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Les coulisses du gotha : la toquante de la reine d'Angleterre

  • Rédigé par Hugues Cayrade
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La Jaeger-Lecoultre que portait la reine Elizabeth II le jour de son sacre La Jaeger-Lecoultre que portait la reine Elizabeth II le jour de son sacre © DR

Le 2 juin 1953, la reine Elisabeth II d'Angleterre arrive à Westminster à 11 heures pétantes. Elle sait mieux que quiconque que la ponctualité est la politesse des rois et que ce se serait mauvais signe envoyé aux quelque 8.000 invités royaux qui l'attendent dans l'abbaye et aux dizaines de millions de téléspectateurs qui s'apprêtent à suivre la cérémonie à la télévision que d'être en retard à son propre couronnement.

Voilà près de quatorze mois que l'on prépare son sacre, chaque détail du protocole a été minutieusement étudié, tout est réglé comme du papier à musique, respectueux de l'étiquette, inscrit dans la tradition, nonobstant cette touche de modernité que représente, pour l'époque, la retransmission télévisée de l'événement – le prince Philip, duc d'Edimbourg, y tenait tout particulièrement. Parce qu'on peut être reine d'Angleterre et vivre avec son temps. De là à être en avance, il y a un pas...

 

Le cortège du sacre de la reine Elizabeth II
Le sacre d'Elizabeth II, premier grand moment monarchique retransmis en direct à la télévison © DR

 

Il faudra plus d'un quart d'heure à la procession pour remonter la nef, avant le déroulement de la cérémonie proprement dite, orchestrée par l'archevêque de Canterbury. Entre l'onction d'huile sainte et la dernière prestation de serment, le rituel millénaire va durer plus de trois heures sans qu'à aucun moment la jeune monarque ne regarde, fût-ce discrètement, sa montre-bracelet : une Jaeger-LeCoultre calibre 101 version joaillière, le plus petit mouvement mécanique jamais réalisé par un horloger, avec pas moins de 74 composants à l'intérieur, pour un poids n'excédant que de très peu le gramme et une épaisseur d'à peine plus de trois millimètres. Dit autrement, la Reine porte ce jour-là à son poignet ce qui se fait de mieux en termes d'élégance discrète et de précision dans la maîtrise du temps, dont le brevet a pourtant été déposé à la fin des années 1920.

 

Une Jaeger-Lecoultre Futurematic 
Jaeger-Lecoultre Futurematic © DR

 

Un sentiment de stupeur mêlée de soulagement étreindra le lecteur à l'évocation de ce qui se serait passé si, dans ce même souci de vivre avec son temps, la Reine s'était parée pour cette cérémonie de la dernière nouveauté de la marque horlogère suisse, à savoir la Futurematic, fabriquée à partir de 1951. Les chroniqueurs mondains eussent alors parlé de première montre sans couronne de remontage à un couronnement. Et le règne d'Elisabeth II d'Angleterre en eût probablement été changé.

Rédigé par Hugues Cayrade

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