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Cannes, anyway !

  • Rédigé par Corinne Le Brun
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Cannes, anyway ! © DR

Cannes ou pas Cannes ? Alors que de nombreuses manifestations culturelles ont été annulées, pandémie de coronavirus oblige, les organisateurs du rendez-vous cannois ont, dès mi-mars, soutenu mordicus que le Festival de Cannes 2020 devait exister, "coûte que coûte". Après de longs mois d'attente sur la forme que pourrait la 73e édition, Thierry Frémaux, son Délégué général et Pierre Lescure, son président, ont dévoilé la sélection officielle.

Au total, 56 films composent cette sélection officielle exceptionnelle qui aurait pu être sur la Croisette cette année. Les films ne sont pas répartis comme d'habitude en sections telles que Un certain regard, La Quinzaine des réalisateurs, Séances spéciales,...1

 

 

Parmi les fidèles et les ténors : le très attendu The French Dispatch de Wes Anderson (avec Bill Murray, Tilda Swinton et Timothée Chalamet), Eté 85 de François Ozon, Aza Ga Kuru (True Mothers) de Naomi Kawase ou encore deux longs métrages (!) du réalisateur oscarisé Steve McQueen, Lovers Rock et Mangrove. Chaque film raconte une histoire différente, se déroulant au sein de la communauté antillaise de Londres des années 60 au milieu des années 80, dont la vie a été façonnée par leur propre volonté malgré un racisme et une discrimination endémiques.

 

 

Certains films, attendus en sélection, sont « absents car leurs auteurs et producteurs ont choisi de repousser leur sortie à l'hiver ou au printemps 2021 » a expliqué Thierry Frémaux. C'est le cas de Benedetta de Paul Verhoeven. D'autres comme Three stories de Nanni Moretti, seront tentés d'aller à Venise, si la Mostra a bien lieu.

Le Festival a retenu aussi cinq comédies, parmi elles, Les Deux Alfred de Bruno Podalydès, L'origine du monde de Laurent Lafitte, ou encore Un Triomphe d'Emmanuel Courcol, un feel good movie avec Kad Merad. Plusieurs films sélectionnés sont réalisés par des acteurs qui passent derrière la caméra, comme Falling de Viggo Mortensen ou Ibrahim de Samir Guesmi

Made in Belgium !

La sélection de Des hommes signe le retour de Lucas Belvaux au festival, quatorze ans après La raison du plus faible (Compétition 2006). On s'en réjouit ! Des hommes est une adaptation du roman éponyme de Laurent Mauvignier réunissant Gérard Depardieu, Catherine Frot, Jean-Pierre Darroussin et le jeune espoir belge Yoann Zimmer : appelés en Algérie au moment des événements, en 1960, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France deux ans plus tard. Ils se sont tus, Il suffit d'un cadeau d'anniversaire pour que le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

 

Une scène du film Des hommes du réalisateur belge Luca Belvaux avec Gérard Depardieu et Jean-Pierre Darroussin
© DR

 

Autre film belge sélectionné, Rouge du réalisateur algérien Farid Bentoumi, coproduit par Les Films du Fleuve en Belgique : Nour vient d'être embauchée comme infirmière dans l'usine chimique où travaille son père. Entre mensonges sur les rejets polluants, dossiers médicaux trafiqués ou accidents dissimulés, Nour va devoir choisir entre se taire ou trahir son père et faire éclater la vérité.

Si le vent tombe de la  (coproduit par Kwassa Films en Belgique) suit le parcours d'Alain, un auditeur international français, qui vient expertiser l'aéroport d'une République auto-proclamée du Caucase afin de donner le feu vert à sa réouverture. Il découvre un pays qui n'existe que sur certaines cartes mais qui est bien là dans la réalité. Edgar, un petit garçon, erre autour de l'aéroport et se livre à un étrange commerce. L'homme et l'enfant finissent par se rencontrer...

 

Une scène du film Si le vent tombe de la réalisatrice arménienne Nora Martirosyan en sélection pour le Festival de Cannes 2020
© DR

 

Enfin, En route pour le milliard du réalisateur congolais Dieudo Hamadi est un long métrage documentaire coproduit entre la République démocratique du Congo, la France et la Belgique.

Cannes accompagne la réouverture des salles

L'absence de jury, de palmarès et de tapis rouge colore cette 73e édition d'une plus grande liberté. Sans enjeux, cette sélection neutre sera directement proposée au public. Les labels Cannes dont bénéficieront ces films est une façon, pour le festival, de les accompagner lors de leur sortie, de donner un coup de pouce aux distributeurs et aux exploitants de salles de cinéma,

Et aussi, espérons-le, de participer à l'envie de retourner au cinéma lors de la réouverture des salles, le 1er juillet prochain, en Belgique.
Parmi les films Cannes 2020 qu'on pourra (très) prochainement découvrir : Eté 85 de François Ozon (15 juillet), Druk de Thomas Vinterberg (28 octobre). En novembre : Des Hommes de Lucas Belvaux, L'origine du monde, le premier film de Laurent Lafitte, co-produit par la société belge Artemis ...Et les autres films alors ? Comme le veut la tradition, pour découvrir les meilleurs films du Festival de Cannes, les cinéphiles devront parfois patienter (longtemps) ou guetter le bon plan... en attendant Cannes 20212 !



1 : À noter aussi les longs métrages labellisés «Semaine de la Critique 2020» parmi lesquels le film belge «White Goldfish» des Anversois Jan Roosens & Raf Roosens et les 9 films de l'ACID Cannes (où on retrouve «Si le vent tombe» de Nora Martirosyan, en coprésentation avec la Sélection Officielle du Festival de Cannes).
2 : Cannes gardera le réalisateur américain Spike Lee comme président du jury en 2021.
Rédigé par Corinne Le Brun

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