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Les vins (belges) de l'été : le Domaine du Chenoy, les pionniers

  • Rédigé par Martin Boonen
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Les vins (belges) de l'été : le Domaine du Chenoy, les pionniers © Domaine du Chenoy

En Belgique, le Domaine du Chenoy a été l'un des pionniers du retour de la viticulture belge. Avec une approche très innovante à l'époque (axée sur des cultures biologiques et l'usage de cépages interspecifiques, taillés pour notre climat), il a défriché le terrain pour beaucoup d'autres vignerons qui l'ont suivi des années plus tard. Désormais repris par deux jeunes bio-ingénieurs franco-belge, le domaine s'apprête à passer un nouveau cap.

Le Domaine du Chenoy, c'est au départ le projet d'un homme : Philippe Grafé. Ancien administrateur délégué de la vénérable maison familiale Grafé-Lecocq, négociants et éleveurs de vins français établis sur (et sous) la place St-Aubin, au coeur de la vieille ville de Namur. C'est le premier à croire en la possibilité d'une activité viticole professionnelle en Belgique.

 

 
© Domaine du Chenoy

 

Il acquière en 2002, une ferme et 11 hectares de terres, à Émines, au nord-ouest de Namur. Premier à se lancer dans la viticulture de cette ampleur dans notre pays, il doit tout inventer.

Les cépages interspécifiques : un parti pris

Philippe Grafé est bien conscient que la plupart des cépages typiques du bordelais, ou même de la voisine Bourgogne, ne s'adapteront pas à notre climat. En revanche, il connait l'existence des cépages interspécifiques. C'est vers eux qu'ils se tournent.

« Ce sont des cépages que des pépiniéristes ont obtenu, au fil des années, par croisements », explique Pierre-Marie Despatures, jeune bio-ingénieur franco-belge qui a, avec son frère Jean-Bernard (lui aussi bio-ingénieur et ancien directeur technique des châteaux bordelais Anthonic et Dutruch Grand Poujeaux, à Moulis, tous deux propriété d'un belge : François Cordonnier), a repris le domaine en 2017.

 

Pierre-Marie et Jean-Bernard Despatures ont repris le domaine à son fondateur, Philippe Grafé © Domaine du Chenoy

 

« Avec le niveau de précipitation que nous connaissons en Belgique, poursuit-il, ils sont intéressants car ils sont naturellement résistants aux maladies de la vigne (mildioux, oïdium...). Avec leurs peaux plus épaisses, ils sont protégés plus longtemps contre la pourriture et on peut laisser plus longtemps le raisin sur pied pour pousser leur maturité au maximum. Ils permettent donc de faire, même en Belgique, des vins tranquilles, et pas seulement des effervescents. »

Un domaine biologique avant l'heure

Une résistance aux champignons qui permet de traiter la vigne de manière très douce et surtout biologique. Une volonté farouche de Philippe Grafé, décidément visionnaire. « Dans la pratique, le domaine est bio depuis sa création. Mais Philippe Grafé n'a jamais fait les démarches administratives pour faire certifier son vignoble officiellement, alors qu'il en remplissait déjà tout le cahier de charge et même au-delà. » raconte Pierre-Marie DespaturesPour garantir cet héritage, cher au fondateur du domaine, l'une des premières choses que les deux frères entreprennent en reprenant le Chenoy a été de demander la certification.

 

Les fleurs entre les rangs de la vigne témoignent des pratiques bio (et même biodynamiques) du domaine © Domaine du Chenoy

 

La démarche est visible jusque dans la vigne où l'on constate qu'un rang sur deux seulement est tondu : « d'habitude l'humidité que renferme les herbes hautes est propice à l'éclosion de champignons. Mais nos cépages y sont résistants donc nous ne nous privons pas de la laisser pousser : c'est bon pour la biodiversité, pour la qualité des sols, et donc pour le vin ! Nous ne sommes pas certifiés en biodynamie, mais nous en adoptons certaines mécaniques. Les fleurs qui commencent à pousser entre les rangs attireront les prédateurs naturels de certains parasites. » Toujours officiellement en transition biologique, 2019 sera seulement le premier millésime officiellement bio du Domaine du Chenoy.

Un style !

Après l'utilisation de cépages interspécifiques et une culture la plus nature possible, le troisième grand pilier du Domaine du Chenoy est l'exclusivité. « Nous n'avons pas ici l'ambition de reproduire des vins existants ailleurs. Nous voulons faire des vins de notre terroir avec des cépages qui nous sont propres. Comme la viticulture belge est à ses balbutiements, profitons-en pour faire quelque chose de tout à fait nouveau. En tout cas, c'est l'approche que nous avons choisie » revendique Pierre-Marie Despatures.

 

Les cinq cépages rouges du millésime 2017 attendent d'être dégustés, puis assemblés sous la supervision d'Éric Boissenot © Domaine du Chenoy 

 

Les 10 hectares de vignes se partagent donc 10 cépages : Rondo, Pinotin, Régent, Cabertin et Muscat bleu (en proportion anecdotique) pour les rouges, et Solaris, Brönner, Johanniter, Hélios et Merzling pour les blancs. « Puisque Philippe Grafé débutait et que personne n'avait d'expérience en Belgique avec ces cépages, il n'a pas voulu mettre tous ses oeufs dans le même panier » explique Pierre-Marie Despatures, justifiant la variété du domaine. Pour les aider à y voir clair dans cette profusion, le duo a sollicite les conseils d'Eric Boissenot, un des meilleurs œnologues du monde : une légende à Bordeaux (il veille sur, excusez du peu, les châteaux Lafite RothschildLatourMargauxMouton RothschildLéoville Las CasesLéoville BartonDucru BeaucaillouGrand puy Lacoste et bien d'autres grands crus classés). Il apporte au Domaine du Chenoy son expertise et, bien sur, sa crédibilité. 

 

 

Les cinq cépages rouges du millésime 2017 attendent d'être dégustés, puis assemblés sous la supervision d'Éric Boissenot © Domaine du Chenoy 

 

« Quand on change de vinificateur, on change forcément le vin » déclare Pierre-Marie Despatures. L'arrivée des deux frères correspond à la création d'une nouvelle gamme qui prolonge le travail du fondateur (d'ailleurs, c'est bien son empreinte digitale qui orne les nouvelles et jolies étiquettes des vins maison) : Terra Nova (rouge), Citadelle (blanc) et deux Perles de Wallonie (effervescents, rosé et blanc). »

 

La nouvelle game du Domaine du Chenoy porte toujours l'empreinte de Philippe Grafé, le fondateur © Domaine du Chenoy


Un second rouge, aux ambitions clairement gastronomiques (élevé en barriques bordelaises) prendra place au côté de Terra Nova : le Grand Chenoy. Début 2020, la nouvelle gamme sera complète et cohérente.
Jusqu'à présent le domaine donnait 50 000 bouteilles par an. Le nouveau duo espère atteindre les 60 000 en travaillant encore juste un peu la vigne.

En bouche

Dans le verre, Terra Nova fait mieux que tenir ses promesses. Au nez, il rappelle certains Côtes du Rhône septentrionaux et la syrah : des épices, du poivre, une pointe de cerise. En bouche, c'est un autre univers. On quitte les rives du Rhône pour aller chercher la fraîcheur du Beaujolais ou de la Loire, mais sans le côté vert ou herbacé des vins de cette région. Le premier réflexe est évidemment de tenter des comparaisons avec des vins issus de vignobles connus, mais force est d'admettre que ce que nous avons sur le palais est unique.

 

© Domaine du Chenoy 


Et c'est probablement là qu'il faut se réjouir et s'enthousiasmer : nous assistons peut-être à la naissance d'un style, d'un genre : celui des vins de Namur. Et, manifestement, ils ont de l'avenir !

 

www.domaine-du-chenoy.com
www.instagram.com/domaineduchenoy

 

Rédigé par Martin Boonen

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