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Bébel, parce que c'est lui

  • Rédigé par Corinne Le Brun
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Jean-Paul Belmondo sur le tournage du film La Scoumoune à Nice en 1972 Jean-Paul Belmondo sur le tournage du film La Scoumoune à Nice en 1972 © Best Image/Photonews

Peu de comédiens français auront été si populaires ! Son panache, sa gouaille et son charisme ont plané sur le public pendant une cinquantaine d'années.

« Est-ce que tu m'accompagnes à Rome ? » Cette invitation que Belmondo fait à Jean Seberg sur les Champs Elysées est inoubliable1. Aussi éternelle que « Marcello come here » qu'Anita Ekberg adresse à Marcello Mastroianni, l'implorant de la rejoindre dans la fontaine de Trévi à Rome2. Belmondo, d'une beauté peu classique, avait un charme fou, absolu, irrésistible. Un être solaire. Même quand il jouait les durs, les méchants, on ne s'y trompait pas : Bébel était un voyou sympathique. Ses cascades, ses bagarres, il les jouait lui-même, refusant toute doublure. Une seule fois, il a été doublé, lorsque Godard décide de prendre lui-même la voix de Belmondo dans le court métrage "Charlotte et son Jules", premier film qu'ils ont fait ensemble. Une bizarrerie. Un compromis de jeunesse sans doute car depuis, Godard y compris, plus personne n'aura osé un tel artifice cinématographique. La voix de Belmondo, son phrasé, restent inimités. Un joyeux mélange de parigot et de français classieux, presque vieille France.

 

Les acteurs Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans le film
Avec Jean Seberg, dans "À bout de souffle" de Jean-Luc Godard  © Photo News

 

Car Belmondo incarnait - et incarne - la France. Et a contribué à son rayonnement. Le biographe Laurent Bourdon raconte que quand Robert Kennedy a vu "L'homme de Rio", il n'a pas hésité à promouvoir ce film d'aventures fantaisiste et drôle - réplique cinématographique des aventures de Tintin -, bien avant Spielberg. Belmondo n'a jamais voulu travailler à Hollywood. On imagine, malgré tout, qu'il aurait pu être un excellent James Bond, non ? Entouré des plus belles femmes du monde, le french lover aurait fait chavirer plus d'un(e). Personne n'a pas perdu au change: il a conquis les Françoise Dorleac, Catherine Deneuve, Mylène Demongeot, Claudia Cardinale, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, Brigitte Bardot, Marie-France Pisier, Jeanne Moreau et tant d'autres. Un homme comblé, heureux de faire du cinéma, lui qui, à 16 ans, voulait faire du théâtre. Pierre Dux, son professeur, lui dit « avec le physique que vous avez aucune femme ne tombera dans vos bras ». On peut se tromper. Belmondo plaît, aux femmes, aux hommes. Parce que c'est lui, Bébel, le magnifique.

 

Jean-Paul Belmondo à Cannes
Jean Paul Belmondo reçoit la Palme d'or d'honneur à Cannes en 2011 © Photonews  

 

Et ce sourire...

Quand on évoque le nom de Jean-Paul Belmondo, on sourit. Et comment ne pas succomber à son sourire, tellement bienveillant qu'il nous file la chair de poule. Il avait de l'empathie avec son public comme avec ses personnages. C'est pour cela qu'il les incarnait totalement, sans surjouer. Un réalisateur ne pouvait avoir plus beau cadeau : faire jouer Belmondo. Tous les cinéastes qui ont eu la chance de le mettre en scène l'attestent. Resnais, Melville, Truffaut, Godartde Broca, Lautner, Oury, Lelouch... : les cinéphiles comme les amateurs des films populaires succombaient au style Belmondo. Comédies et drames, Belmondo ne faisait pas du Belmondo.

 

 

Il était le personnage. Il était le cinéma. Il ne vieillira pas. En 2019, pour la promotion du film "Mon bébé" de Lisa Azuelos, Victor Belmondo, petit-fils de de Jean-Paul et fils de Paul, nous disait : « Mon désir professionnel ne vient pas de mon grand-père mais d'un choix personnel. À ses débuts, personne ne lui a tendu la main. Il a beaucoup travaillé. Il ne me donne aucun conseil. Je travaille énormément mon jeu d'acteur. Je n'aime pas la facilité. » Victor lui ressemble, gueule de boxeur en moins. A-t-il repris le flambeau ?3

La disparition de Jean-Paul Belmondo touche toutes les générations. Un hommage national lui sera rendu, aujourd'hui. On saluera l'un des derniers gentlemen du cinéma français.

 

À lire : "Définitivement Belmondo", biographie, Laurent Bourdon, Editions Larousse, 2017.
À voir : Hommage à Jean-Paul Belmondo : www.lacinetek.com/jean-paul-belmondo
 
 

1 :  Dans "À bout de souffle" de Jean-Luc Godard

2 : Dans "La dolce Vita" de Frederico Fellini

3:  Victor Belmondo est à l'affiche de "Albatros" de Xavier Beauvois, bientôt en salles.

 

Rédigé par Corinne Le Brun

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