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Le thé à la menthe : tout un rituel !

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Plateau vu de haut Plateau vu de haut © Shinta Bonnefoy

Avec ce dernier épisode sur les thés, nous vous emmenons dans le Maghreb avec le thé à la menthe. Considéré comme la boisson de l’hospitalité et un élément central de la vie sociale, le thé est historiquement assez récent. Quand le thé arrive en Egypte au 16e siècle, sa progression ne passe pas le désert de Libye. Le thé vert de Chine est introduit au Maghreb au 17e siècle mais l’usage se répandit dans toutes les couches de la population à la fin du 18e siècle (et grâce aux populations nomades, dans tout le Maghreb et toute l’Afrique de l’Ouest).

 

 Le thé à la menthe est le seul thé pour lequel on fera bouillir l’eau

 

Petit à petit, les Maghrébins mettent en place un cérémonial autour de la boisson. Sa préparation et son goût varient en fonction des régions et des pays du Maghreb. Il est, ainsi, plus sucré dans le nord que dans le sud du Maroc. Il est servi avec des pignons de pins en Tunisie et on peut y ajouter des plantes ou des épices comme l’absinthe, la verveine, la sauge, le basilic, le romarin ou le thym sauvage. De même qu'il est courant de mélanger quelques gouttes d'eau de fleur d'oranger.

 

 
Thé aux pignons (spécialité de thé à la menthe tunisienne). © Henning Leweke 

 

Mais en général, on peut décrire sa préparation comme suit. D’abord, le thé gunpowder (thé vert roulé en petites billes) est infusé pendant une minute dans une petite quantité d’eau bouillante pour le « laver ». Cette première étape permet d’enlever son amertume et une grande partie de sa théine. On jette l’eau puis on ajoute de la menthe fraiche qu’on recouvre d’eau. On met également des morceaux de pain de sucre obtenus au marteau. On peut le remplacer par du sucre en morceaux (environ vingt pour une théière d’un litre).

 

 
 Thé à la menthe à Marseille © Marcovdz

 

« Le premier verre est aussi doux que la vie. Le deuxième est aussi fort que l'amour. Le troisième est aussi amer que la mort. » Proverbe touareg à propos du thé.

 

Le mélange se fait en versant le thé dans un verre qui est directement re-versé dans la théière et ce plusieurs fois de suite. Cela permet également au maître de cérémonie (souvent un homme) de goûter le thé afin d’ajouter éventuellement du sucre ou de la menthe et surtout vérifier le temps d’infusion (un thé trop infusé serait trop amer). On verse le thé dans les verres en éloignant la théière pour « l’aérer » et le faire « mousser » (ce qui est synonyme de chance et de fortune). Selon le rituel, le thé est servi trois fois : le premier thé est « amer comme la vie ». Le deuxième un peu plus sucré, « doux comme l’amour ». Le dernier, franchement sirupeux, « suave comme la mort ».

 

 
 Théières à Essaouira © Shinta Bonnefoy

 

Un folklore et un artisanat se développent également autour du thé…

 

Différents objets accompagnent le rituel du thé : la théière (fabriquée en cuivre doré ou argenté ciselé), les verres à thé (colorés et aux décors géométriques, orientaux ou fleuris), le passe-thé (sorte de petite passoire) et le plateau (au décor oriental et assorti à la théière). Parfois, on ajoute le marteau pour casser le pain de sucre ou le lance-parfum qui permet de mettre de l’eau de rose ou de fleur d’oranger sur ses mains et dans certaines régions du Maroc, dans son verre.

 

 
 Verres à thé turques © Droits réservés

 

Quel soit l’endroit où le thé est bu, ces objets font aussi partie du dépaysement lors de la dégustation.

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