Erreur
  • JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 778
A+ A A-

Vocatio : aide à l'entrepreneuriat indirect

  • Rédigé par
1 avis
En 2012, Audrey Laurent recevait une bourse pour Autifun et lançait son projet durablement En 2012, Audrey Laurent recevait une bourse pour Autifun et lançait son projet durablement © Vocatio

Depuis 1963, la Fondation belge pour la Vocation (Vocatio depuis 2011) remet des bourses à des jeunes, jusqu'à 29 ans, pour leur permettre de réaliser un projet de vie original. Sans se revendiquer comme telle, l'asbl agit dans certains cas comme une structure d'aide à l'entrepreneuriat, capable de soutenir des projets très particuliers.

Pour définir le sens d'une "vocation", Vocatio s'en remet à une citation attribuée à Aristote : « Là où se rencontrent vos talents et les besoins du monde se trouve votre vocation ». Une citation antique qui doit faire bien des échos dans l'esprit des entrepreneurs les plus pointus de notre époque.  

Pas question de projets commerciaux pour autant. Vocatio offre quinze bourses par an à des jeunes entre 19 et 29 ans pour leur permettre de réaliser un projet de vie, qu'importe le domaine. "Chaque année, entre septembre et novembre, nous recevons jusqu'à 350 candidatures" explique Niki Desmaele, responsable de la communication de Vocatio. "Ensuite, le Président du Jury, Christian Koninckx, et notre déléguée générale, Sylviane Jacquet de Haveskercke, répartissent les dossiers éligibles entre les différents jurys : Arts, Arts plastiques, Sciences humaines, Sciences & Techniques, et Sciences Médicales". Les matières couvertes par Vocatio sont donc beaucoup plus larges que celles d'autres fondations.

Les critères de sélections sont eux, au contraire, très précis. Parmi eux : l'état d'avancement du projet, son implication sociétale, son caractère innovant et prometteur.

S'il est vrai que l'opportunité commerciale d'un projet n'est pas prise en compte par les jurés, comment ne pas penser que l'aboutissement de certains d'entre eux ne puissent être le départ d'une aventure entrepreneuriale qui profitera à la société. Le projet d'Audrey Laurent, lauréate d'une bourse en science thérapeutique en 2012 est à ce titre évocateur. Grâce à l'aide de Vocatio, elle a pu mettre en place Autifun, une structure à Saint-Gilles qui permet l'accompagnement comportemental d'enfants autistes dans leur quotidien.

Pour faire le tri parmi les quelques 250 candidatures annuelles finalement retenues, Vocatio a constitué des jurys composés de sommité dans leurs domaines : les baronnes Mia Doornaert (journaliste réputée en Flandre) et Sophie Jekeler (fondatrice et directrice de la fondation Samilia) en sciences humaines ; Monsieur Michel De Reymaecker (conservateur en chef du BAM à Mons) en arts plastiques ; Messieurs Daniel Blumenthal (lauréat en 1983 du Concours Musical International Reine Elisabeth) et Frédéric de Roos (directeur du Conservatoire royal de Musique de Bruxelles), le baron Stijn Coninx (Directeur de la Sabam) et Jaco Van Dormael, pour le jury artistique.

Tout ce beau linge possède un impressionnant réseau de relations qu'il met bien évidemment au service des lauréats pour leur permettre d'aller au bout de leur projet. Parce que Vocatio ne se contente pas d'offrir de l'argent, la fondation va encore plus loin en apportant un suivi et une aide à la réalisation de celui-ci. Comme ce fut le cas l'an dernier, lorsque le baron Johan Swinnen, ancien ambassadeur de Belgique, permit à Elynn Gorris, chercheuse en linguistique et lauréate, d'obtenir un visa particulier pour l'Iran et ainsi poursuivre ses recherches sur le farsi à Téhéran.

 

 

"S'il arrive que, malgré tout, certains lauréats ne réclament jamais la seconde tranche de leur bourse (qu'ils ont trois ans pour obtenir), cela ne concerne que moins de 5% de ceux-ci. Nous sommes fiers de pouvoir dire que la quasi-totalité des projets de nos 700 lauréats (depuis 1963) sont arrivés à leur terme." précise Niki Desmaele. Un taux de réussite impressionnant et qui pose la question de savoir pourquoi de tels projets sont obligés de s'en remettre à l'aide d'un mécénat privé pour voir le jour... Mis-à-part un subside annuel octroyé par la Chancellerie du Premier ministre, Vocatio fonctionne sur fonds propres, de legs et de dons, et certaines sont sponsorisées par de grands groupes familiaux. Niki Desmaele a son idée : "Nous sommes la seule fondation bilingue à couvrir un champ si large. Nos critères de sélection, basés sur l'existence d'une vocation, nous permettent aussi de soutenir des projets très originaux et qui rentrent difficilement dans certaines grilles plus traditionnelles. Dès lors nous pouvons intervenir là où parfois personnes d'autre ne le peut".

Voilà pourquoi l'action de Vocatio est, depuis cinquante ans, toujours aussi indispensable, et risque de le rester encore longtemps.

 

Plus d'informations: www.vocatio.be
 

 

 

Rédigé par

Dans la même catégorie