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Karim Aga Khan IV, l'année du jubilé

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
4 avis
Karim Aga Khan IV, l'année du jubilé © DR

Chef spirituel de la communauté ismaélienne, l'Aga Khan chemine dans l'année de son jubilé de diamant qui a été célébré récemment par un grand dîner à Rideau Hall, la réidence du gouverneur général du Canada. Mécène et investisseur averti, il s'est aussi imposé sur la scène internationale comme un promoteur du dialogue interculturel, tentant de jeter des ponts entre les peuples par le biais de l'aide à autrui et d'une meilleure diffusion de la culture.

Cité par le magazine Forbes comme l'un des hommes les plus riches et les plus influents au monde, l'Aga Khan a la particularité de ne pas régner sur un territoire puisque les Ismaéliens d'obédience nizarite qui reconnaissent l'autorité de ce descendant du prophète se rencontrent aussi bien en Afghanistan qu'au Pakistan, en Syrie, au Yémen, au Tadjikistan ou en Inde. Très estimé par la classe dirigeante, il est reçu en égal par ses pairs qui font confiance à ses talents de diplomate et à l'efficacité de son réseau personnel qui s'est tissé sur toute la planète. En interlocuteur privilégié, il a donc participé au récent sommet dédié à l'Afghanistan qui s'est déroulé à Bruxelles en novembre 2016 comme il a initié des levées de fonds pour les réfugiés syriens.

 

 
 L'Aga Khan au Tadjikistan © DR

 

Capitaliste pour les uns, bienfaiteur pour les autres, l'Aga Khan jouit d'un respect unanime mais il est évident que sa fortune a toujours suscité rancoeur et jalousie. Elle est bien lointaine l'époque où son grand-père Muhammad Shah recevait, lors d'une cérémonie mémorable, dans un stade plein à craquer, son poids en or (1936), en diamants (1946) ou en platine (1954). De cet aïeul qui servit la cause alliée durant la première guerre mondiale et fut instrumental dans la création du Pakistan mais également dans celle de la Société des Nations, Karim a hérité le goût de la philanthropie et l'intérêt marqué pour la politique.

Jeune imam de vingt ans

Fils du prince Aly Khan et de l'Honorable Joan Barbara Yarde-Buller, elle-même fille du troisième baron Churston, l'actuel Aga Khan naît à Genève le 13 décembre 1936 et passe son enfance à Nairobi, au Kenya. En 1949, son père dont la vie volage fait la une des quotidiens divorce pour épouser l'actrice Rita Hayworth. Il mourra dans un accident de voiture en 1960. Relativement épargné, Karim intègre le collège du Rosey puis l'université d'Harvard où il étudie l'histoire. C'est durant son cursus qu'il devient le 49e imam, au décès de son grand-père en 1957; ce qui ne l'empêche pas quelques années plus tard de représenter l'Iran aux Jeux Olympiques de 1964 pour le ski.

 

 
 © DR

 

Séduisant célibataire, le Prince est un parti très convoité. Il succombe finalement à la beauté d'un mannequin britannique, Sarah Frances Croker-Poole, qui, le 22 octobre 1969, devient la Begum Salimah. Les deux jeunes gens forment un couple mythique, très prisé de la jet-set et des réceptions parisiennes. Karim couvre son épouse de bijoux et les joailliers Boucheron, Cartier et Van Cleef and Arpels apprécient hautement ses visites.

Passionné de chevaux, l'Aga Khan a acquis le domaine d'Aiglemont à Gouvieux, à quelques kilomètres du champs de course de Chantilly. Il y réside mais surtout y développe une prestigieuse écurie dont les fleurons concourent dans les plus grandes compétitions. Propriétaire de haras à Kilcullen en Irlande, à Mesnil-Mauger, à Livarot et à Pont d'Ouilly dans le Calvados, il est, à ce jour, le recordman des victoires au renommé Prix de Diane.

 

 
© DR

 

En 2016, il a remporté le Derby d'Epsom comme le Derby Irlandais, un doublé que lui envie la reine Elizabeth dont l'Aga Khan est très proche. La souveraine lui a d'ailleurs conféré le prédicat d'altesse en 1957, commué en altesse royale par le Shah d'Iran en 1959. Parallèlement, Karim tombe sous le charme de la Sardaigne où mouille son luxueux bateau, l'Alamshar. Il investit dans l'immobilier à Porto Cervo et Porto Rotondo, fondant même un yacht club. Son porte-feuille se compose ainsi d'hôtels de luxe aussi bien sur l'île que dans la péninsule italienne, en Afrique et en Asie. 

 

 
 © DR

 

Il dispose aussi d'une île privée dans les Bahamas, de terres en Égypte où son grand-père est enterré, et de nombreux pieds à terre qu'il rallie grâce à l'un de ses deux avions. En 1969, cependant, il a légué au gouvernement indien le palais qu'il possédait à Pune.Karim et Salimah auront trois enfants : Zara qui naît le 18 septembre 1970, Rahim, le 12 octobre 1971, et Hussain, le 10 avril 1974. Après 25 ans de mariage, le couple divorce, triste épilogue à un roman d'amour qui fit vibrer toute une époque. Contre toute attente, l'Aga Khan épouse en 1998 Gabriele Renate Homey, une brillante spécialiste en droit international, adepte de la chirurgie esthétique, qui a déjà pris dans ses filets le prince Karl de Leiningen. Elle négociera elle-même son divorce qui est prononcé en 2014. Un fils, le prince Aly, est né de cette union le 7 mars 2000.

 

 
L'Aga Khan avec son fils Rahim © DR

 

Philanthrope de haut vol

Mais la réalisation majeure du prince Karim est assurément l'Aga Khan Development Network qui brasse annuellement près de 800 millions de dollars à des fins caritatives. Doté de 200 antennes, le réseau emploie 80.000 personnes et bénéficie de l'aide de nombreux volontaires. Il agit de façon significative dans plus de 35 pays, parmi les plus démunis de la planète, avec comme but majeur, la lutte contre la pauvreté.

Ainsi, au niveau économique, il promeut le tourisme et les industries indigènes tout en pratiquant la microfinance. Dans les zones rurales, il travaille à l'autosuffisance des populations en restaurant des infrastructures telles que ponts, canaux d'irrigation, routes, stations de pompage ou centrales électriques. L'institution encourage les plantations d'arbres et l'utilisation d'énergies propres. Le prince Rahim a d'ailleurs ratifié la charte du climat à Marrakech en 2016.

 

 
 © DR

 

Dans le domaine de la santé et de l'éducation, elle a permis la construction d'hôpitaux, de centres médicaux et d'orphelinats, apportant un soutien immédiat aux victimes des catastrophes humanitaires. Elle favorise l'accès à l'éducation aux femmes, a mis en place des écoles et a créé l'Aga Khan University qui s'adresse d'abord aux Ismaéliens mais également aux autres communautés.

Le volet culturel comprend la mise en valeur du patrimoine qui passe par la rénovation de sites menacés, comme la grande mosquée de Mopti au Mali ou les monuments bombardés de Mostar en Bosnie, la préservation des forts de Hunza et Baltistan au Pakistan ou la création de jardins au Caire, à la place d'une décharge à ciel ouvert.

 

 
© DR

 

L'Aga Khan est très actif dans les milieux universitaires et donne régulièrement des conférences pour sensibiliser les étudiants, ce qui lui a valu pas moins de dix diplômes Honoris Causa. Il a également reçu près de soixante prix qui couronnent les réalisations de son institution mais aussi des initiatives personnelles comme la création, en 1977, des désormais célèbres prix Aga Khan pour l'architecture, doté de dix millions de dollars, ou l'édification d'un somptueux musée d'art islamique à Toronto qui présente les collections familiales de manuscrits, de céramiques, d'instruments scientifiques et d'objets d'arts. Récemment, il a pris en charge la restauration du château de Chantilly dont il est familier depuis tant d'années. Soutenu par ses enfants, l'Aga Khan sillonne le monde, multipliant les actions humanitaires sans renoncer pour autant à sa passion pour les courses, une existence toute en nuances mais au service des autres.

Rédigé par Christophe Vachaudez

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