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Marie-Thérèse de Bourbon-Parme : disparition d’une pasionaria

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Marie-Thérèse de Bourbon-Parme : disparition d’une pasionaria © Christophe Vachaudez

Parmi les dernières à défendre bec et ongle le mouvement carliste, la princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme est décédée à 86 ans, victime du coronavirus. Elle vivait depuis de longues années à Paris où elle partageait un appartement avec ses sœurs les princesses Marie-Cécile et Marie-des-Neiges, désormais placées en quarantaine.

Figure passionnée, la Princesse captivait d'emblée son auditoire, exposant ses théories et défendant avec autant d'engagement le système monarchique que le socialisme autogestionnaire dont elle fut l'un des porte-drapeaux dans les années soixante et septante. La personnalité est brillante et riche en contrastes. Altesse royale, fille du prince François-Xavier de Bourbon-Parme et de la comtesse Madeleine de Bourbon-Busset, elle passe sa jeunesse dans le Bourbonnais avant d'étudier à Tours, au collège du Sacré-Cœur.

 

La princesse Marie-Thérèse de Bourbon Parme entouré de sa famille
©DR

 

Marie-Thérèse se souvient du courage de son père quand la gestapo investit le château familial et capitule devant la détermination du Prince qui dans un allemand incisif interdit que l'on touche aux siens. Il se sacrifiera et sera déporté à Dachau. Quand il reviendra, il n'aura de cesse d'inculquer ce goût immodéré pour la liberté que les prisonniers cultivent avec ferveur. La Princesse ne l'oubliera jamais et marchera avec aplomb sur la voie tracée.

Aux côtés de son frère Carlos-Hugo qui, dès 1957 dénonce le capitalisme financier, Marie-Thérèse attise les braises tièdes du carlisme, ce mouvement qui est né en 1830 quand l'infant Don Carlos a refusé de reconnaître la Pragmatique Sanction désignant Isabelle, la fille du roi Ferdinand VII, comme héritière au trône d'Espagne. Entretemps, Carlos-Hugo s'est marié avec la princesse Irène des Pays-Bas et bénéficie d'un capital sympathie qui finit par inquiéter les autorités. Elles décident d'ailleurs de bannir les Bourbon-Parme de leur territoire mais la princesse Marie-Thérèse n'en a cure et continue de vivre au cœur de la capitale espagnole dans la clandestinité.

 

La princesse Marie-Thérèse de Bourbon Parme dans les rangs carlistes, coiffée du fameux béret
La Princesse, dans les rangs carlistes, coiffée du fameux béret © DR 

 

Elle reprend même ses études et décroche un doctorat en sciences hispaniques à la Sorbonne, puis un doctorat en sociologie à Madrid. Elle sera finalement naturalisée en 1981. Et voilà que cette filleule de la dernière impératrice d'Autriche, nièce de la grande-duchesse de Luxembourg, cousine du roi des Belges, du roi de Bulgarie ou du prince de Liechtenstein, titrée comtesse de Poblet par son père, milite pour le socialisme autogestionnaire, poursuivant un parcours qui la conduit à rencontrer Jean Malraux et François Mitterand. Hugo Chavez la reçoit même chez lui alors que, pro-palestinienne convaincue, elle échange avec Yasser Arafat, intrigué par cette descendante d'Henri IV, chrétienne et démocrate de gauche qui prône la monarchie, lit Dostoïevski et est abonnée à Libération !

 

La princesse Marie-Thérèse de Bourbon Parme devant la statue d'un de ses aîeuls
© Christophe Vachaudez

 

Figure infiniment attachante, la Princesse s'est rapprochée des quatre enfants de son frère : Carlos, actuel duc de Parme, Margarita, comtesse de Colorno, Jaime, duc de San Jaime, et Maria-Carolina, duchesse de Guernica. En 2014, Marie-Thérèse de Bourbon-Parme avait publié un ouvrage intitulé 'Les Bourbon-Parme. Une famille engagée dans l'histoire', et avait, à cette occasion, accordé un entretien à L'Eventail.

Rédigé par Christophe Vachaudez

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