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Dom João d'Orléans-Bragance, le prince photographe

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Dom João d'Orléans-Bragance, le prince photographe © Droits réservés

À Paraty, tout le monde peut vous indiquer le chemin de la Casa do Principe, la seule maison dont la façade s'ouvre sur l'océan. Son Altesse Impériale le prince João d'Orléans-Bragance y réside. Les Brésiliens le surnomment affectueusement Dom Joãozinho !

Filleul de la princesse Isabelle, comtesse de Paris, sa tante, Dom João est le fils du prince João d'Orléans-Bragance et de Fatima Sherifa Chirine, veuve en premières noces du prince Hassan Toussoun. Dans ses veines coulent le sang des rois de France, de Bourbon-Siciles et de Portugal, celui des empereurs d'Autriche comme des empereurs du Brésil. Et Dom João d'ouvrir généreusement les portes de sa demeure à ses nombreux cousins et neveux qui ne manquent pas de faire une halte dans ce petit coin de paradis. Mais si Dom João se consacre corps et âme à la pérennité de cette ville coloniale miraculeusement épargnée, il pratique aussi avec une passion toujours intacte l'art de la photographie et ce, depuis maintenant 35 ans. Il saisit avec beaucoup de sensibilité des moments de vie d'hommes et de femmes rencontrés au hasard de ses pérégrinations brésiliennes. Certes, les paysages et la nature l'intéressent au plus haut point mais quand il sonde l'âme de ses compatriotes, ses clichés deviennent extrêmement touchants, presque poétiques. Le pays des pharaons et ses dunes mouvantes l'ont également inspiré mais bon sang ne peut mentir, le prince n'est-il pas pour moitié égyptien ? Quand l'envie le tenaille, il promène aussi son objectif dans les rues de Paraty, profitant d'une lumière propice, variant les angles, à la recherche d'un détail inédit ou d'une ombre habitée. C'est en puisant dans sa vaste photothèque qu'il a réalisé ses dernières oeuvres, recadrant avec patience des reflets changeants. Avec l'intelligence d'un oeil aguerri, il les a transformés en tableaux abstraits qui ont même séduits le Musée d'Art contemporain de Rio ... la consécration !

"Reflets", l'un des clichés artistiques de Dom João © Droits réservés

 

L'entretien que Dom João a bien voulu accorder à L'Eventail reflète son amour inconditionnel du Brésil et les intérêts multiples d'un prince qui prône l'écologie, va secourir les victimes des inondations ou danse la samba au Carnaval !

L'Eventail - Votre père fut un véritable modèle pour vous. Que vous a-t-il enseigné ?

Dom João - Mon père m'a appris à ne pas utiliser mon nom pour obtenir des avantages mais, au contraire, à le mettre au service de la communauté. Selon lui, il fallait dédier sa vie à des choses qui en valent la peine et travailler pour son pays. Il suffit de voir l'agenda chargé de la reine Elizabeth pour comprendre le sens qu'elle donne à sa vie. Comme tous les membres de notre famille, papa était très attiré par la nature et m'a transmis cet amour. Nous devons tenir ça de nos ancêtres. Le roi Jean VI a fondé le jardin botanique et l'empereur Pedro II a fait dessiner tous les oiseaux du Brésil par le français Descourtilz. Chaque planche est complétée par les noms populaire et scientifique des volatiles. Il a aussi fait reboiser la forêt de Tijuca, aujourd'hui l'un des poumons de Rio et le seul Parc National urbain au monde.

- C'est également grâce à votre père que vous avez découvert Paraty ?

- Oui, en effet. Dans les années soixante, mon père a redécouvert Paraty. Il a acheté la maison et puis d'autres mais également des terrains. Á l'époque, les routes étaient si mauvaises qu'on venaient ici en bateau. L'électricité était coupée à 21h. La forêt a joué un rôle protecteur car l'endroit est resté tel qu'il était au siècle passé sans être dénaturé. J'ai commencé à venir ici plus souvent et j'ai vite compris le potentiel touristique du lieu. J'ai alors décidé d'aider mon père à dynamiser Paraty et, comme lui, j'en suis tombé amoureux. Il fallait absolument préserver cet ensemble unique. Heureusement, j'ai les pieds sur terre, une qualité que j'ai héritée de ma mère et je me suis donc lancé dans l'immobilier.

 
La demeure de Paraty © Droits réservés

- Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la photographie ?

Au commencement, mon intérêt pour la photo se justifiait par mon envie d'explorer des cultures différentes. Quand les autres allaient jouer, je suivais mon père et mon oncle dans la forêt pour apprendre à mieux connaître la nature J'étais tellement intéressé que j'ai éprouvé le besoin de capturer ce que je voyais. J'ai maintenant une banque de données de plus de 50000 photos avec douze livres à mon actif. Mon dernier ouvrage qui célèbre 35 années de photographie a été lancé au Musée d'ethnographie de Vienne mi-décembre. D'une certaine façon, il s'agissait d'écologie avant la lettre. J'étais de la génération Woodstock, les jeunes aux cheveux longs qui prônaient un retour à la nature.

- Au fond, vous êtes photographe mais aussi ethnologue ?

Oui, peut-être. La photo m'a permis de partager beaucoup avec les gens que j'ai rencontré. On apprend chaque jour, c'est un échange d'expériences. Je suis allé en Amazonie pour la première fois en 1978. Je pense que ce goût m'est venu en écoutant l'histoire de notre famille depuis que je suis né et j'ai toujours éprouvé ce besoin d'aller vers les autres, pour mieux les connaître les gens, la culture, l'identité des communautés traditionnelles, leur organisation sociale, leur créativité. C'est ma façon de servir le pays, en explorant la piste ethnographique.

 
 "J'ai toujours éprouvé ce besoin d'aller vers les autres" © Droits réservés

 

- Certains magazines vous ont qualifié de prince républicain. Pourriez-vous nous expliquer ?

La république défend louablement des valeurs de citoyenneté et de démocratie mais si on analyse les choses, les monarchies démocratiques, comme celles des pays scandinaves, par exemple, sont beaucoup plus républicaines que certaines républiques elles-mêmes. Au Brésil, heureusement, la presse connaît une liberté étonnante et certains articles bien sentis parviennent à être publiés. Le Brésil est institutionnellement beaucoup plus démocratique que quelques pays voisins comme le Venezuela et l'Argentine qui utilisent la démocratie pour tuer la démocratie. Dans ce contexte, les valeurs monarchiques ont leur place. Je peux constater que partout où je vais au Brésil, je suis reçu avec beaucoup de gentillesse. Le parlementarisme monarchique est beaucoup plus efficace que le parlementarisme républicain. Au Brésil, l'histoire de notre famille est très respectée. Á une époque, le gouverneur de la province de Rio voulait que j'intègre son parti car il trouvait mes idées modernes et socialement justes mais il en était hors de question. Je veux servir mon pays sans m'associer à la politique.

 

 
© Droits réservés 

 

- Qu'en est-il des querelles familiales pour les droits à la succession au trône ?

Pour ma part, je n'ai jamais contesté les droits de mon oncle Pedro-Henrique. J'entretiens des rapports cordiaux avec mes cousins mais je leur ai dit que les principes monarchiques sont très clairs et qu'il faut absolument éviter d'être proche d'un parti ou d'un mouvement politique. Malheureusement, Luis et Bertrand sont liés à une organisation d'extrême-droite, la TFP. La monarchie doit rester farouchement apolitique.

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