's, je m'occupais de mes enfants et j'écrivais pour un magazine italien, une interview chaque semaine. J'ai ainsi rencontré Salvador Dali, Sofia Loren, Pierre Balmain ou encore Yul Brynner qui devînt un grand ami de Michel.

Rédigé par Christophe Vachaudez

Actualités liées

 

Dans la même catégorie