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Tale me, Petits vêtements et grandes histoires à partager

  • Rédigé par LN
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Tale me, Petits vêtements et grandes histoires à partager © Tale Me

Il était une fois... Quand elle avait 5 ans, Anna Balez a lu avec intérêt dans une revue pédagogique qu'on pouvait réchauffer Mars. Sentant déjà avec les connaissances d'un enfant que la terre ne tournait pas rond avec son système de consommation à gogo, elle trouvait que cela pouvait devenir un bon endroit pour se réfugier au cas où la terre n'est plus viable. Donc Anna Balez créa Tale Me en 2014.

Depuis ce jeune âge, Anna a envie d'agir pour changer le « système » déséquilibré entre consommation et ressources. Son parcours est cohérent. D'abord, elle entreprend ses études d'ingénieur chimique car elle se rend compte qu'il faut qu'elle comprenne les choses pour arriver à les changer. Grâce à ses études, elle a une parfaite connaissance des processus de fabrication. Elle poursuit sa formation par une spécialisation en management environnemental en entreprise. Ensuite, elle commence sa vie professionnelle dans une entreprise qui donnait une valeur monétaire aux impacts environnementaux. Dans sa seconde expérience professionnelle où elle s'occupait de stratégie environnementale, elle approfondit les concepts d'économie de fonctionnalité et d'économie circulaire.

Une start-up d'économie de fonctionnalité et d'économie circulaire

Et c'est là qu'elle s'est dit qu'il y avait la possibilité d'être entrepreneur. Malgré son autonomie et ses qualités de management, elle n'avait jamais pensé à quitter le salariat. Une fois le déclic fait, ces nouvelles façons de voir l'économie guident la création de Tale Me. Ce projet lui semble logique : sur dix vêtements d'enfants, seulement trois sont réemployés. Le reste (c'est-à-dire sept vêtements sur dix !) finit dans une caisse à la cave ou au grenier (5 vêtements sur dix) ou encore à la poubelle (deux vêtements sur dix). Anna souhaite privilégier l'usage du vêtement plutôt que la possession et augmenter la ré-utilisation des vêtements.

 

 

Pour approfondir son idée, Anna participe début 2013 à un programme d'accélération de start-up environnementales (BSE Academy). En gagnant le prix Triodos, elle peut confectionner ses premiers vêtements afin de les tester auprès de quelques familles. Ensuite, Tale me reçoit un accord de financement par la Commission Européenne. Le fait que la start-up va créer de l'emploi local (3 salariés à l'heure actuelle) et a choisi d'avoir un cahier des charges incluant des normes environnementales et sociales sévères a joué pour Tale Me. D'après Anna, l'Europe a aussi apprécié qu'elle tirait vers le haut des métiers du textile. La combinaison de ces différents financements auxquels s'ajoutent des crédits du Crédal et de particuliers a permis à Tale Me d'agrandir son stock et d'ouvrir un atelier/showroom en mars 2015 dans le centre d'entreprises des Tanneurs.

Ce choix de lieu est cohérent avec le projet : il permet à Anna d'être en lien avec les autres porteurs de projets du centre d'entreprise tout en ayant un support logistique du centre et a un espace de 120 m2 lui permettant d'accueillir une partie des 4000 vêtements qu'elle a en stock.

Concrètement, c'est quoi Tale Me ?

Tale me, c'est de la location de vêtements de créateurs pour des enfants de 0 à 4 ans. Tale me maîtrise la fabrication de A à Z, de la fabrication du tissu à son recyclage, en passant par la création des patrons, la confection, le nettoyage, la réparation ou l'envoi des colis. Les vêtements sont dessinés par des créatrices bruxelloises (comme Emilie Beaumont ou La Petite Gervaise) et sont confectionnés localement (dans l'atelier bruxellois Mulieris ou dans des ateliers français et portugais). Le choix des textiles (tous européens, respectueux de la peau des enfants et idéalement issus de l'agriculture bio) se fait en tenant compte de leur faible impact environnemental (lin, eucalyptus,...), du traitement des tissus et des conditions de travail. Tale me propose plusieurs formules d'abonnement (vêtements imposés ou choisis, première utilisation ou pas,...) mais également une boîte cadeau (dessinée par la graphiste Florence Weisser) comprenant un bon cadeau pour recevoir 3 ou 5 vêtements sur la durée choisie et un bavoir en coton biologique (sérigraphie par le collectif Ahaha). Les abonnements (de minimum de trois mois) comprennent l'échange des vêtements (cinq vêtements tous les 2,5 mois : au changement de saison et/ou de taille), le nettoyage et la réparation éventuelle des pièces.

En bref : du beau, du local, du sain, des créateurs et des gains d'argent. Que demander de plus ?

Pour en savoir plus :

Quel est le futur de Tale me ?
Anna lance le service de location de vêtements pour femmes enceintes (qu'il faut chouchouter d'après elle !). Cette première « collection » a été dessinée par la créatrice de la marque belgo-allemande Klainod (Lea Deutchman). C'est une marque synonyme de design durable et indépendante de toute tendance saisonnière. Infos sur Ulule.

Les créatrices n'ont pas peur de perdre des clients vu que les gens n'achètent plus ?
Premièrement, il est possible d'acheter les vêtements des créatrices si vous avez un vrai coup de cœur. Mais avant tout, Tale me permet aux créatrices d'avoir des commandes assurées (comme Anna a dit : « un peu comme les paniers bio qui assurent une certaine demande aux agriculteurs ») et dans des tailles (0 à 4 ans) qui n'ont pas beaucoup de demandes. Enfin, cela permet aux créatrices d'écouler leurs invendus. C'est ce qu'on appelle du win-win !

Que se passet-il si mon enfant tâche ou abîme le vêtement ?
Pas de problème, la couturière de Tale me Laure remet à neuf les vêtements pour qu'ils soient dans un état irréprochable lors de la remise en location. Comme les tissus utilisés sont de qualité, on peut sans craindre de les abîmer enlever les bouloches, les tâches ou tremper les vêtements dans du vinaigre pour raviver les couleurs. De plus, les prototypes sont réfléchis pour optimiser les réparations. Anna souhaite que les enfants (ou plutôt les parents !) n'aient pas peur d'utiliser les vêtements. Elle a besoin de savoir comment ils sont utilisés pour améliorer la qualité et leur résistance aux tâches ou autres déchirures. Si les vêtements n'arrivent pas être remis dans un état impeccable, ils sont donnés à un réseau de distribution de vêtements de seconde main. Et s'ils arrivent en fin de vie, ils sont recyclés au Pays-Bas.

L'esprit de Tale me ?
Anna n'aime pas utiliser le terme « client » et souhaite créé un genre de communauté des abonné-e-s Tale Me. Elle propose d'ailleurs différents ateliers pour faire vivre le show-room de la rue des Tanneurs. Les thématiques de ces ateliers vont de la photo à la fabrication de lampe origami en passant par des ateliers de portage. Concernant les relations avec ces fournisseurs (dont les artistes freelance), elle préfère parler de partenaires.


 www.taleme.be

 

Rédigé par LN

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