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L'irrigation intermodale, clé de voûte de la mobilité

  • Rédigé par Claude Nizau
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Fréquemment engorgée en journée, Bruxelles dispose pourtant d'un réseau routier (ici éclairé de nuit) que tout usager utilise par de multiples moyens de transport. La mobilité d'aujourd'hui se veut nécessairement intermodale Fréquemment engorgée en journée, Bruxelles dispose pourtant d'un réseau routier (ici éclairé de nuit) que tout usager utilise par de multiples moyens de transport. La mobilité d'aujourd'hui se veut nécessairement intermodale © Bespol

En terme de proposition forte, rien n'a jamais vraiment rallié unanimement les Bruxellois. Il est vrai que les citoyens composent avec les différents moyens qui sont à leur disposition : transports en commun (Stib, SNCB, Tec et De Lijn), bicyclette, voiture ou tout simplement à pied ! Chaque situation de la vie quotidienne peut nécessiter un transport différent... En fonction du contexte et des moyens, l'usager pèse les pour et les contre pour le compromis optimal. En attendant la suite ?

Dans ce paysage, la voiture n'a pas dit son dernier mot. Parler d'automobile dans le cadre d'un dossier mobilité peut paraître paradoxal, mais cette dernière fait encore entièrement partie du paysage urbain. Aucune solution n'a réussi à convaincre de nombreux citoyens à se séparer de leur véhicule... Par ailleurs, la fée électricité rend les voitures moins polluantes, tandis que les parkings désengorgent les cités. Et leur empreinte carbone diminue de plus en plus grâce à l'existence d'un label européen – European Standard Parking Award. L'Eventail a rencontré Roland Cracco, CEO d'Interparking, qui partage avec nous son avis sur le sujet.

 Monsieur Roland Cracco © Droits réservés

 

L'Eventail – Les trois piliers à la base des programmes de développement d'Interparking sont le respect de l'environnement, la mobilité et la qualité. Pouvez-vous développer ?
Roland Cracco – Tout d'abord, d'un point de vue mobilité, nous sommes convaincus du fait que la solution passe par l'intermodalité. En réalité, notre expérience montre que la plupart des personnes sont à la fois piétons, cyclistes et utilisateurs des transports en commun en fonction des circonstances. Donc, nous imagions la création d'un mouvement le plus fluide possible ; d'où le développement de la Pcard permettant l'accès au parking, mais également une recharge aux bornes Mobib de la Stib.

– Et avec la SNCB, De Lijn et les Tec ?
– À terme, nous collaborerons également avec eux. Pour la Stib, nous avions offert aux abonnés dix trajets sur le réseau Stib. La Pcard fonctionne depuis fin 2013.

– Et concernant les avantages environnementaux forts de vos parkings ?
– Nous avons deux chargeurs électriques minimum dans chaque parking afin de permettre aux utilisateurs de traverser le pays de parking en parking ! Il y a une véritable demande. Nous avons également un accord avec Zencar (voitures partagées électriques) que nous soutenons et de nombreux parkings sont équipés en Belgique. Nos parkings sont aussi certifiés neutres en CO2.

 

 Un modèle de ZenCar estampillé aux couleurs d'Interparking © Droits réservés

 

– Qu'est-ce que cela signifie ?
– Concrètement, au niveau des exploitations, nous visons la réduction de l'empreinte grâce à des éclairages led, les solutions de chauffage et de refroidissement, en terme de déplacements également. On ne peut tout neutraliser mais le peu qui reste on le compense par un soutien à des projets pour le climat (£NDLR£ : en 2013, Interparking a soutenu CO2logic – une initiative en Ouganda cherchant à protéger les arbres, réduire la déforestation et assurer des meilleures conditions de vie pour les populations locales en diminuant son exposition aux polluants toxiques dans les foyers). Nous travaillons également sur iMove, un projet flamand d'optimisation d'utilisation des véhicules électriques avec les universités, les fabricants de batteries, etc.

– Au niveau européen, quelle est votre expérience en matière de politique de mobilité ?
– Vienne, par exemple, est un bel exemple avec une zone piétonnière bien irriguée par le métro, le tram, les pistes cyclables et les parkings de centre-ville, tous en contact immédiat avec la zone piétonnière. Historiquement, une ville est un lieu de rencontre et d'échange. Il faut donc préserver cette fonction et optimaliser les flux et reflux... Une ville comme Vienne le fait extrêmement bien.

 

Anecdote, histoire et chiffres
Les origines d'Interparking se situent dans les plans logistiques de la ville de Bruxelles lors de l'Exposition universelle de 1958. Claude De Clercq a été approché pour concevoir un parking pour les visiteurs en centre-ville, rue de l'Évêque : le parking 58 ! Véritable fiasco à ses débuts, le parking a été "sauvé" par les coccinelles de Volkswagen qui gardait son parc automobile sur des étages entiers et a permit de faire rentrer des sous dans les caisses... En 60 ans, le groupe s'est développé et pas plus tard que mi-août 2014, un nouveau-né s'enracine à Paris, entre l'avenue Montaigne et la place François Ier.

 

www.imove.be
www.interparking.be
www.bruxellesmobilite.be
Rédigé par Claude Nizau

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