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Jérôme de Witt, le comte horloger

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Jérôme de Witt, le comte horloger © DeWitt Watches

Descendant du roi Jérôme de Westphalie, un frère de Napoléon, et du roi Léopold II, par sa fille Clémentine, le comte Jérôme de Witt a sans doute hérité de ses ancêtres cette exigence et cette pugnacité qui lui ont tant servi pour investir avec panache le monde horloger.

Avec le soutien indéfectible de son épouse et ses aptitudes étonnantes dans l'art d'améliorer les mécanismes, il s'est imposé en quelques années, brevetant près de 80 inventions. Estimé des grandes maisons, il propose à un public en quête de nouveautés des montres reflétant cette quête de l'excellence qui anime sa curiosité naturelle et ses recherches, un enthousiasme qu'il a su communiquer aux artisans de sa manufacture. Dans un entretien accordé à L'Eventail, le comte Jérôme détaille ses motivations et revient sur la belle aventure des montres DeWitt.

 

Le prince Albert de Monaco entouré du comte et de la comtesse Jérome de Witt © DR

 

L'Eventail - Monsieur, est-ce votre passion pour la mécanique qui vous a conduit à l'horlogerie ?

Comte Jérome de Witt - En fait, j'ai trois passions : la musique, les mathématiques et la mécanique. Si vous regardez une partition, il suffit de bien placer les notes et de pouvoir les lire pour lui donner un sens. Les mathématiques découlent eux d'agencements de chiffres à maîtriser. La mécanique, c'est un peu la même chose. Elle dépend du nombre de dents qui tournent et qui changent de sens. Elle est liée un peu à la géométrie mais surtout à la mathématique. Je m'intéresse tout autant à la mécanique d'un bateau, d'une voiture qu'à celle de toute autre machine. Je veux comprendre les fonctionnements et c'est une des raisons pour lesquelles je collectionne les outils qui sont le reflet de l'homme, de son intelligence et de sa créativité. Je me suis aperçu que la plupart des outils un peu sophistiqués avait été créé pour solutionner un problème. Ceux qui sont exposés reflètent le respect pour le métier, comme les racines de l'expérience que j'ai acquise.

 

 
L'Academia Skeleton de la maison DeWitt © DeWitt Watches

 

- Comment cette aventure a-t-elle commencé ?

- J'ai débuté dans l'horlogerie en m'associant à quelqu'un qui devait me faire profiter de son expérience. Il faut toujours tolérer sa méconnaissance et essayer d'apprendre pour aller plus loin. Ne pas vouloir évoluer équivaut à un statisme fatal. Nos chemins se sont finalement séparés et je me suis retrouvé avec deux horlogers qui m'ont encouragé à dessiner ce que je souhaitais. Ils se chargeraient de l'exécuter et j'y apposerai mon nom. Non seulement, je n'avais jamais dessiné mais utiliser mon nom constituait un sérieux antagonisme avec tous les principes éducatifs que j'avais reçus. J'ai pourtant relevé le défi. Nous étions en janvier 2003 et je désirais des montres pour la foire de Bâle, en mars. Nous nous sommes installés dans une maison de village et nous avons produit les premières pièces, à partir de mécanismes que j'avais dessinés. Aucune ne fut vendue dans l'immédiat, ce qui me rendit plutôt perplexe mais à partir du mois de juin, le téléphone commença à sonner et les choses prirent un nouveau départ.

 

Le comte et la comtesse de Witt et Raphaël Domjan, fondateur de Solar Planet © DR

 

- Quelle pourrait être la philosophie des montres DeWitt ?

- Que rien n'est impossible. Mon père dont la famille s'était autrefois exilée en Russie, avait dû fuir la révolution pour se retrouver en France. Il m'a appris que l'on peut tout posséder et tout perdre du jour au lendemain. Il faut savoir l'accepter. J'ai créé cette entreprise en ne connaissant rien à l'horlogerie, ce qui finalement fut ma force. Je voyais les choses de l'extérieur sans idée préconçue, et quand le mécanisme d'une machine m'inspirait, j'avais envie de le réduire pour l'appliquer aux montres. Grâce à ces initiatives que d'autres auraient pu trouver incongrues, nous avons obtenu près de 80 brevets sur une période très courte. Le plus étonnant, c'est de réaliser que personne n'y avait songé auparavant ! Nous avons ainsi remporté le Grand prix de l'Innovation en horlogerie en 2005. J'avais simplement pensé à appliquer le principe du différentiel d'une voiture au besoin des rouages d'une montre ! Aujourd'hui, toutes les marques de qualité l'ont adopté. De même, en observant deux coupeuses de bois au travail, j'ai remarqué que l'une peinait alors que l'autre sciait avec la même énergie. Cela m'a donné l'idée d'introduire en horlogerie le principe de la force constante. Au départ, les ingénieurs ont prétendu que c'était impossible et nous y sommes tout de même parvenus. Cette curiosité et cette volonté d'aller plus loin nous caractérisent. Les grandes maisons nous ont d'ailleurs très vite acceptés et la Fondation de la Haute Horlogerie nous a intégrés dans sa sélection de trente marques. Fiers certes mais aucunement prétentieux car la qualité est bien le standard minimum que nous pouvons offrir. Il faut viser la perfection !

 

 
L'Academia dans sa configuration 2019 © DeWitt Watches © DeWitt Watches

 

- Pourquoi avoir éprouvé récemment le besoin d'associer vos créations à vos ancêtres ?

- Ce que j'aime avant tout, c'est l'aspect mécanique, le challenge de la perfection, la recherche de la pérennité. Je n'ai pas besoin, eu égard à l'éducation que j'ai reçue, d'utiliser mes origines. Quand mon épouse Viviane a intégré la société en 2012, elle nous a apporté son expérience et elle a pensé qu'il n'y avait aucune raison de ne pas faire connaître ma filiation et mon passé. J'ai pu constater que ma parenté avec Napoléon m'a ouvert certaines portes en Chine, par exemple. Elle a aussi eu l'idée d'acheter des objets contenant des cheveux de l'empereur lors de la vente des collections monégasques. Les cheveux ont été découpés et insérés dans une montre qui contient donc l'ADN de Napoléon, une rareté pour les collectionneurs. Pour ma part, je souhaite amener une sensation de découvertes, insuffler la vie à nos créations grâce à des techniques anciennes comme le martelage ou le guillochage qui font vibrer une montre en accrochant la lumière. Si le passé est un acquis, il faut se montrer à la hauteur, apporter quelque chose de singulier. Cette volonté de perfection, c'est un peu l'héritage de mes parents.

 

- Pourriez-vous nous parler de certaines de vos créations ?

- Je demeure attaché à la première qui est l'Academia, dont le cadran cranté et la silhouette robuste lui donnent un aspect très masculin, comme sa section d'ailleurs, scandée de colonnes, et puis la Mathematical, sortie de nos ateliers en 2015. Je souhaitais créer une montre sans le traditionnel axe central avec aiguilles que l'on retrouve partout. J'ai donc fait regrouper tous les chiffres nécessaires pour marquer l'heure avec un affichage par système de rotation. Il fallait donc trouver une solution pour augmenter la vitesse de rotation en y apportant plus de souplesse. J'ai étudié par comparaison et j'ai pu trouver une solution. Nous avions aussi sorti en cinq exemplaires une montre tourbillon à répétition assez exceptionnelle dotée de quatorze fonctions, chronographe, rattrapante et bi-rétrograde à la fois avec un quantième perpétuel.

 

 

La plupart de nos montres comptent 450 pièces. Un cadran peut se composer de 60 pièces différentes. Pour certains modèles, on peut monter à 700 pièces. Une de nos montres a même dépassé les 1000 éléments ! Nos ateliers sont autosuffisants et nous fabriquons tout en interne, une vraie force ! Chez nous, l'artisan est responsable de toutes les étapes de sa montre en travaillant avec les pièces du cadran ou du boîtier ouvrées par nos ouvriers spécialisés. Il signe sa montre, un détail gratifiant qui lui montre le respect que nous avons pour son travail.

Rédigé par Christophe Vachaudez

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