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Christina de Suède raconte Drottningholm

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Christina de Suède raconte Drottningholm © Anna-Lena Ahlström Kungahuset

Soeur du roi Carl-Gustav de Suède, la princesse Christina a eu le privilège de vivre au palais de Drottningholm depuis sa plus tendre enfance. Dans un ouvrage abondamment illustré paru voici quelque temps, elle a longuement évoqué cet endroit d'exception à travers quantité de réminiscences inédites.

Si elle est née le 3 août 1943 au palais de Haga, résidence actuelle de la princesse héritière Victoria, Christina Louise Helena a six mois quand elle passe son premier Noël à Drottningholm, une tradition commencée sous le roi Oscar II et qui se perpétue encore aujourd'hui. Ses soeurs Margaretha, Birgitta et Désirée sont ravies de voir ainsi le cercle familial s'agrandir. Un fils aurait certes comblé leurs parents, le prince Gustave-Adolphe de Suède et la princesse Sybille de Saxe-Cobourg-Gotha, mais ils devront encore patienter trois ans pour que le souhait soit exaucé avec l'arrivée de Carl Gustav en 1946. La fratrie profite pleinement des jardins et l'hiver venu, quand la neige recouvre bosquets et buis taillés, les descentes en toboggan depuis la colline de Flore ont laissé des souvenirs impérissables.

 

 
 Le palais de Drottningholm © Ralf Turander

 

Très tôt, Christina a réalisé la chance incroyable de pouvoir vivre intimement dans un lieu que les touristes viennent découvrir du monde entier. Très vite, elle s'est intéressée à sa création et à son histoire, imaginant cette jeune princesse venue d'Allemagne qui acquiert un pavillon sans prétentions merveilleusement situé dans la banlieue de Stockholm. On y parvient très facilement en bateau et l'endroit séduit d'emblée Hedwige-Éléonore de Holstein-Gottorp choisie dans le riche vivier teuton pour épouser le roi Charles X de Suède.

La naissance de Drottningholm

Un incendie endommage le bâtiment d'origine et, ainsi aidée par la providence, elle peut laisser libre court à son ambition. L'idée de faire édifier un vaste palais prend forme. Elle n'a alors que 26 ans, est déjà veuve mais ne s'en laisse pas compter ! Quarante maçons et cent soldats appelés en renfort oeuvrent sans relâche sous la houlette de l'architecte Nicodemus Tessin si bien qu'en trois mois les murs du premier niveau sont levés durant l'été 1662. En automne de l'année suivante, la Reine peut déjà y séjourner sans que sa dignité soit compromise. Le toit définitif est d'ailleurs déjà en place. L'intérieur, par contre, demandera près de deux décennies, voire trois pour des pièces de bravoure comme le grand escalier, d'une richesse confondante. Cet espace d'accueil, conçu pour impressionner les visiteurs qui, après le hall sculpté, découvrent, ébaubis, tant de splendeurs, passionne Christina qui, enfant, s'assied ici pour explorer chaque recoin, chaque niche, chaque perspective.

 

 
 © Ralf Turander

 

Elle pense longtemps écrire sa thèse sur la peinture plafonnante qui couronne l'opulent décor du grand siècle mais le projet n'aboutira pas. La grille d'accès au chiffre d'Hedwige-Éléonore rappelle à propos qui fut à l'origine du Versailles suédois. Christina en a conscience à chacun de passage. Une autre souveraine marqua Drottningholm : la reine Louise-Ulrique. Cette dernière reçoit le palais en cadeau de noces de son beau-père le roi Frédéric Ier. Cette soeur de Frédéric II de Prusse, monarque éclairé, fait entrer les Lumières au palais en adjoignant une aile pour abriter la longue bibliothèque aux boiseries dorées. On y trouve aussi un cabinet des monnaies, un autre pour les minéraux. Le 24 juillet 1753, elle fonde à Drottningholm l'académie des lettres et le même jour reçoit en cadeau d'anniversaire le premier pavillon chinois érigé dans le parc. Enfin, le 9 juillet 1766, elle assiste à l'ouverture officielle du théâtre, l'un des plus complets parvenus jusqu'à nous. Christina passe volontiers dans la chambre d'apparat aménagée pour cette souveraine amie qui, comme elle, aime tant Drottningholm. Près de trente espèces de bois exotiques composent le parquet, c'est dire le goût exquis de Louise-Ulrique qui meurt en 1782. Quelques années auparavant, le 15 juin 1777 plus précisément, le roi Gustave III a racheté le palais à sa mère, criblée de dettes. La princesse Christina associe volontiers d'autres personnages au palais comme l'épouse du roi Oscar, Joséphine de Leuchtenberg, petite-fille de l'impératrice du même nom, première épouse de Napoléon. Autre femme de caractère, elle passait ses étés à Drottningholm et sut transmettre son goût pour ce lieu si spécial à son fils Gustave V qui naquit et mourut au palais.

 

 
 © Ralf Turander

 

Christina avait sept ans quand son arrière-grand-père disparait à l'âge de 92 ans. C'est lui qui préside à la rénovation en profondeur de l'édifice et fait installer l'électricité et le chauffage central, des améliorations appréciables, surtout durant les mois d'hiver. Á la Noël, toute sa descendance en file indienne recevait les présents sans emballage, étalés sur de grandes tables. Oncles et cousins avaient ensuite droit à l'incontournable cochon grillé qui effrayait passablement les plus jeunes. Son fils, Gustave-Adolphe initia la restauration des jardins baroques en 1961. Près de 800 boutures d'essences de Drottningholm, envoyées en Allemagne pour croître, furent replantées ici quelques années plus tard. On rénovera ensuite le deuxième pavillon chinois où le grand-père de la princesse aimait se ressourcer avec son épouse, Margaretha de Connaught. La pauvre qui mourut à 38 ans s'y adonnait à la peinture. Avec ses soeurs, Christina adorait cette construction exotique, l'une des premières en Europe, et utilisait sans fin l'artifice acoustique de la salle des murmures. Chaque parole prononcée dans un coin parvenait, parfaitement audible, à l'interlocuteur positionné dans le coin opposé sans que les autres comprennent quoique ce soit...un vrai plaisir !

Mariages et baptêmes

En 1973, la princesse prend son courage à deux mains et visite son grand-père. Voici 12 ans qu'elle a rencontré l'homme de sa vie et il lui tarde de convoler à bientôt trente ans. Le souverain qui sent sa fin proche lui demande de patienter et meurt six mois plus tard. Son frère Carl-Gustav accède au trône et s'empresse de lui donner sa bénédiction.

 

 
 La princesse Christina et son époux, Ted Magnuson © Droits réservés

 

Christina Bernadotte qui vivait alors seule à Drottningholm épouse donc au palais le 15 juin 1974, Tord Magnuson, son compatriote. Trois fils naîtront de cette union : Carl Gustav, Tord et Victor. Ils seront, comme de bien entendu, baptisés dans la chapelle de Drottningholm. Les festivités du mariage du roi Carl-Gustav se déroulèrent également au palais, comme celles organisées pour le prince Bertil en 1976, ou plus récemment les noces de la princesse Madeleine, filleule de la princesse Christina. Car la nouvelle génération s'est attachée au lieu depuis que Carl-Gustav et Silvia sont venus s'installer de façon permanente le 17 novembre 1981 après quelques aménagements nécessaires. Et Christina d'espérer que longtemps encore l'histoire des Bernadotte restera liée à celle d'un palais qui sert de résidence familiale depuis plus de 350 ans !

 

 
 Le mariage de la princesse Madeleine à Drottningholm © Droits réservés

 

La Princesse qui mène une vie discrète est restée très proche de son frère et assiste à tous les événements significatifs du calendrier officiel comme les Prix Nobel, et ce en dépit d'une leucémie chronique qui a été diagnostiquée en 2016. Vivre dans un site classé Patrimoine mondial de l'Unesco n'est certes pas chose banale et à travers son livre qui, elle le proclame volontiers, n'est ni un ouvrage pointu d'architecture ou de pure histoire, souhaitait plutôt livrer ses coups de coeur, ses souvenirs et ses impressions en coulisses.

 

Rédigé par Christophe Vachaudez

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