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Les vins portugais, le nouvel eldorado

  • Rédigé par F.H.
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Les vins portugais, le nouvel eldorado © Droits réservés

Sûre que vous pensez comme moi, à savoir que les Portugais sont meilleurs en foot qu'en vin ! Pas faux, jusqu'à ce que des néo-vignerons venus de Belgique, de France ou de Suisse investissent massivement dans les vignobles lusitaniens. Résultat : des vins à découvrir d'urgence pour leur excellent rapport qualité/prix ! Avec ses 25 000 hectares de vignobles plantés et ses 8 millions d'hectolitres produits, le Portugal peut s'enorgueillir d'être le quatrième producteur européen et le huitième mondial ! Vingt-sept appellations différentes nommées DOC (les AOC autochtones) et quatre vins classés IPR (l'équivalent des VDQS) ponctuent ce paysage viticole qui s'étire au nord de la frontière de la Galice à l'Alentejo, à la frontière avec l'Andalousie au sud.

Du Dao au Bairrada en passant par le Ribatejo, la superficie des exploitations dépasse à peine 1 hectare et les coopératives représentent encore la moitié de la production. Mais c'est principalement dans le nord et le centre du pays qu'on trouve la plus grande partie du vignoble. Autrefois, entre les voluptueux portos que buvaient nos grands-mères (surtout si elles étaient anglaises), les gros rouges qui avaient juste l'ambition de désaltérer les routiers et le rosé Mateus que nos concierges adoraient nous offrir et qu'on s'empressait d'utiliser pour déboucher les canalisations, il n'y avait pas grand-chose, hormis le mythique Barca Velha, véritable Petrus portugais que les amateurs continuent de s'arracher à prix d'or.

Si le Porto est toujours le fleuron de la viticulture portugaise et un de nos vins préférés sur le foie gras et le chocolat, son stockage de plusieurs années en cave entraînait une immobilisation financière très lourde. Parallèlement à cette contrainte pécuniaire s'est développée une demande croissante du marché pour les vins secs ; il n'en fallait pas plus pour que les propriétaires de la région du Douro diversifient leur production. En dehors du vinho verde, vin transparent et acide, le Portugal boit rouge. Et boit de mieux en mieux, comme le prouve notre petite sélection.

 

 

La plus petite maison de Porto, mais aussi la plus dynamique, se nomme Vila Nova de Gaia. Ce lieu est connu de tous les amateurs de Porto car c'est dans les chais des maisons de négoce de cette ville que sont centralisés tous les vins de Porto. Si leur cuvée Vintage est une pure merveille, leur cuvée Garrafeira est un porto mythique. Élevé en fûts entre trois et six ans, ce précieux nectar est ensuite entreposé dans des dames-jeannes pour y vieillir entre vingt et quarante ans. Quant à la Quinta Do Noval, propriété d'Axa Millésimes, elle est considérée à juste titre comme la Romanée Conti du Portugal. Implantée sur le village de Pinhao qui possède de fabuleux terroirs, la Quinta propose un porto, le Nacional, dont le millésime 1963 est une anthologie ! Né d'une parcelle qui a échappé au phylloxera, le Nacional est un porto d'une profondeur et d'une douceur en bouche incomparables.

Le leader de la mode enfantine Roger Zannier, tombé amoureux des paysages enchanteurs de la vallée du Douro (première région viticole à avoir été inscrite au Patrimoine de l'Humanité en 2001), a décidé d'y acheter la Quinta do Pessegueiro. Son ambition, à la dimension de ses rêves, est de faire le meilleur vin de la région. À la tête de sa propriété, il met un artiste, un vrai, ancien œnologue de chez Ramos Pinto, maison très réputée pour la douceur de ses portos. Sur le millésime 2011, João Nicolau de Almeida réalise un vin sec du nom de la propriété qui possède une ampleur, une texture veloutée et une trame d'une finesse rare. De beaux tannins fondus laissent présager d'un très beau vin de garde sur un prix qui laisse rêveur.
www.quintadopessegueiro.com

Bruno Prats fut le copropriétaire du célèbre cru de Saint-Estèphe Cos d'Estournel pendant plus de vingt ans avant de se passionner pour les vins du Nouveau Monde. Fort de son expérience bordelaise et de son talent, il s'est associé avec la célèbre maison Symington pour produire plusieurs cuvées de rouges secs sublimes, dont l'inclassable Chryseia à base de cépages Touriga Franca et Touriga Nacional : un vin tendre et velouté en bouche et d'une complexité aromatique remarquable. À plus de 60 euros, ce n'est sûrement pas donné. Mais si vous cherchez une telle qualité de vins à ce prix-là dans le Bordelais, on vous assure, ça n'existe pas !
www.chryseia.com

 

Rédigé par F.H.

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