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Le Maharadjah de Jaïpur, une altesse à marier

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Le Maharadjah de Jaïpur, une altesse à marier © DR

Il va très bientôt fêter ses 21 ans et il est toujours l'un des célibataires les plus en vue du gotha. Le maharadjah de Jaïpur constitue l'un des plus beaux partis de l'Inde rêvée. Toujours très respectée, la famille réside toujours dans le palais ancestral en plein coeur de la ville rose.

Ce filleul du prince Charles montre déjà une maturité à la hauteur du rôle qui l'attend et, après une année sabbatique, il a intégré l'université que sa soeur fréquente à New York afin d'étudier les sciences politiques. Maillon d'une chaîne immémoriale, Son Altesse Sawai Padmanabh Singh est issu de la maison rajpoute des Kachwaha, accéda au trône à l'âge de 12 ans, le 27 avril 2011, à la disparition de son grand-père le maharadjah Sawai Bhawani Singh. Ce dernier, surnommé Bubbles en raison des litres de champagne qui coulèrent à sa naissance, n'ayant eu qu'une fille, désigna l'aîné de ses petits-enfants comme son successeur légitime.

 

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Lourde responsabilité si l'en est mais Pacho, comme l'a surnommé sa grand-mère la rajmata Padmini Devi au retour du Machu Pichu au Pérou, s'en accommode plutôt bien, conscient du respect qui l'entoure et des responsabilités qui lui incombe. Jusqu'ici, il a tenté de vivre le plus normalement du monde et ses camarades de chambrée du collège de Millfield, à Glastonbury, dans le Somerset, mirent d'ailleurs du temps à soupçonner les illustres origines de cet indien racé qui s'intéressait davantage au sport et aux chevaux qu'à la musique et aux medias.

Un palais des mille et une nuits

Mais quand on a les princes William et Harry comme partenaires de polo et que l'on habite dans l'une des plus belles demeures de la planète, difficile de conserver l'anonymat ! Gigantesque, le palais familial fut érigé au XVIIIe siècle alors que l'ancêtre du jeune homme, le maharadjah Jai Singh II, fait tracer au cordeau les plans de Jaïpur, une nouvelle cité qui sort de terre en 1727. La salle du Durbar qui vit passer Jackie Kennedy, le sultan de Brunei ou Elizabeth II servit de cadre aux 18 ans du prince, une fête somptueuse au terme de laquelle il posa dans le hall des beautés, un écrin constellé de millions de morceaux de cristal.

 

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Á un jet de pierres, on trouve l'observatoire astronomique, le célèbre palais des vents ou le Govind Dev, un temple où l'on conserve l'une des plus anciennes statues du dieu Krishna. Plus loin, les antiques forteresses d'Amber et de Jaigarth témoignent encore de la puissance de la famille qui doit beaucoup au mariage de la princesse Jodha (1542-1623) et du Grand Moghol Akbar. Cette union entre une noble hindoue et un empereur musulman fut un jalon d'importance dans l'histoire de l'Inde. Leur fils Jahangir sera à l'origine de la construction du Taj Mahal, témoignage de son amour poignant pour sa défunte épouse Mumtaz. Jodha joua un rôle prépondérant comme de nombreuses femmes de la dynastie. Ainsi, on se souvient de la sublissime Gayatra Devi, troisième épouse de l'arrière-grand-père de Pacho, qui s'opposa violemment à Indira Gandhi et fit campagne en politique.

 

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Autres exemples de choix pour le prince, sa grand-mère Padmina Devi qui n'a pas hésité à descendre dans la rue pour dénoncer la destruction de bâtiments historiques par le gouvernement indien, ou sa mère la princesse Diya Kamuri qui s'investit elle aussi en politique en tant que membre du parti Bharatiya Janata. Dotée d'un caractère affirmé, elle a bravé les interdits en épousant un roturier, fils d'un simple employé de son père, s'attirant les foudres de ses oncles qui s'empressèrent de lui intenter un procès à la mort de leur frère afin d'obtenir des compensations. Si la Princesse a du céder, elle a pu conserver un patrimoine très conséquent qui sera un jour géré par son fils. La légende veut que les coffres du palais abritent des montagnes de lingots d'or et une fabuleuse collection de bijoux. Seules deux jarres en argent de 345 kilos chacune sont exposées au public qui peut laisser libre court à son imagination.

 

 
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Au quotidien, la princesse Diya fait du conseil d'administration et chapeaute deux écoles, trois hôtels, un club select tout en veillant très étroitement à la pérennité des propriétés ancestrales. Elle lutte depuis toujours pour la scolarisation des filles et l'amélioration des conditions de vie des femmes veuves ou précarisées, deux combats qui ont trouvé un écho auprès de Pacho qui souhaite pouvoir le relayer quand son temps sera venu.

Filleul du prince Charles et joueur de polo de niveau international

Si le jeune maharadjah vit toujours chez ses parents, il a des amis sur tous les continents et voyage inlassablement pour s'adonner à sa passion pour le polo. Initié par son aïeul, Pacho s'inscrit dans la tradition familiale puisque son arrière-grand-père, Sawai Man Singh II, le dernier maharadjah qui régna sur Jaïpur, fit partie de l'équipe qui gagna la coupe du monde en 1957. Encore enfant, il ne quittait pas sa batte et quelques antiquités du palais furent les victimes malheureuses d'impétueux mouvements. Sévèrement sanctionné par la Rajmata qui craignait notamment pour les meubles en verre signés Lalique, Pacho put s'entrainer tout son sâoul sur les terrains de Jaïpur et, de nos jours, il fait partie des meilleurs joueurs au monde et a rejoint l'équipe nationale.

 

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Comme son parrain qu'il visite chaque année à Highgrove, le Prince s'intéresse à l'urbanisme, un sujet qui dans un pays continent comme l'Inde, revêt une importance non-négligeable, car si la charge de maharadjah est aujourd'hui purement honorifique selon la législation, dans les faits, il en va tout autrement. Et à Jaïpur en particulier, l'influence de la famille est prépondérante, tant au niveau économique qu'au niveau sociétal. Ce n'est pas un hasard si le premier ministre du Rajasthan décréta un deuil de trois jours quand le grand-père de Pacho décéda en 2011.

 

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La popularité de l'aïeul déteint déjà sur le petit-fils qui ne passe jamais inaperçu quand il conduit sa Ford Thunderbird blanche aux sièges garnis de cuir rouge. Le Maharadjah demeure à l'écoute et se mêle volontiers à ceux qui se considèrent toujours comme ses sujets, respectant en cela l'éducation qui a été la sienne. Comme lui, son frère Lakshraj Singh deviendra maharadjah depuis que la Rajmata Padmini Devi, dernière descendante des princes de Sirmur, l'a choisi pour relever le titre pour cet ancien royaume dont la ville de Nahan était la capitale. Pacho a égalementi une soeur, la princesse Rajkumari Geuravi Kumari, qui a, elle aussi, participé au bal des débutantes...Moderne mais attaché à la tradition, en tunique brodée et turban ou en smoking, le maharadjah Sawai Padmanabh Singh incarne l'Inde d'aujourd'hui, perpétuant avec panache la notion de service et l'héritage raffiné de ses pairs.

Rédigé par Christophe Vachaudez

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