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Cradle to cradle: qui, quoi et comment?

  • Rédigé par Olivia Roks
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Le lin de la firme belge Libeco est labelisé C2C, cradle to cradle. Cocorico les Belges! Le lin de la firme belge Libeco est labelisé C2C, cradle to cradle. Cocorico les Belges! © Libeco

En page 135 de L'Eventail de février (disponible dès à présent en librairie et sur tablette), Charlotte Simonis, jeune créatrice, nous interpelle avec le principe du cradle to cradle. Un concept d'éthique environnementale très intéressant. Parlons-en. 

Du haut de ses 25 ans, Charlotte Simonis surfe sur la tendance de l’upcycling et crée des pochettes à base de sacs en plastique. La créatrice nous avoue cependant que cette forme de recyclage n’est pas une solution à long terme. Elle s’intéresse de près au cradle to cradle. Traduit littéralement du « berceau au berceau » et surnommé C2C, il s’agit d’une approche mise au point dans les années 1980 par William McDonough (architecte) et Michael Braungart (chimiste) consistant à avoir un impact bénéfique sur la santé et sur les humains en créant des produits non toxiques et indéfiniment recyclables de manière biologique ou technique.

 

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Les pochettes réalisées par Charlotte Simonis sont basées sur le principe de l'upcycling: donner une seconde vie à un déchet © Droits réservés

 

« Le cradle to cradle est une démarche qui vise à rendre à la terre ce qu'on lui prend. Aujourd'hui notre manière de produire est celle du berceau au tombeau. Nous prenons nutriments et autres à la terre pour produire nos biens de consommation, puis nous les retravaillons et ensuite nous les détruisons » explique Charlotte. « Par exemple, dans le secteur du textile, nous partons d'une fibre de lin, symbole même de la fibre écologique. Nous la transformons, nous la teintons. Finalement, cette fibre ne pourra plus être rendue à la terre puisqu'elle est devenue toxique ». Le système actuel semble sans issue, nombre d’objets qui nous entourent finissent un moment ou un autre à la décharge ou ailleurs. Le système du C2C est quant à lui cyclique. Dès la conception d’un produit, tout est mis en œuvre pour qu’aucun de ses composants ne finisse comme déchet. Chaque composant sert sans cesse de matière première, de ressource ou de « nourriture » à un autre nouveau produit. Le principe du "zéro déchet".

Les objectifs du C2C

Le C2C a un objectif 100% nature et zéro déchet. « L’approche cradle to cradle envisage le déchet comme de la nourriture, comme un nutriment pour l’avenir. Elle s’intéresse aux façons de protéger la biosphère et la technosphère » déclare Michael Braungart dans son ouvrage Cradle to Cradle publié aux éditions Alternatives. «Le C2C est un peu comme le bon jardinage ; il ne cherche pas à 'sauver' la planète, mais à apprendre comment y prospérer ».

Qui est C2C?

Le C2C va au-delà de l’upcycling ou du recyclage, offrant une durée de vie inépuisable. Il touche tous les secteurs: mode, cosmétique, entretien, architecture… Quelques grands noms du business ont fait appel aux compétences des créateurs tels que Nike, Ford, DesignTex… Mais l’approche intéresse également de petites entreprises. En Belgique, la marque Libeco rempli les critères et a fièrement obtenu le label C2C pour ses tissus écrus en pur lin, quant à Steven Beckers, il était l’un des premiers architectes à s’intéresser à cette démarche. Outre notre plat pays, les pays travaillant avec le C2C sont principalement les Pays-Bas, les pays scandinaves et les Etats-Unis.

Voici un cycle de vie complexe mais porteur d’avenir...

 

cradle-to-cradle-alternatives Pour prolonger le sujet: Cradle to Cradle par Michael Braungart et William McDonough (éditions Alternatives).

 

Rédigé par Olivia Roks

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