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En direct de Cannes : what a wonderful cinema

  • Rédigé par Corinne Le Brun
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En direct de Cannes : what a wonderful cinema © Catarina+Perusseau/Allpix/Photo News

En décernant à l'unanimité la Palme d'or au film sud-coréen Parasite, le Grand Prix à Mati Diop et le prix de la mise en scène aux frères Dardenne, le 72e Festival de Cannes reste fidèle à sa réputation: un palmarès ouvert sur le monde et politique.

Le lauréat de la Palme d'or Bong Joon-Ho a lui-même donné à son film une dimension politique, la lutte des classes, en recevant son prix à Cannes : « On vit dans une société où le fossé entre les riches et les pauvres devient sans cesse plus prononcé. Et ce qui me rend le plus triste, c'est qu'il s'agit d'un problème qui ne sera jamais résolu de mon vivant », avoue ce bientôt quinquagénaire. Très sombre, teinté d'un humour noir jouissif, Parasite brille par sa mise en scène spectaculaire et l'inventivité de son scénario.

 

Bong Joon-ho et Kang-ho Song (Palme d'Or pour le film Parasite) © Borde-Jacovides-Moreau/Bestimage/Photo News

 

A Séoul, le jeune Ki-Woo vit avec sa sœur et ses parents dans un infâme gourbis en sous-sol, où il faut grimper sur la cuvette des WC pour capter le Wi-fi. Lorsqu'il décroche un job de prof particulier auprès de la fille du riche Mr. Park, cette famille entrevoit la possibilité de se hisser sur l'échelle sociale. Jusqu'où, comment et à quel prix, c'est tout le sel de ce savoureux film dont la dimension sociétale, omniprésente dans l'œuvre de l'auteur de The Host et Okja, n'a jamais paru plus convaincante.

 

 

Les frères Dardenne récompensés

Bouleversants, Les misérables de Ladji Ly et Bacurau de Juliano Dornelles et Kleber Mendonça, prix du jury ex-aequo, nous plongent dans le quotidien de la BAC de Montfermeil, confrontée aux violences du quartier et la survie d'un village brésilien disparu de la carte...

 

Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne , Prix de la mise en scène pour Le jeune Ahmed © Chassery+Courdji/Kcs Presse/Photo News

 


Belle surprise belge : Jean-Pierre et Luc Dardenne, deux fois Palme d'or, ont reçu des mains de Viggo Mortensen le Prix de la mise en scène pour Le jeune Ahmed (retrouvez leur interview sur Eventail.be ici). Récompense qu'ils n'avaient encore jamais eue à Cannes. Nouvel honneur à la Belgique avec la Caméra d'or décernée à Nuestras Madre réalisé par César Diaz (présenté à La Semaine de la Critique). Ce film succède à Girl de Lukas Dhont, lauréat de l'année dernière.

 

 

Pas de Tarantino, pas de Bellocchio, pas de Malick ni même de Dolan au palmarès. Les cinéastes vedettes sont au tapis. La victoire revient toutefois à l'Espagne. Antonio Banderas repart avec le prix d'interprétation masculine dans Dolor y gloria d'Almodovar. Très heureux, tout aussi ému, l'acteur fétiche du réalisateur dédie son trophée à « son mentor »: « Pedro m'a tellement donné. Je l'aime, je le respecte. Nous avons fait huit films ensemble. Je peux le dire : Salvador Mallo, c'est Almodovar ». Le réalisateur et l'acteur, unis par récompense sur la Croisette, sous le regard bienveillant d'Agnès Varda. Emily Beecham se voit décerner le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans Little Joe, film d'anticipation réalisé par l'Autrichienne Jessica Hausner. Quant au prix du meilleur scénario, il revient à Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu.

 

Antonio Banderas Prix d'interprétation masculine © Jacovides-Borde-Moreau/Bestimage/Photo News 


C'est sans doute la quinzaine préférée des cinéphiles. La plus glamour et plus controversée aussi. Cannes, c'est son tapis rouge, immortalisé par une armada de photographes à l'affût d'un look extravagant, d'un sourire ravageur, d'un baiser fugace... Cannes, c'est aussi la promesse d'une grappe de polémiques. Dès les premiers jours avec la pétition lancée par une association féministe contre Alain Delon. Pschitt. La star Delon est repartie avec sa Palme d'or d'honneur, la tête haute, la joie dans les yeux, aux bras de sa fille Anouchka Delon.

La philosophie des fesses d'Abdellatif Kekiche a divisé la Croisette. Mektoub, my love : Intermezzo, sans générique, non terminé et sans Palme d'or, a remporté celle du scandale.

 


Deux jours après la projection officielle de Once Upon a Time in Hollywood, Emmanuelle Seigner, l'épouse de Roman Polanski, accuse Quentin Tarantino de « piétiner » la vie de son mari et de son ancienne compagne, Sharon Tate, assassinée en 1969 par la secte de Charles Manson. Le cinéaste n'a pas réagi mais la veille, en conférence de presse, il avait expliqué ne s'être jamais entretenu de son film avec l'auteur de « Rosemary's Baby ».

 

Mati Diop, lauréate du Grand Prix pour le film Atlantique © Chassery+Courdji/Kcs Presse/Photo New 

 

Trêve de polémiques, l'art ne s'explique pas. L'art se vit. De cette édition on retiendra des images magiques: Jean-Louis Trintignant soutenu par Anouk Aimée sur la montée des marches pour la présentation de Les plus belles années d'une vie de Claude Lelouch, Leonardo DiCaprio un rien solennel entre Once Upon a Time in Hollywood et son documentaire Avant le déluge, Terrence Malick en chair et en os au milieu des spectateurs lors de la projection de son éblouissant A Hidden Life (Prix des Cinémas Art et Essai et Prix Oecuménique).

 

Catherine Deneuve a remis la Palme d'or © Alberto Terenghi/Cannes2019/Ip/Empics Entertainment/Photo News

 

La présence élégantissime de Catherine Deneuve remettant la Palme d'or à Bong Joon- Ho, la grâce de Fanny Ardant venue s'amuser avec La Belle époque de Nicolas Bedos, le regard d'enfant de Daniel Auteuil... déjà, des souvenirs en pagaille. La 72e édition s'est révélée remarquable, aimantée par une compétition de haut vol, féroce, lumineuse, à l'opposé du ciel obstinément gris au-dessus de Cannes. Des nouveaux venus audacieux ont croisé le fer aux habitués de Cannes voire aux vétérans du 7e art. Les uns et les autres ont été récompensés. Au final, des films, d'une excellente cuvée, qu'on pourra découvrir dans les salles. Le désir de cinéma est bien vivant.

Rédigé par Corinne Le Brun

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