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La Villa d'Este, l'hôtel de prestige du lac de Côme

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La Villa d'Este, l'hôtel de prestige du lac de Côme © Frédéric Ducout

De la reine Sonja de Norvège à la princesse Caroline de Monaco, d'Eva Peron à Madonna, d'Alfred Hitchcock au président Mikhail Gorbatchev, personne ne visite le lac de Côme sans séjourner à la Villa d'Este.

 

Depuis son ouverture en 1873, cet hôtel de prestige est devenu un lieu de prédilection des grands de ce monde qui savourent ici l'exquise civilité d'un personnel stylé et le raffinement d'un décor unique. Mais bien plus qu'un hôtel, la Villa d'Este résonne d'un passé chargé d'histoire. Ne fut-elle pas construite en 1568 pour le cardinal Tolomeo Galio qui, à 38 ans, reçut du Pape le diocèse de Côme ? Voilà qui affirmait encore la préséance de cette famille qui a fait des rives du lac son domaine d'élection. Le Cardinal mande l'architecte Pellegrino Pellegrini de Valsolda qui imagine un édifice de lignes classiques à front de lac entouré de jardins enchanteurs. De cette époque datent l'escalier aux 130 vasques en granit que surplombe une statue monumentale d'Hercule et un nymphée, deux ornements qui dénotent l'influence des jardins romains.

 

 
 © Frédéric Ducout

 

La Villa Garovo, tel était son nom alors, fera les délices des amis du prélat qui y mène grand train. Son neveu Tolomeo, duc d'Alvito, hérite de la propriété qui passe de génération en génération jusqu'au XVIIIe siècle quand les Galio se fixent à Naples et délaissent la Lombardie au point de vendre la villa tant aimée au comte Ruggero Marliani, en 1782. Deux ans plus tard, ce dernier s'en sépare au profit du marquis Bartolomeo Calderara. Le vieux monsieur s'est amouraché d'une ballerine qui pirouette à la Scala, Vittoria Peluso, et souhaite offrir un cadre de rêve à la mesure de son inclination. Surnommée la Pelusina, la nouvelle maîtresse de céans redécore les salons tout en veillant à l'embellissement des jardins.

 

 
 © Frédéric Ducout

 

Ainsi, elle fait transformer l'avenue en un escalier à degrés que l'on flanqua de jeux d'eau et de cyprès. De drôles de petits ponts enjambent bientôt les ruisseaux et un temple dédié à Télémaque sort de terre. Saules charmeurs et kiosques de verdure achèvent d'agrémenter le domaine. La villa retentit des mazurkas, polkas et quadrilles à la mode du temps. Quand son époux décède, elle s'unit au comte Domenico Pino, général de Napoléon, et lui fait construire sur les hauteurs de savantes ruines imitant des fortifications. De cette façon, il occupera son esprit à d'hypothétiques manoeuvres et non à courir le jupon !

 

 
 © Frédéric Ducout

 

Une reine et une impératrice

En 1814, Caroline de Brunswick-Wolfenbuttel découvre le lac de Côme et tombe sous le charme de la villa Garovo. Cette princesse allemande qui, par son mariage avec l'héritier du trône britannique, est devenue princesse de Galles parcourt l'Europe, fuyant les brimades d'un époux aigri. Á force d'insister, elle persuada la comtesse Pino de lui vendre la propriété, ce qui est chose acquise l'année suivante. Elle dépense alors sans compter, fait ériger une arche pour marquer l'entrée et dote la bâtisse rebaptisée Nouvelle Villa d'Este d'une vaste bibliothèque et d'un théâtre.

 

 
 
 © Frédéric Ducout

 

Une statue de Vénus couronnée par Eros attribuée à Canova qui trônait dans ses appartements, rappelle cette princesse que des sbires envoyés de Londres espionnaient depuis le parc. En 1820, elle tente un retour en Grande-Bretagne pour assister au couronnement mais elle est tenue à l'écart. Elle meurt en 1821 à Hammersmith et son banquier, le prince Torlonia, ne peut céder la villa à Vittoriana Pergami, la fille de l'amant en titre de Caroline, car les dettes se sont méchamment accumulées. Il en devient donc de droit le nouveau propriétaire mais son fils la vend au prince Domenico Orsini. Lui succède le Baron Ippolito Ciani, ancien aide de camp de Napoléon. Il va remodeler la villa et envisage de la transformer en hôtel. En 1856, il adjoint un nouvel édifice, le pavillon de la reine, hommage à la pauvre Caroline. Le projet avance mais, à partir de 1868, l'impératrice de Russie loue les lieux pour deux ans. Il faudra encore attendre un peu pour que l'endroit soit définitivement transformé en hôtel de haut vol et voie défiler dans une élégante théorie ininterrompue hommes politiques, acteurs et membres du gotha.

 

 
 © Frédéric Ducout

 

Depuis 1873, la villa d'Este s'est forgée une réputation envieuse et se classe parmi les plus beaux établissements au monde. On y organise des concours d'élégance et y être vu fait partie du must des must ! En 1926, un golf est mis à la disposition des clients qui, au fil du temps, peuvent profiter de courts de tennis, d'une piste de jogging, de deux piscines, l'une couverte quand le vent se lève sur les ondes lagunaires, l'autre sur lac, entourée d'une terrasse en bois où il fait bon se prélasser dans les transats professionnellement alignés. Une salle de fitness et un spa, inauguré en 1999, complètent les équipements sportifs. Enfin, trois restaurants, des salles de réunions et de multiples terrasses propices à la détente satisfont pleinement aux exigences des visiteurs les plus pointilleux. Quant aux chambres, au nombre de 166, 133 dans l'édifice principal, et 33 dans le pavillon de la reine, elles ont été repensées et tendue de tissus provenant des maisons Braquenié de Paris, Ratti et Mantero de Côme, Rubelli de Venise et Colefax and Fowler de Grande-Bretagne, avec mobilier coordonné. Une équipe de jardinier entretient avec fierté les beautés du parc où croissent cyprès, cèdres du Liban, pins maritimes, palmiers, peupliers, acacias, buis, myrtes ou platanes dont le plus vénérable a 600 ans !

 

 
 © Frédéric Ducout

 

Peu ont résisté aux charmes de la Villa d'Este et le registre des clients ressemblent à s'y méprendre au plus chic des bottins mondains. La reine Beatrix y est descendue en 1987, tout comme Rainier de Monaco, le roi Léopold III ou le duc et la duchesse de Windsor, des fidèles. Si Oscar de La Renta et Gianfranco Ferré représentent le monde de la mode, Mark Twain, Vladimir Nabokov, John Le Carré et Edith Wharton, l'univers littéraire, Igor Stravinsky, Giuseppe Verdi, Franz Liszt, Giacommo Puccini, la musique classique, Winston Churchill, la politique ou John Singer Sargent, les artistes peintres. Enfin, les chanteurs, acteurs et réalisateurs s'égrainent au gré d'une liste interminable. Jugez plutôt : Barbra Streisand, Alfred Hitchcock, Bette Davis, Sylvester Stallone, Ava Gardner, Frank Sinatra, Greta Garbo, Woody Allen, Marcello Mastroianni, Mel Gibson, Gary Cooper, Mia Farrow, Bing Crosby, Robin Williams, Madonna, Rita Hayworth, Orson Welles, Elizabeth Taylor, Arnold Schwarzenberg, Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Jane Russell, Donald Sutherland, Kirk Douglas, Rod Steiger, Kim Novak, Jane Wyman, Joan Fontaine, Zsa-Zsa Gabor, Mickey Rooney, Charlton Heston, Anthony Perkins, Sharon Stone, Liza Minnelli, Kenneth Branagh, Kylie Minogue, Julio Iglesias, Bruce Springsteen, Elton John, Rod Steward, Ricky Martin, Robert de Niro ou Clark Gable, une reconnaissance qui fait de la Villa d'Este l'un des hôtels les mieux fréquentés au monde !

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