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Foutu pour foutu... | Home Organising

  • Rédigé par Elodie Wery | Home Organiser
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Foutu pour foutu... | Home Organising © www.creatonit.be

Etonnant comme certains comportements inhabituels peuvent surgir à l'arrivée des beaux jours. Des changements subitement déclenchés par les températures douces de saison...

Chez vous, c'est peut-être le rhume des foins.
Chez d'autres, la brûlure des coups de soleil.
Chez eux, l'apparition des puces et autres bébêtes désagréables.

Chez moi, rien de tout ça. Je ne passe pas mes journées à me moucher, je n'oublie jamais ma crème solaire et j'anticipe en traitant mon matou. Le mal qui me ronge est bien plus tenace et chaque année je guette les premiers signes avant-coureurs.

On est samedi, je me lève et scrute le ciel. Pas un nuage à l'horizon et il est à peine 8 heures. Je descends et branche la radio. La météo annonce une journée chaude et ensoleillée. Bonne nouvelle, les températures seront bien au-dessus des moyennes saisonnières. Mauvaise nouvelle, la pluie revient demain.

Je traîne en buvant mon café. Je m'en refais un deuxième. J'allume l'ordi et scrute la toile en grignotant ma tartine. Puis une autre. Puis un fruit. Puis un yaourt. Puis l'écran, juste l'écran et les milliards d'informations passionnantes qui s'y trouvent. Je monte enfin, m'arrête devant les portes ouvertes de ma garde-robe et cherche, essaye, change, retire, remets. J'opte finalement pour un jeans usé et un vieux tee-shirt en espérant que, le costume une fois enfilé, je trouverai la motivation pour me mettre à jardiner.

La sonnerie de mon téléphone me sort de mes rêveries. Bon sang ! Il est déjà 10 heures ! Ma soeur me demande si elle peut passer l'après-midi pour profiter du jardin et du soleil. Mince, et moi qui voulais nettoyer mes parterres... Je me limiterai à la tonte de la pelouse. Parce que demain il pleut.

Le soleil chauffe, traverse les fenêtres de toit et pose ses rayons sur un morceau de couette tout doux. Je ne résiste pas, je plonge sur le lit et savoure la caresse du soleil sur ma joue toute blanche de l'hiver. Les premiers symptômes sont là.

En passant la main sous mon coussin, je tombe sur mon magazine féminin de la veille. J'ai dû tomber endormie en le lisant. Je décide donc d'achever l'article entamé. Puis le suivant, passionnant sur Benoît Poelvoorde. Puis les conseils mode, essentiels en cette saison. Puis l'horoscope du mois, j'ai de grandes décisions à prendre dans les prochaines semaines. Mes petits monstres m'arrêtent juste à temps. Je m'apprêtais à démarrer le sudoku.

Surexcités par le beau temps, ils me houspillent pour ouvrir le bac à sables, sortir les vélos, accrocher la balançoire. Il faut en profiter, demain il pleut. Je fais quelques pâtés de sable très réussis. Mon mari insiste. Il faut prendre le temps d'apprendre à notre cadet. Je pousse indéfiniment ma fille à la balançoire. Encore plus haut. Encore plus haut. Les symptômes se précisent.

Les estomacs crient famine. Les fraises en raviers n'attendent que nous. J'ouvre le parasol, je frotte négligemment les chaises, je déplie le transat. Profitons-en, demain il pleut. Du sucre, du pain, des fraises pour les enfants. Un verre de rosé et du saucisson pour les parents. Le temps semble figé. C'est fou comme tout semble plus beau, plus doux, plus merveilleux au soleil.

Je fixe ce bourdon qui butine de fleur en fleur, qui vole sur place, qui s'affaire gaiement. Je m'imagine à califourchon sur son dos, le vent fouettant mon visage, emporté par la vitesse, enivré par les senteurs florales. On frôle un pétale et plonge vers le pistil. Je ressors pleine de pollen et sens monter en moi une irrésistible envie d'éternuer. Aaaatchoum! Surprise, j'ouvre les yeux. De toute évidence, je m'étais assoupie au soleil, mon verre de vin dans une main, le bol de saucissons sur les genoux.

Ma soeur est là. Ses enfants aussi. Son gros chien vient de m'éclabousser le visage de bave. Le jardin est rempli d'enfants, de ballons, de sable, de cabanes improvisées, de fraises écrasées. Déplacer tout ce petit monde pour me mettre à tondre relève de l'impossible.

La maladie est déclarée pour de bon. Je le sais car je m'entends me répéter plusieurs fois cette petite phrase percutante. « De toute façon, foutu pour foutu... ».

Je sers un verre de vin à ma soeur, sors le deuxième transat et promets aux enfants un goûter original composé d'oeufs au chocolat et de citronade. Demain, je ferai plus attention à leur alimentation.

 

Demain, je viderai le lave-vaisselle.
Demain, je repasserai mon linge.
Demain, je répondrai à mes mails.
Demain, je rangerai le jardin.
Demain, je tondrai la pelouse. Ah, non. Pas possible. Demain, il pleuvra.
La pelouse ce sera pour le week-end prochain.

 

Je suis une procrastinatrice saisonnière. C'est grave docteur?

Les 7 raisons de la procrastination

 

Rédigé par Elodie Wery | Home Organiser

1 Commentaire

  • Lee

    Tant que ce n'est que saisonnier, ça va... Chez moi, c'est malheureusement chronique -_-'

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