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Marie-Thérèse de Bourbon, un militantisme royal

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Marie-Thérèse de Bourbon, un militantisme royal © Christophe Vachaudez

Rares sont les princesses qui font l'objet d'un article dans Libération (lire ICI). Marie-Thérèse de Bourbon-Parme a pourtant eu cet honneur qui n'est en rien usurpé. Altesse royale au parcours atypique, elle s'intéresse depuis toujours à la sociologie des peuples et continue un combat idéologique qui en fait un électron libre et attachant du gotha.

Nièce de la dernière impératrice d'Autriche, Zita, qui fut aussi sa marraine, et de la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, familière de la reine Juliana des Pays-Bas et de la reine Elisabeth de Belgique, la Princesse a rencontré Yasser Arafat ou Hugo Chavez, a conversé avec François Mitterand ou encore André Malraux. Son père François-Xavier est pressenti en 1936 pour défendre le Carlisme, mouvement né en 1833 alors que la reine Isabelle II monte sur le trône au détriment de son oncle Charles. Après la Seconde guerre mondiale, elle devient, avec deux de ses soeurs et son frère aîné, Charles-Hugues, une militante engagée, ce qui lui vaut d'être persona non grata en Espagne durant le régime de Franco. Témoin d'une époque chahutée, elle a partagé sa vie entre la France, la Belgique et la péninsule ibérique et détient un doctorat en sciences hispaniques à la Sorbonne, puis un doctorat en sociologie à Madrid. Suite à la sortie de son dernier livre en juillet 2014 éditions Michel de Maule, la Princesse s'était confiée à L'Eventail.

 

L'Eventail - Madame, pourquoi avoir écrit ce livre sur le Carlisme ?

Marie-Thérèse de Bourbon Parme - A travers le Carlisme, j'ai essayé d'évoquer la problématique de l'Espagne et au sens plus large celle de l'Europe. Nous avons été très impliqués, mon frère Charles-Hugues, mes soeurs Cécile et Marie-des-Neiges, dans la renaissance de ce mouvement que j'hésite à appeler "parti" car c'est un mot qui ne convient pas tout-à-fait. Si on le désigne de la sorte, il est très vieux car il remonte à 1833. Depuis sa création, il a défendu avec constance certaines revendications. Le mouvement existe toujours en tant que parti mais quand mon frère a succédé à mon père et a été considéré comme roi légitime, nous avons bien entendu du le quitter. Aujourd'hui, c'est mon neveu Charles-Xavier qui incarne la continuité. Il a d'ailleurs rédigé un document quand le roi Juan-Carlos a abdiqué, pas une critique mais plutôt une proposition de solution à l'attente de la société espagnole.

- Au départ, il semble que la naissance du Carlisme ne découle pas uniquement d'un problème successoral. Qu'en est-il ?

- C'est tout-à-fait vrai. A l'époque, Ferdinand VII a certes violé la loi semi-salique mais en réalité, le Carlisme était un mouvement populaire qui défendait les fueros, en quelque sorte les droits de chaque région. L'Espagne est composée d'entités très différentes que nous traduisons par "les Espagne". Nous avons toujours été critiqué pour l'emploi de ce terme et maintenant, il est utilisé par certains leaders politiques actuels. Cette autonomie régionale a brièvement existé quand un état dirigé par Charles VII a vu le jour dans le Nord de l'Espagne, un état avec douanes et frontières reconnu par les puissances étrangères. Si ce schéma avait perduré, jamais la Catalogne n'aurait voulu se séparer du reste de l'Espagne. Le Carlisme estime aussi que le roi doit respecter un pacte social qui le lie à son peuple, ce qui ne fut malheureusement jamais le cas car la monarchie en place s'est liée aux grands propriétaires terriens et à une église très hiérarchisée. Si le Carlisme se réclame du Christianisme, il n'est aucunement inféodé à l'église. C'est un malheur pour un parti de s'unir l'église.

 

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© Abada

 

- Pourquoi la succession du parti échoit-elle finalement à votre père ?

- L'oncle Jaime est mort sans enfants, tout comme son successeur, son oncle Don Carlos. C'est lui qui choisira mon père, sans doute en raison de sa force de caractère et de son honnêteté intellectuelle, mais aussi parce qu'il représente la légitimité. Je pense que tous ceux qui l'ont connu ont été captivés par son rayonnement, son extrême bonté et son ouverture d'esprit. Ne pensait-il pas, voici cinquante ans, que le mariage étant un sacrement, tout comme la prêtrise, l'un et l'autre n'étaient pas incompatibles ! Son internement au camp de Dachau fut une épreuve pour nous tous. Il était très proche de sa cousine, la reine Elisabeth.

 

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© Droits réservés

 

- Vous avez donc connu la reine Elisabeth ?

- Bien entendu! Elle était vraiment une femme libre avec une intuition très forte du futur. Elle n'a pas hésité à nous aider afin de faire libérer des prisonniers en Espagne. Quand nous allions la voir, elle scrutait toujours notre profil avec son regard de sculpteur. Elle voyait souvent mon père pendant la guerre et un jour, alors qu'il avait contracté la grippe espagnole, elle s'est rendue à son chevet faisant fi de la contagion et l'a forcé à avaler toute une bouteille de champagne. Mon père qui ne buvait jamais transpira toute la nuit et était guéri le lendemain!

- L'arrivée de votre frère à la tête du carlisme ne provoque-t-elle pas un regain d'intérêt pour le mouvement ? 

- Il s'agissait d'une promesse d'avenir et quand le régime a constaté que les propositions démocratiques de mon frère pouvaient être dangereuses, ils ont tout fait pour le contrer et l'ont expulsé à plusieurs reprises. Son mariage avec la princesse Irène des Pays-Bas a de nouveau braqué les projecteurs sur le Carlisme. Elle s'est beaucoup investie dans ce combat. Elle avait choisi de porter le béret blanc. Leurs enfants continuent à défendre les valeurs qui étaient chères à mon frère, ils sont merveilleux.

- Pourquoi avoir voulu rencontrer Yasser Arafat et Hugo Chavez?

- Je suis très attentive à la lutte du peuple palestinien et j'ai trouvé en Arafat un homme prêt au consensus. Il est étonnant que le peuple juif qui est si intelligent permette à sa classe politique de continuer les massacres de Gaza même si le Hamas a sa part de responsabilité mais sans reconnaissance, on ne peut avancer ! Hugo Chavez nous a reçu un jour à 23h30 durant trois heures autour d'un bon repas. C'était un homme très profond, pas du tout hystrionique comme il apparaissait en public. Il voulait vraiment le bien de son peuple et a beaucoup oeuvré dans ce sens même si il a fait des erreurs. Il voulait l'unité de l'Amérique latine, à la manière bolivarienne, car il pensait que c'était la seule solution pour faire face à l'Amérique du Nord.

 

Rédigé par Christophe Vachaudez

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