A+ A A-

MakeSense : après le crowdfunding, voilà le crowdsourcing !

  • Rédigé par Martin Boonen
0 avis
MakeSense : après le crowdfunding, voilà le crowdsourcing ! © MakeSense/FactoryForty

Qui n'a jamais pensé à prendre part à un projet innovant et créatif, à portée écologique ou sociale, pour améliorer, même un petit peu, le monde dans lequel nous vivons ? D'accord, mais comment ? Tout le monde n'a pas les fonds de Bill Gates ou l'idée géniale pour sauver la planète ! Heureusement, pour tous ceux qui n'entrent ni dans la première catégorie, ni dans la seconde, il y a désormais MakeSense.

MakeSense, c'est d'abord une communauté de passionnés d'entrepreneuriat social prêts à donner un peu de leur temps pour aider un projet qui leur tient à cœur. C'est une plateforme web sur laquelle des entrepreneurs sociaux peuvent poster les challenges, les difficultés qu'ils rencontrent pour mener à bien leur projet : trouver de nouvelles sources de financement, agrandir leur communauté, monter une campagne de crowdfunding … les défis ne manquent pas.

"La communauté MakeSense a deux façons de participer aux projets et aux défis présentés sur notre site : soit en donnant directement des idées en ligne, soit en participant à un 'hold-up'. C'est comme ça que nous appelons les ateliers de créativité, que nous organisons. On réunit autour d'une table une quinzaine de personnes pendant deux heures dont on va 'voler' les idées pour les offrir à l'entrepreneur social qui a sollicité le hold-up." explique Lucie Barthlen, business developer de MakeSense en Belgique. Comptabilité, marketing, design, communication, droit … tout le monde peut apporter ses idées à un projet.

 

Entrepreneuriat social?

Mais l'entrepreneuriat social, c'est quoi au juste ? "Un entrepreneur social, selon MakeSense, c'est quelqu'un qui tente de répondre à une problématique sociétale par l'entreprise. Les œuvres de charités, les ONG, les fondations sont d'autres moyens de le faire, mais nous pensons que l'entreprise a pour vocation de croitre. À ce titre, nous sommes convaincus qu'il s'agit de la meilleure façon d'avoir de l'impact. Mais la mission sociale passe toujours devant le profit. C'est pourquoi toutes les parties prenantes sont intégrées à la gouvernance du projet. Ce n'est donc jamais le capital qui génère le pouvoir de décision." précise encore Lucie Barthlen. Et le terme "sociétal" est ici pris dans une acceptation très large : "Cela ne concerne pas uniquement les problèmes d'inclusion sociale, les problématiques peuvent toucher le vieillissement de la population, le gaspillage alimentaire, ou l'accès à la mobilité et à l'énergie par exemple".

 

What is MakeSense? from In Focus on Vimeo.

 

Crowdfunding >< Crowdsourcing

L'autre grande façon à la mode de participer à un projet auquel on croit, c'est le crowdfunding (voir l'interview de Guillaume Desclée, fondateur de MMI, une plateforme de crowdfunding belge - lire ICI). Mais, malgré la volonté des entrepreneurs de faire vivre les communautés nées de ces campagnes de levée de fonds, les investissements restent pécuniaires, et donc bien souvent très impersonnels. D'autant plus que les entrepreneurs sociaux ne recherchent pas forcément tous de l'argent. Alors, MakeSense propose une alternative au crowdfunding : le crowdsourcing.

"Il ne s'agit pas de récolter des fonds, mais des idées. On ne vient pas avec son capital, mais avec son cerveau" résume Lucie Barthlen. Et ça marche plutôt bien ! Lancé il y a cinq ans à Paris, MakeSense s'est depuis déployé à travers une centaine de villes dans le monde et touche désormais quelques 300 000 personnes. Cela fait trois ans MakeSense est actif à Bruxelles, et depuis deux ans à Gand. La Belgique est le second pays le plus prolifique de MakeSense après la France. Le deuxième SenseCamp organisé chez nous en septembre dernier a réuni près de 300 personnes.

 

crowdfunding-crowdsourcing
© MakeSense/FactoryForty 

 

Les résultats sont évidemment enthousiasmants, mais MakeSense a envie d'aller plus loin. Notamment en proposant des services plus structurés et qui dépassent le bénévolat. C'est l'objectif de SenseCube, donc Lucie Barthlen est cofondatrice : créer un réseau d'incubateur de startups sociétales et environnementales. SenseCube les accueille au stade de projet utilise son réseau pour les amener jusqu'à leur marché. Il existe déjà un SenseCube à Paris et à Mexico. Ces deux incubateurs seront très bientôt rejoints par Berlin et … Bruxelles. Les candidatures des projets pour ce dernier sont d'ailleurs actuellement ouvertes. Avis aux amateurs !

Le sérieux et l'intérêt de MakeSense a d'ailleurs eu les honneurs d'une reconnaissance internationale en terminant parmi les dix finalistes du très prisé de l'Impact Challenge de Google (qui veut soutenir et promouvoir des projets innovants ayant un impact positif sur le monde). "La participation à ce concours s'inscrivait dans une levée de fonds plus globale au niveau international. Elle était destinée à soutenir le lancement d'une dizaine de nouveaux bureaux capables de mettre en œuvre les services plus structurés de notre communauté comme SenseCube." Dakar, Delhi, Kuala Lumpur, San Fransicso ou Los Angeles sont dans le viseur de MakeSense...

Une place de finaliste étant tout de même dotée de 200 000 €, l'objectif semble être réaliste. MakeSense n'abandonne pas pour autant les pays où ils sont déjà présents. La preuve en Belgique où la plateforme organise actuellement une tournée "d'évangélisation" et d'atelier de réflexion à travers une dizaine de villes du pays sur la thématique Smart Cities.

Ce sera l'occasion de rencontrer la communauté MakeSense et de se laisser séduire par un projet profondément humaniste, collaboratif et réaliste. Bref, de rencontrer un réseau d'entrepreneurs acteurs du changement. Rien que pour ça, ça vaut le détour.

 

Pour en savoir plus :  
 
belgium.makesense.org
Candidatures SenseCube : www.sensecube.cc/brussels
 

 

Rédigé par Martin Boonen

Dans la même catégorie