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Les défis du financement participatif

  • Rédigé par Martin Boonen
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Bernad Van Acker, un entrepreneur qui n'a pas froid aux yeux... Bernad Van Acker, un entrepreneur qui n'a pas froid aux yeux... © José-Noël Doumont

Bernard Van Acker n’a pas trente-cinq ans mais sa carrière est déjà très riche. Avec des hauts et des bas, mais irrémédiablement tournée vers l’entreprenariat. Pour relever son défi actuel, Evocure, Bernard Van Acker s’est lancé dans une vaste campagne de financement participatif (le fameux crowdfunding). Cette fois-ci pas de produits ou de cadeaux en échange, mais la possibilité de devenir actionnaire. Rien de moins. 

L’Eventail - Bernard Van Acker, on serait tenté de lire votre CV comme un roman. Pouvez-vous nous le résumer ?

Bernard Van Acker - C’est vrai, j’ai toujours été très actif et entrepreneur dans l’âme. Le premier business que j’ai dû développer, c’était pendant mes études : sportdhiver.be. Après mon cursus, j’ai travaillé chez Eletrabel, ce qui n’était pas très marrant pour quelqu’un qui a la fibre entrepreneuriale. Pour respirer à côté d’Electrabel, j’ai participé avec un cousin, Cédric Donnet, à la Start Acadamy, en 2007. On a gagné la compétition ! Ca m’a permit de me faire remarquer d’obtenir mon second boulot. Un job de rêve : petite boite, je touchais à la vente, au marketing, quelque chose de très varié … Et puis gros coup dur : quatre mois après mon arrivée, des conflits chez les actionnaires familiaux ont mené à la liquidation de la boite.

L'échec démystifié avec les FuckupNights... On vous en parle bientôt sur Eventail.be

Du coup, on a lancé notre projet de la Start Ac’ avec Cedric. On était en juin 2008 … Lehman Brothers fait faillite deux mois plus tard, et tous nos clients potentiels retournent leurs vestes et tournent les talons. Après trois boulots en deux ans, je me suis retrouvé sans rien, presque par terre, de retour chez mes parents … bref, comme un entrepreneur peut se retrouver lessivé.  Ensuite, j’ai multiplié les fortunes diverses. J’ai bossé chez MobileWeb dans les télécommunications, j’ai lancé une entreprise de textile sur mesure en ligne (qui tourne toujours d’ailleurs), je suis devenu CFO chez Engel & Völkers dans l’immobilier, puis j’ai eu une très belle offre chez Immoweb. Ces jobs ne m’ont jamais satisfait à 100%, il manquait souvent de valorisation, ou bien de challenge. Enfin, en mars 2013, j’ai rencontré, Gabriele Gavazzi, mon associé actuel. Il m’a parlé de son idée de cosméceutique, de médecine cosmétique. J’ai étudié son idée, le marché, j’ai vu l’opportunité et on s’est lancé.

 

 - L’opportunité d’Evocure, c’était quoi ?

- L’opportunité de la cosméceutique c’est de combler un espace vide entre la dermocosmétique vendue en pharmacie et les marques de luxe vendues en parfumerie. La première catégorie propose de véritable soins dermatologiques, mais peu sexy et sans expérience consommateur véritable. La seconde, à l’opposé, propose des produits sans rien dedans, mais qui font rêver, qui flattent. Evocure a l’ambition de faire l’alliance entre les deux catégories : allier efficacité, plaisir, et confort.

 

La gamme des produits Evocure © Droits réservés

 

- Vous êtes actuellement en pleine campagne de crowdfunding sur la plateforme belge MyMicroInvest. C’est un levier important pour les entrepreneurs ?

- Le crowdfunfing, c’est ce qui pourrait potentiellement relancer l’économie en Europe. Des gens qui ont des idées, il y en a plein, partout.  Ils ont des compétences mais n’ont pas tous un réseau, de l’argent ou les talents pour trouver des fonds. De l’autre côté, il y a beaucoup d’argent qui dort sur les comptes épargnes et qui ne rapportent rien. Le crowfunding c’est un moyen pour tous les citoyens d’investir dans l’économie réelle, de financer des entreprises en croissance qui créeront de l’emploi et de la valeur ajoutée.

 

- On associe souvent crowdfunding a de la prévente. Ce n’est pas le cas de votre campagne.

- La différence avec la prévente, c’est que nos produits existent déjà et sont déjà en vente. Nous voulions lever des fonds pour accélérer notre développement. Nous voulons réunir avec la plateforme belge MyMicroInvest une somme de 150 000 euros. C’est la raison pour laquelle notre campagne est encadrée par la FSMA, l’autorité des marchés et produit financier en Belgique. Ca veut dire que nous vendons à nos investisseurs un plan de développent stratégique sur base de 150 000 euros minimum. Si on ne parvient pas à cette sommes, l’opération est annulée par la FMSA, et les investisseurs sont remboursés. On est dans un cadre très précis, très réglementé d’une offre publique à l’épargne.

 

- Ca peut paraître technique.

- Ce que ça veut simplement dire, c’est que les gens, dans notre cas, en investissant, deviennent des actionnaires, avec les mêmes droits économiques que nous, les fondateurs. S’il y a des dividendes à distribuer, ils toucheront des dividendes, s’il y a une plus-value, il seront bénéficiaires. Notre campagne ne propose pas de la prévente, mais de l’investissement financier : avec un rendement et un risque. Avec MyMicroInvest, on lève des fonds. 

 

Rencontre avec Guillaume Desclée, fondateur de MyMicroInvest pour parler du crowdfunding, bientôt sur Eventail.be

 

- Mais, pour de telles sommes, ne vaut-il pas mieux s’en remettre à des fonds d’investissements ou des business angels, des mécènes ?

- On le fait aussi. A côté de la campagne, on est en discussion avec des fonds d’investissement et des investisseurs privés. On voudrait lever 150 000 euros en crowdfunding, et 150 000 euros avec des investisseurs privés. L’avantage du crowdfunding c’est que ça nous a donné de la visibilité, notamment chez les investisseurs privés : ce sont eux qui nous ont contacté, grâce à la campagne de crowdfunding.

 

- N’y a-t-il pas d’autres façons pour réunir des sommes de cette envergure ?

- Non, ou alors, je ne les connais pas. Les banques sont terriblement difficiles à convaincre. Le climat est très défavorable aux entrepreneurs. Mais le crowdfunding comme nous le faisons, qui permet à n’importe quel citoyens de devenir investisseurs, et donc un acteur économique du marché, est sans doute l’une des clés pour relancer la machine.

 

La campagne Evocure sur MyMicroInvest

 
Rédigé par Martin Boonen

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