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Sofia d'Espagne : never complain, never explain

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Sofia d'Espagne : never complain, never explain © John Angelillo/Upi/Photo News

La mère du roi Felipe VI aurait pu faire sienne cette devise en vigueur chez les Windsor tant elle l'a respectée sa vie durant. Et c'est sans doute cette discrétion qui lui vaut une popularité inchangée, elle qui fut le meilleur soutien du roi Juan-Carlos pendant un demi-siècle.

Reconnaissables entre tous, son accent et sa voix gutturale sont devenus familiers à la foule  qui, à chacun de ses déplacements, l'accueille avec transport. Car Doña Sofia, toute reine mère soit telle, remplit toujours nombre d'engagements officiels même si elle réside à Londres depuis maintenant quelques années. En effet, bien qu'ils apparaissent toujours côte à cote lors des réunions du gotha ou des réceptions du calendrier espagnol, Juan Carlos et son épouse ne vivent plus sous le même toit depuis longtemps. Aussi, la Reine jouit pleinement de l'anonymat de la capitale britannique où elle fréquente assidûment les musées avec sa soeur la princesse Irène de Grèce. Si Sofia n'a jamais oublié ses racines grecques, restant très proche de son frère le roi Constantin ou de son lointain cousin le duc d'Edimbourg, elle vit désormais à l'heure espagnole avec un seul bémol : elle n'a jamais pu supporter la corrida !

 

© Picasso Photography/Kcs Presse/Photo News 

 

Enfance egypto-teutonne

De sa mère, la reine Frederika de Grèce, une petite-fille du Kaiser, elle a hérité un caractère bien trempé et ce sens du devoir qui fut encore attisé lors de ses études au collège de Salem. Non loin des rives du lac de Constance, elle a cultivé ses racines germaniques dans cet ancien château de l'Ordre teutonique, fréquentant ses cousins les margraves de Bade, les princes de Hesse et de Hanovre. Á cette époque, Sofia avait déjà été confrontée aux heures douloureuses de l'exil puisque sa famille, contrainte de quitter la Grèce en 1941, s'était réfugiée en Crète, en Afrique du Sud et en Égypte. Á Alexandrie, elle y fréquentera le Collège pour jeunes filles El Nasr. Son père, le prince Paul, accède au trône le premier avril 1947, devenant roi des Hellènes. Sofia a onze ans. Après quelques années passées en Allemagne, elle poursuit désormais ses études en Grèce choisissant comme spécialités la musique, l'archéologie et la puériculture.

 

La famille royale d'Espagne au complet
© Alterphotos/Victor Blanco/Panoramic/Photo News

 

Elle intègre ensuite le Fitzwilliam College de Cambidge. En 1954, la reine Frederika veut jouer les marieuses et convie tout le gotha à bord de l'Agamemnon pour une croisière au fil des îles grecques, avec l'espoir que des idylles se nouent à bord. Elle devra déchanter mais Sofia rencontre cependant pour la première fois un certain Juan-Carlos ! Ils se revoient à Londres lors du mariage du duc de Kent en 1961 et se fiancent peu de temps après. Le mariage a lieu à Athènes le 14 mai 1962, dans un déploiement de fastes dont la reine Frederika a le secret. Sophie visite volontiers sa terre natale et elle est présente quand son frère, devenu roi, doit quitter le territoire en 1967, un choc pour toute la famille. Alors qu'un royaume disparait, un autre renaît. En effet, pressenti par le général Franco pour lui succéder, Juan-Carlos reçoit finalement le titre de prince d'Espagne en 1969. Le Parlement ratifie officiellement le choix du Caudillo mais ce dernier continue à semer le doute d'autant qu'un cousin du prétendant, Alfonso, duc de Cadix, a épousé en 1972, Carmen Martiner Bordiu, une petite-fille du dictateur. Sofia sera-t-elle un jour reine d'Espagne ? Les années se suivent, incertaines, mais Juan Carlos monte enfin sur le trône le 22 novembre 1975.

Reine d'Espagne

Lors de la prestation de serment devant les Cortes, le monde entier découvre Sofia, très digne, et les trois enfants du couple : Elena qui est née en 1963, Cristina, en 1965, et Felipe, en 1968. En un jour, le pays est doté de souverains, de deux infantes et d'un prince des Asturies... la dynastie des Bourbons renoue avec l'histoire nationale, au prix de sacrifices et de délicats compromis. Le nouveau couple royal incarne l'espoir d'un pays meurtri qui rêve de libertés et de démocratie. D'emblée, cette fille et petite-fille de rois réalise à quel point la tâche s'avère gigantesque et, en 1977, elle décide de créer la Fondation Reina Sofia pour donner une structure à ses ambitions. Très vite, elle soutient des projets éducationnels en faveur des personnes handicapées et s'attaque aux problèmes de la drogue avec l'aide de spécialistes du secteur.

 

Les reines Laetizia et Sofia d'Espagne en grande tenue
© Eduardo Dieguez/Contacto/Photo News

 

Peu à peu, la Fondation ajoute de nouvelles cordes à son arc et  défend aussi le droit des femmes tout en s'impliquant dans la la protection de l'environnement ou dans l'amélioration des politiques agricoles des pays en voie de développement. Plus récemment, elle a initié la création du Centre dédié à la maladie d'Alzheimer à Madrid, autant d'orientations qui reçoivent le plein appui de la souveraine. Présidente d'honneur de la branche espagnole de l'Unicef depuis 1971, elle épaule la Fondation Somaly Mam qui dénonce le trafic des êtres humains et la prostitution enfantine au Cambodge et aux Philippines notamment. Comme la reine Maxima des Pays-Bas ou la grande-duchesse Maria Teresa de Luxembourg, Doña Sofia relaie également les idées du docteur Yunus sur le micro-crédit. Depuis sa plus tendre enfance, Doña Sofia avoue un intérêt non-feint pour nombre de disciplines artistiques. Elle a donc accepté avec transport que le nouveau musée d'art contemporain de Madrid, l'un des plus vastes au monde, porte son nom, tout comme le palais des Beaux-Arts de Valence, à l'architecture futuriste. La souveraine est également Membre de l'Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando et de l'Académie royale espagnole d'histoire. Docteur honoris causa des universités de Valladolid, Cambridge, Oxford, Georgetown, Evora, New York ou de Rosario, à Bogota, elle a reçu des décorations émanant de près de quarante pays.

 

La reine Sofia d'Espagne sur un podium 
© Alterphotos/Victor Blanco/Panoramic/Photo News 

 

Doña Sofia est une mélomane avertie, dilection qu'elle partage avec soeur Irène, brillante pianiste, ou Placido Domingo avec qui elle a sympatisé. Souvent mesurée dans ses propos, la souveraine s'est parfois départie de son devoir de réserve, se déclarant contre l'interventionisme en Afghanistan ou, plus récemment, contre l'avortement et le mariage de personnes de même sexe, et ce à une journaliste de l'Opus Dei. Depuis l'abdication de son époux le 19 juin 2014, Doña Sofia demeure un atout de premier plan pour la monarchie et une présence sur laquelle la reine Letizia doit impérativement compter. Grand-mère attentive, elle s'occupe activement des infantes Leonor et Sofia, filles du roi Felipe, de Victoria et Felipe, enfants de sa fille Elena, et de Juan, Pablo, Miguel et Irene, enfants de sa fille Cristina, qui doivent faire face à l'emprisonnement de leur père Iñaki Urdangarin. Personnage public, la reine est pourtant parvenue à préserver un jardin secret qu'elle partage avec de rares amis comme la princesse Tatiana Radziwill, une fidèle parmi les fidèles, petite-fille de Marie Bonaparte, l'excentrique disciple de Freud. Certains affirment qu'elle aime les chiens, d'autres qu'elle est végétarienne mais il ne s'agit que de détails car pour tous, Doña Sofia est la Reina de España, une dignité qui l'auréole depuis 44 ans !   

Rédigé par Christophe Vachaudez

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