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Banque et patrimoine font bon ménage

  • Rédigé par Rédaction
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Banque et patrimoine font bon ménage © Delen Private Bank

Delen Private Bank a inauguré, en octobre dernier, ses nouveaux bâtiments situés avenue de Tervuren.

Un écrin harmonieux, répondant aux adaptations technologiques et à une fonctionnalité contemporaine, alliant hôtel de maître du XXe siècle et extension actuelle dans un esprit minimaliste. L’occasion de conter les particularités historiques, patrimoniales, esthétiques et symboliques d’une maison au destin particulier.

C’est en 1907, à l’aube d’un siècle encore balbutiant, que l’hôtel particulier Sarens sortit de terre à Etterbeek. L’architecte hollandais Louis Berden (1865-1918) en avait fait une bâtisse aux lignes “opulentes”. À cette époque, Bruxelles se métamorphosait sous l’effet des différents chantiers entrepris par Léopold II (le Congo était lucratif), dans une volonté d’améliorer la qualité de vie ; le roi en attestait déjà en 1861 dans un de ses discours : “Ces plans, quoique vastes, ne me paraissent pas d’une ambition démesurée. Ils sont pleinement justifiés par l’état présent de la richesse nationale […], cette extension qui, vous le savez, est un des mes vœux les plus chers. Partout, l’embellissement des villes marche de pair avec l’accroissement du bien-être public.” La prestigieuse avenue de Tervuren fut l’un des résultats de cette politique d’urbanisme et offrit aux architectes de l’époque de nouvelles possibilités et une certaine liberté, notamment grâce à la taille considérable des terrains mis à disposition.

Jusque dans les années 1950, l’hôtel particulier fut occupé par des privés, entre autres par la famille Sarens qui lui donna son nom. Ce fut ensuite la Nonciature qui y élut ses quartiers, avant de laisser place, dans les années 1980, à de grandes entreprises – successivement la Sofina et la Patriotique, puis en 2001 le Holding Ackermans et van Haaren (dont la Delen Private Bank fait partie).

Ces dernières années, plusieurs transformations ont été opérées en tenant compte, tout au long du processus, de la possibilité de réaliser un retour historique. Par exemple, le grand escalier a été démonté mais chaque pièce le constituant a été inventoriée et conservée dans le cas où, un jour, un retour à l’état original serait demandé. La Commission des Monuments et des Sites a par ailleurs émis des prescriptions concernant certains éléments du patrimoine matériel, bien que la bâtisse ne soit pas classée, comme pour le marbre vert qui constituait les lambris dans la cage d’escalier et aux paliers. Devenu aujourd’hui introuvable, ce matériau originaire d’Italie et datant du XVIIIesiècle devait être impérativement conservé. Comme il ne s’harmonisait pas avec les tons choisis, les pans de marbre se sont vu enfermer dans un coffrage de conservation spécial et invisible. D’une manière générale, un important travail d’adaptation technologique a été réalisé tout en respectant l’intégrité historique des lieux.