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Gainsbourg, 30 ans après : ce musicien qui "bande" originale

  • Rédigé par Maxime Delcourt
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Gainsbourg, 30 ans après : ce musicien qui "bande" originale © Alain Trèllu

30 ans après sa disparition, le 2 mars 1991, Serge Gainsbourg continue de fasciner. De même que sa discographie, que l'Eventail.be a souhaité longuement décortiquer dans un dossier découpé en quatre parties. Deuxième épisode : Gainsbourg, ce musicien fasciné par le 7e art.

En 1967, Serge Gainsbourg vient de composer des tubes qui regardent la scène londonienne droit dans les yeux ("Comic Strip", "Initials B.B.", "Qui est in, qui est out", etc.), et rien ne laisse à penser qu'il ait finit d'explorer toutes les possibilités offertes par l'orgue. Ainsi poursuit-il ses expérimentations sur la BO de L'inconnu de Shandigor, une parodie de film d'espionnage au sein de laquelle il joue le chef des Chauves. Le film est à oublier, la composition est quelque peu passée inaperçue, mais elle marque l'attachement de Gainsbourg au cinéma, ce médium avec lequel il collabore déjà depuis 1964, à une époque où ses revenus proviennent essentiellement de ses compositions pour les images des autres.

 

 

Au fur et à mesure des années, d'autres bandes-son viendront enrichir la discographie de Gainsbourg ; certains ont donné naissance à de véritables standards de la chanson française ("L'eau à la bouche"), d'autres à des expérimentations avant-gardistes, quand d'autres encore sont un moyen pour lui de pousser à l'extrême ses obsessions thématiques (la drogue sur Cannabis, l'érotisme sur Manon, etc.)

 

 

Mais la relation de Gainsbourg au cinéma ne se limite pas à quelques BO, aussi bien ficelées soient-elles. Elle s'épanouit également à travers quatre films réalisés par ses soins (de "Je t'aime moi non plus" en 1975 à "Stan The Flasher" en 1990) et divers rôles dans les longs-métrages de Marcel Camus, Claude Berri ou Agnès Varda.

Concrètement, aucune de ses performances n'ont marqué l'histoire du cinéma : non pas que Gainsbourg soit mauvais acteur – il est même plutôt convaincant dans ses rôles de grands méchants sadiques, à l'allure patibulaire. Le problème, c'est que les films dans lesquels il joue paraissent trop rapidement datés, presque ringards, et subissent peu ou prou les mêmes critiques que les films dont il est le maitre à penser : souvent indigestes, guère engageants et parfois trop maniérés. Seules restent en mémoire ces musiques de films, qui ont toujours été un moyen pour Gainsbourg d'expérimenter, d'aller au-delà du format pop, et d'assouvir sa passion pour les belles et grandes symphonies orchestrales.

Rédigé par Maxime Delcourt

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