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Les Atrides : meurtres, infanticides parricides et incestes au Théâtre du Parc

  • Rédigé par Jean-Claude Darman
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Les Atrides :  meurtres, infanticides parricides et incestes au Théâtre du Parc © Théâtre Royal du Parc

Après Shakespeare (Un Conte d'hiver et Macbeth), Feydeau (Tailleur pour dames), Camus (Caligula) et d'autres, le metteur en scène Georges Lini s'attaque maintenant aux dramaturges de l'Antiquité. C'est au Théâtre Royal du Parc que se joue en ce moment Les Atrides, une tragédie d'après Eschyle, Euripide, Sénèque et Sophocle.

Les Atrides constituent dans la mythologie grecque la descendance maudite d'Atrée. Ce dernier était le roi de Mycènes avant d'être assassiné par son frère jumeau Thyeste. Il est vrai qu'auparavant Thyeste était devenu l'amant de la femme de son frère, qu'Atrée avait massacré les enfants de Thyeste et les lui avait fait manger... Atrée eut deux fils : Agamemnon et Ménélas. Le premier épousa Clytemnestre qui lui donnera trois filles (dont Iphigénie et Électre) et un fils (Oreste). Ménélas, lui, s'unit à Hélène (sœur de Clytemnestre). Après l'enlèvement d'Hélène par Pâris, fils de Priam roi de Troie, Agamemnon commande l'expédition qui doit venger l'affront. Mais la déesse Artémis interdit aux vents de souffler.

 

 

Un devin augura que seul le sacrifice d'Iphigénie par son père pourrait apaiser la déesse et permettre aux vaisseaux achéens d'atteindre la cité troyenne. Agamemnon en dépit des prières éperdues de son épouse va immoler leur fille Iphigénie. Clytemnestre anéantie par la mort de son enfant pour l'insuffisante raison de venger une infidélité commise par sa sœur et belle-sœur Hélène, assassinera son mari Agamemnon avec l'aide d'Egisthe qu'elle avait pris pour amant (et qui était aussi son neveu). Par la suite, les enfants, Oreste et Électre, massacreront leur mère et son amant pour venger la mort de leur père. Voilà, résumée et simplifiée, l'histoire des Atrides faite de meurtres, d'infanticides, de parricides et d'incestes.

 

Une scène de la pièce antiques Les Atrides jouée à Bruxelles au Théâtre National du Parc
© Théâtre Royal du Parc 

 

Aussi compliqué soit-il, cet invraisemblable imbroglio peut être rappelé. Non seulement car ce mythe fondateur permet la compréhension de la pièce, mais aussi parce qu'il participe pour une part non négligeable au socle et à la structure d'à peu près tous les modes de penser et de vivre des hommes. Et cela, jusqu'à aujourd'hui. On peut s'en enorgueillir ou le déplorer. C'est d'ailleurs cette modernité de textes écrits voici 2500 ans qui aurait motivé Georges Lini. Son adaptation tend aussi à dénoncer l'absurde inégalité de la condition féminine qui prévaut encore en ce moment dans la plus grande partie du monde. Clytemnestre ne parvient pas à faire entendre ses arguments. Elle a toujours été considérée comme doublement coupable : avoir pris un amant et tué son mari. Le sacrifice imposé de sa fille n'étant même pas considéré comme circonstance atténuante. Assassiner son mari est autrement plus grave que l'immolation d'une fille par son propre père...

 

Une scène de la pièce antiques Les Atrides jouée à Bruxelles au Théâtre National du Parc
© Théâtre Royal du Parc 

 

Lini a réalisé une mise en scène à grand spectacle (une caractéristique des productions du Parc ces dernières années). De l'argent, puis des trombes de boue tombent des cintres. Le plateau du théâtre se transforme en piscine pour agonisants où l'eau se teinte de sang. Les comédiens se croisent en courant dans tous les sens et certains se livrent à une sorte de chorégraphie rituélique. Au point que la symbolique devient difficile à suivre. Les conventions tacites qui régissent au théâtre les rapports des spectateurs avec les exécutants sont quelque peu malmenées.

 

Une scène de la pièce antiques Les Atrides jouée à Bruxelles au Théâtre National du Parc
© Théâtre Royal du Parc

 

Notamment lorsque les acteurs doivent s'entraider pour se défaire de micros et de boitiers avant une scène « aquatique ». Enfin, quelques spectateurs sont invités à assister au spectacle sur la scène du théâtre, sans doute à l'instar du chœur dans le théâtre grec antique. Itsik Elbaz dans le rôle d'Agamemnon est un acteur puissant. Daphné D'Heur incarne une Clytemnestre très convaincante qu'on acquitterait volontiers de ses crimes. Les costumes sont délibérément neutres et le décor fait d'une toile tendue au fond du plateau, le plus souvent mordorée mais qui change de ton au gré des éclairages. Enfin, deux musiciens-récitants allègent mélodieusement ou soulignent dramatiquement l'action.

 

Les Atrides
Jusqu'au 15 février
Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi, 3
1000 Bruxelles
www.theatreduparc.be/atrides
 

 

Rédigé par Jean-Claude Darman

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