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Des bijoux d'une autre espèce...

  • Rédigé par Marion Cambier
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Une empreinte viscérale règne sur l'univers créatif d'Espèces. Ici, on voit le collier en argent Vulpes vulpes, 2660€ Une empreinte viscérale règne sur l'univers créatif d'Espèces. Ici, on voit le collier en argent Vulpes vulpes, 2660€ © Laetitia Bica

Sébastien Lacomblez et Marie Artamonoff forment un couple de créateurs d'une autre espèce ! Expérimentation, innovation, dépassement sont autant de mots qui définissent le processus de recherche et de création de la marque Espèces – au sens d'identité – car Sébastien et Marie affirment une certaine indépendance face à la logique commerciale de masse.

Espèces ce sont des créateurs nourris de leurs créations, elles-mêmes empruntes de leurs personnalités et de leurs formations personnelles: un cursus en arts plastiques avec une spécialisation en art digital à Mons, pour Sébastien, et, la bijouterie à Namur pour Marie. Une complémentarité intéressante, perceptible dans leurs bijoux et leurs actuelles perspectives dans le prêt-à-porter (que nous ne manquerons pas de vous présenter à l'automne prochain, ndlr) Ce qui est acquis techniquement dans un domaine est transposé dans l'autre, et influence le choix d'une certaine esthétique.


A l'origine ? en 2011, Marie offre un crâne à Sébastien pour son anniversaire, c'est à partir d'un moulage de la mâchoire, ensuite coulé en argent. Une première esquisse qui précède le lancement du projet en 2013, avec un développement au niveau international, tandis que la production se fait en Belgique, en partenariat direct avec les fournisseurs et les artisans.
L'intérêt porté aux sciences du vivant apparaît comme le leitmotiv du processus créatif. Les os obligent à un dépassement en dehors de soi, devenus des objets de l'étrangeté, qui défient les notions de temps et mortalité. Désacralisées, les pièces s'apprivoisent par la proximité entre le métal et la peau, entre une machoire de chevreuil et le cou. Le bijou, au-delà du simple artefact, dialogue avec le corps, en son dehors, glissant sur la peau et trouvant sa juste place sur la chaire, entre les os du dessous. La forme ergonomique de l'objet transcende le statut de « collier » tout en permettant l'abandon de la chaîne, devenue alors superficielle.

 

Conus textile, inspiration pour le design textile à venir...  et Capreolus Capreolus, autre collier en argent, 1680€. La nature reprend ses droits... © Espèces


Sur un marché saturé, Espèces a fait le choix de se distinguer, leurs réalisations atypiques induisent une forme d'exclusivité. La dite « petite structure » a fait le choix de se développer dans un premier temps à l'international, multipliant ses points de vente – notamment à Amsterdam, New-York, Paris, Berlin, Abu Dhabi, etc. – pour acquérir la légitimité nécessaire à présenter ses collections entre les murs de la boutique renommée Stijl, rue Antoine Dansaert.


Quelles perspectives ? Une présentation exclusive de prototypes à la Fashion Week de Paris, annonçant le lancement de la collection de prêt-à-porter pour la nouvelle saison 2015. Ces nouveautés s'inspirent de motifs présents dans la nature, et notamment la manière dont ils sont générés. Le Conus textile – aussi appelé La toison d'or – est un coquillage venimeux dont les motifs s'apparentent à des automates cellulaires – des objets mathématiques, évoluant par étapes selon des règles simples, en imitant d'une certaine manière les capacités auto-reproductrices des êtres vivants. Un automate cellulaire s'apparente à une grille dont les cases sont appelées « cellules » et représentent plusieurs états, le plus souvent deux, mort ou vivant.


Des perspectives plus qu'intrigantes, voilà de quoi susciter notre intérêt ! Nous allons garder Sébastien et Marie à l'œil...

 

www.especes-especes.com

Rédigé par Marion Cambier

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