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Sabrina Parant : quand la philosophie rencontre le management

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Sabrina Parant pose avec l'ouvrage sélectionné pour Eventail.be: La manager et le philosophe d’Isabelle Barth et Yann-Hervé Martin Sabrina Parant pose avec l'ouvrage sélectionné pour Eventail.be: La manager et le philosophe d’Isabelle Barth et Yann-Hervé Martin © Droits réservés

S’il y a un milieu où les machos ont la peau dure, c’est bien celui de l’automobile. Sabrina Parant, administratrice d’ELLA, fait partie de celles qui tentent de faire bouger les choses. Pour cette raison Eventail.be lui a demandé de choisir un livre qui l’avait inspiré pour garnir un peu plus les étagères de notre bibliothèque de l’entrepreneur.

ELLA est une association destinée à promouvoir le rôle de la femme dans le secteur automobile, et l'image de l'automobile auprès des femmes. Cette ASBL ne revendique pas l’appellation de lobby et ne se représente pas comme un groupe de pression (même si elle ne nie pas l’intérêt d’avoir des relations dans les milieux politiques), mais a pour vocation de connecter ses membres par le biais d'un réseau à dimension européenne pour faire évoluer les mentalités. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le boulot de manque pas! Puisque tous les mouvements "à contre-courant" se nourrissent d’inspiration, Eventail.be a demandé à Sabrina Parent, l’une des administratrices d’ELLA, de nous partager l’une de ses lectures. 

"Pour Eventail.be, j’ai choisi La manager et le philosophe d’Isabelle Barth et Yann-Hervé Martin. Le titre, déjà, m’avait plu. Moi qui aime la mixité (rires) … J’avais fait mon travail de fin d’étude sur l’usage de la philosophie pour endiguer l’échec scolaire. Je m’étais toujours demandé comment la philosophie pouvait aussi servir l’entrepreneuriatLa rencontre des philosophes et des managers est souvent improbable. La vision qu’ils ont les uns des autres est quasi caricaturale. Les philosophes envisagent les managers via un prisme cynique, orienté vers la performance économique, déshumanisés. Et quand les managers parlent des philosophes, c’est pour désigner des êtres excentriques et loufoques, idéalistes et coupés des réalités. Amener ces deux profils à se rencontrer est donc atypique. Le livre parcours beaucoup d’idées, de concepts, de définitions. On peut y puiser ce dont on a besoin sans s’astreindre à une lecture linéaire et continue. C’est vraiment un livre à picorer. Sous formes de dialogues, on découvre les points de vue de la manager, Isabelle Barth, et ceux du philosophe Yann-Hervé Martin. Ce schéma permet de facilement comparer leurs discours à nos opinions personnelles. Cela amène forcément des remises en question, à prendre de la hauteur et à considérer d’autres angles de réflexions. Et là, on rejoint le sens même de la philosophie: la confrontation avec des perspectives originalesNos univers professionnels sont à un tournant critique, notamment à cause de la crise économique qu’ils traversent. On ne peut plus faire tourner une association ou en entreprise comme il y a dix ans: on ne peut plus se contenter des certitudes de toujours. Ce livre permet de découvrir de nouvelles audaces qui permettent d’être rentable différemment. Le débat sur l’origine de l’individualisme de nos sociétés est, à ce titre, très instructif ! On a tendance à rencontrer l’autre sous une seule des facettes qui le composent, et à lui coller une étiquette. Nous sommes constitués d’un ensemble de facettes, et la somme de ces facettes nous définit. Apprendre à connaître ses collègues, collaborateurs, voisins, de manière plus globale, plus complète, est tellement plus enrichissante pour l’entreprise! Un autre chapitre qui m’avait marqué était celui sur le coaching, non pas de soi, mais en soi. Nous sommes désormais entourés de coachs: coach de vie, coach de décoration d’intérieur, coach de relaxation, coach de relations amoureuses, coach vestimentaire … ce recours à des coachs à tout bout de champ est une pratique héritée du management sportif (celui du culte de la performance) et fait de nous de vrais assistés puisqu’au lieu de trouver les ressources en nous, nous déléguons cette responsabilité à des agents extérieurs. Une fois encore, ce livre permet de prendre un peu de distance avec toutes ces pratiques."

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